Boekgegevens
Titel: Premières lectures françaises: Fransch leesboek voor de lagere klassen der hoogere burgerscholen enz.
Auteur: Herrig, Ludwig; Helderman, D.J.
Uitgave: Deventer: A. ter Gunne, 1871
Auteursrechten: Zie auteursrechten
Citeerinstructie: Bijzondere Collecties van de Universiteit van Amsterdam, UBM: NO 09-353
URL: https://schoolmuseum.uba.uva.nl/bookid/LCSM_200765
Onderwerp: Taal- en letterkunde naar afzonderlijke talen: Franse taalkunde
Trefwoord: Leesvaardigheid, Frans, Leermiddelen (vorm)
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   Premières lectures françaises: Fransch leesboek voor de lagere klassen der hoogere burgerscholen enz.
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Le lion le prend dans sa formidable guenle.
Il va le décmrer; déjà ses dents sont im-
primées sur cette tendre cbair .
La mère se jette à genoux Par ses
mains jointes, par ses regards désolés, par
sa voix suppliante, elle redemande son
fils . . .
Le lion la comprend. Il dépose, à ses
pieds, Penfant sain et sauf!
O amour maternel! tu sais parler le lan-
gage connu de tous les êtres! Pour toi,
rien n'est impossible!
33. LE LION DE ELOHENCE.
Près des murs de Elorence, une coutume
antique
Consacrait tous les ans une fête rustique.
Le peuple des hameaux, dans les champs
d'alentour,
En chœur vient du printemps saluer le retour;
Mille groupes joyeux précipitent leur danse,
Eidèles au plaisir plutôt qu'à la cadence.
Tout à coup, ô terreur! uu horrible accident
Perce la profondeur du bois retentissant.
Uu lion, l'œil en feu, se présente à la vue.
Tout fuit. Dans ce désordre, une mère
» éperdue
Emporte son enfant. ., Dieu ! ce fardeau
chéri,
De ses bras échappé, tombe; elle jette un cri.
S'arrête ... Il est déjà sous la dent dévo-
rante.
Elle le voit, frémit, reste pâle, mourante,
Immobillc, l'œil fixe et les bras étendus.
Elle reprend ses sens un moment suspen-
dus;
La frayeur l'accablait, la frayeur la ranime.
, 0 prestige d'amour! ô délire sublime!
Elle tombe à genoux; Ilends-moi, rends-
moi mon fils!
Ce lion, si farouche, est ému par ses cris,
La regarde, s'arrête, et la regarde encore:
Il semble deviner qu'une mère l'implore,
11 attache sur elle uu œil tranquille et doux,
Lui rend ce bien si cher, le pose à ses ge-
noux,
.Contemple de l'enfant le paisible sourire.
Et dans le fond des bois lentement se retire.
34. LA NOBLESSE.
La noblesse est comme la fiamme, qui se
communique, mais qui s'éteint dès qu'elle
manque d'aliment. Souvenez-vous de votre
naissance, puisqu'elle impose des devoirs ;
souvenez-vous de vos aïeux, puisqu'ils sont
pour vous des exemples; mais gardez-vofts
de croire que la nature vous ait trans-
mis leur gloire comme un héritage dont
vous n'avez plus q^-'à jouir; gardez-vous
de cet orgueil impatient et jaloux qui, sur
la foi d'un nom, prétend que tout lui cède
et s'indigne des préférences que le mérite
obtient sur lui.
35. MON VILLAGE.
Combien je te regrette ^
Beau ciel de mon pays.
Et toi, douce retraite,
Que toujours je chéris!
Soleil qui fais éclore
Les trésors de l'été,
Dois-lu me rendre encore
■ La vie et ma gaîté?
Une erreur trop commune
Égara ma raison;
Je rêvai la fortune
Et l'éclat d'uu vain nom ;
Mais, aujourd'hui plus sage,
D'uu regard attendri
Je cherche mon village
Et mon premier ami.
Vers cette heureuse terre
Qui me ramènera?
Là repose ma mère;
L'amitié m'attend là.
O peusers pleins de charmes.
Endormez ma douleur!
Et vous, coulez, mes larmes.
Et soulagez mon cœur.
Une fleur étrangère
En de tristes climats
Sur sa tige légère
Cède au poids des fiimas.
Jeune, ainsi je succombe
Eaible comme la fleur ;
Ici je -vois la tombe.
Là-bas est le bonheur.
Je veux, dès mon aurore
Surpris d'un froid mortel,
Me réchauffer encore
Au foyer paternel.
Chaque jour ma patrie
Charme mon souvenir.
Là commença ma vie,
Là je veux la finir.