Boekgegevens
Titel: Premières lectures françaises: Fransch leesboek voor de lagere klassen der hoogere burgerscholen enz.
Auteur: Herrig, Ludwig; Helderman, D.J.
Uitgave: Deventer: A. ter Gunne, 1871
Auteursrechten: Zie auteursrechten
Citeerinstructie: Bijzondere Collecties van de Universiteit van Amsterdam, UBM: NO 09-353
URL: https://schoolmuseum.uba.uva.nl/bookid/LCSM_200765
Onderwerp: Taal- en letterkunde naar afzonderlijke talen: Franse taalkunde
Trefwoord: Leesvaardigheid, Frans, Leermiddelen (vorm)
Bekijk als:      
Scan: Afbeeldinggrootte:
   Premières lectures françaises: Fransch leesboek voor de lagere klassen der hoogere burgerscholen enz.
Vorige scan Volgende scanScanned page
— 21 --
mitage de la Rochette, où le bon solitaire
Palémon le reçoit, lui fait partager son
genre de vie, et lui apprend à lire.
De cette retraite il passa dans celle de
Sainte-Anne, auprès de Luneville. 11 avait
six vaches à garder. Quatre ermites de la
plus grossière ignorance et quelques bou-
quins, furent les seules ressources que Du-
val y trouva pour son éducation. 11 par-
vint cependant à apprendre seul à écrire.
Un abrégé d'arithmétique devint le nouvel
objet de ses études, auxquelles il se livra
dans le silence des bois.. 11 faut l'entendre
lui-même comment il prit les premières
notions d'astronomie et de géographie, à
l'aide de ses seules réflexions, de quelques
cartes et d'un tube de-xoseau placé sur un
chêue élevé, dont il avait fait son obser-
vatoire. Plus il apprenait, plus il brûlait
du désir d'apprendre encore; mais l'éîat
de ses finances ne répondait pas à son dé-
sir, Pour y suppléer, il s'avise, au risque
d'être pris comme un braconnier, de dé-
clarer la guerre aux animaux des forêts,
dans le dessein de vendre leurs fourrures.
L'ardeur et le courage qu'il mettait à cette
chasse, ennoblie par son motif, sont véri-
tablement incropbles. 11 eut un jour une
lutte violente a soutenir contre un chat
sauvage, et sa victoire lui coûta beaucoup
de sang. Enfin, sa constance lui ayant pro-
curé, au bout de quelques mois, une qua-
rantaine d'écus, i les porta bien vite à
Nancy pour avoir des livres. Sa bibliothèque
s'accrut jusqu'à quatre cents volumes, tan-
dis que sa garderobe restait toujours la
même, un sarrau de toile ou de laine et
des sabots composaient tout son ajustement.
Le bois où Duval menait paître ses vaches
élait son cabinet d'étude le plus ordinaire.
Un jour qu'il y était entouré, selon son
usage, de ses cartes de géographie, il fut
abordé par un homme de bonne mine, qui,
surpris de cet appareil, lui demanda ce
qu'il faisait là? J'étudie la géographie. Y
entendez-vous quelque chose? Mais vrai-
ment oui, je ne m'occupe que de ce que
j'entends. Où eu êtes-vous? Je cherche
Ja route de Québec pour aller continuer
mes études à l'université de cette ville, qui
est fameuse, selon le livre que je viens de
lire, il y a, reprit l'inconnu, des univer-
sités plus à votre portée ; je puis vcus en
indiquer une. A l'instant il est investi par
un grand cortésre: c'était celui des jeunes
princes de Lorraine, On finit par lui pro-
poser d'achever ses études au collège de
J?ont-à-MoussoD. Duval hésita. L'étude
lui était chère; mais sa liberté lui paraissait
plus précieuse encore, et il n'accepta qu'à
la condition formelle de la conserver. Ses
progrès furent si rapides, qu'au bout de
deux ans le duc Leopold, qui voulait se
l'attacher, lui fit faire quelques voyages,
entre autres celui de Paris, et à son retour,
il le nomma son bibliothécaire et profes-
seur d'histoire à l'académie de Luneville.
Cette place et des leçons particulières qu'il
donnait à des Anglais, lui procurèrent les
moyens de faire rétablir à neuf son ancien
ermitage de Sainte-Anne. Lors de la ces-
sion de la Lorraine à la Prance , eu 1738,
il refusa toutes les propositions qui lui
furent faites pour rester, et suivit son bien-
faiteur à Florence. Dix ans plus tard il
fut appelé à Vienue, pour former le ca-
binet de médailles de l'empereur François I.
C'est là qu'il vécut dans la plus grande
considération de la part de toute la famille
impériale, et qu'il mourut en 1775, âgé de
)rès de 80 ans, regretté de tous ceux qui
■'avaient connu.
43. ADELINE.
Près de sa jeune fille, une épouse fidèle
Exhalait en sanglots ses amères douleurs.
Elle venait d'apprendre une affreuse nouvelle :
Sou époux était mort, soudainement, loin
d'elle;
Et cette perte, hélas ! faisait couler ses pleurs.
— Que pleurez-vous, maman? lui dit, tout
étonnée.
Sa fille qui comptait à peine cinq printemps.
— Je pleure sur trtn sort, répond l'infortunée:
Te voilà, pauvre fille, orpheline à cinq ans.
— Orpheline, maman! Qu' est-ce qu'une
- orpheline?
— Tu le sauras trop tôt, ô ma bonne Adeline !
Car tu n'as plus que moi pour guide et pour
support :
Ton père, chère amie ... — Eh bien? —
Ton père est mort!
— Mort!! répète l'enfant; et malgré son
jeune âge,
L'angoisse de son cœur se peint sur son
visage;
Les pleurs, en deux torrents, ruissellent de
ses yeux.
Mais bientôt ses regards se tournent vers
les cieux;
— Rassurez-vous, dit-elle, en embrassant
sa mère.
Le bon Dieu n'est pas mort, et j'ai toujours
un Père.