Boekgegevens
Titel: Premières lectures françaises: Fransch leesboek voor de lagere klassen der hoogere burgerscholen enz.
Auteur: Herrig, Ludwig; Helderman, D.J.
Uitgave: Deventer: A. ter Gunne, 1871
Auteursrechten: Zie auteursrechten
Citeerinstructie: Bijzondere Collecties van de Universiteit van Amsterdam, UBM: NO 09-353
URL: https://schoolmuseum.uba.uva.nl/bookid/LCSM_200765
Onderwerp: Taal- en letterkunde naar afzonderlijke talen: Franse taalkunde
Trefwoord: Leesvaardigheid, Frans, Leermiddelen (vorm)
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   Premières lectures françaises: Fransch leesboek voor de lagere klassen der hoogere burgerscholen enz.
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Chantons, publions ses bienfaits.
En vain l'injuste violence
Au peuple qui le Joue imposerait silence :
Son nom ne périra jamais.
Le jour annonce au jour sa gloire et sa
puissance;
Tout l'univers est plein de sa magnificence.
Chantons, publions ses bienfaits.
11 donne aux fleurs leur aimable pein-
ture;
Il fait naître et mûrir les fruits;
11 leur dispense avec mesure
Et la chaleur des jours et la fraîcheur des
nuits.
Le champ qui les reçut les rend avec usure.
Il commande au soleil d'animer la nature,
Et la lumière est un don de ses mains;
Mais sa loi sainte, sa loi pure
Est le plus riche don qu'il ait fait aux
humains.
0 mont de Sinaï, conserve la mémoire
De ce jour à jamais auguste ef renommé.
Quand, sur ton sommet enflammé,
Dans un nuage épais le Seigneur enfermé
Eit luire aux yeux mortels un rayon de sa
gloire.
Dis-nous pourquoi ces feux et ces éclairs,
Ces torrents de fumée, et ce bruit dans les
airs,
Ces trompettes et ce tonnerre.
Venait-il renverser l'ordre des éléments?
Sur ses antiques fondements
Venait-il ébranler la terre ?
Il venait révéler aux enfants des Hébreux
De ses préceptes saints la lumière immor-
telle;
Il venait à ce peuple heureux
Ordonner de l'aimer d'une amour éternelle.
0 divine, ô charmante loi!
O justice, ô bonté suprême!
Que de raisons, quelle douceur extrême,
D'engager à ce Dieu son amour et sa foi!
(Kacine.)
32. PUISSANCE DE L'AMOUH MATER-
NEL.
C'était le jour de la Fête-Dieu. Florence
retentissait du son des cloches, qui rappe-
laient aux habitants le grand jour que les
chrétiens allaient célébrer.
De tous côtés, on voyait les familles sor-
tir de leurs demeures, en habits de fête,
pour se rend^re aux églises, trop petites
pour contenir le nombre des fidèles.
Après l'office divin, les processions se ré-
)andirent dans la ville. Elles défilèrent
entement, en chantant des cantiques, dans
les rues parsemées de fleurs, au milieu des
maisons élégamment tapissées. Les jeunes '
filles, vêtues de robes blanches, le front
ceint de couronnes, marchaient derrière les
saintes bannières. Les enfants tenaient des
corbeilles, pleines de fleurs effeuillées.
Leurs petites mains y puisaient sans cesse,
)0ur jeter ces fleurs au-devant du dais, sous
equel marchait le prêtre. De temps à autre
le ministre de Dieu s'arrêtait, pour poser le
Saint Sacrement sur la tête des assistants
agenouillés.
Partout le recueillement, l'ordre, le si-
lence; surtout la ferveur de la foi.
Quand le cortège s'arrêtait devant un re-
posoir, la foule se mettait à genoux, en
prières. Chacun, au fond de son cœur
cherchait les vœux les plus secrets de ses
affections, pour prier Dieu de les bénir.
Que de peines confiées, que de regrets
consolés, dans ces entretiens intimes de
l'homme avec son Créateur!
Tout à coup un murmure confus se fait
entendre au loin. Bientôt il devient plus
distinct. Des cris partent de divers côtés;
ils se multiplient, ils redoublent. Quelle
est donc la cause de tant d'alarmes ?
Un bruit court dans la foule : le lion de
la ménagerie s'est échappé! 11 parcourt les
rues de Florence, répandant partout la ter-
reur.
On se précipite, en désordre, dans toutes
les directions. Chacun entraîne ceux qui
lui sont chcrs, et cherche pour eux le plus
prochain abri. Mais la confusion, résultat
de l'effroi, égare tous les esprits. On veut
fuir le lieu du danger, et l'on s'en nip-
proche, par l'effet de l'agitation elle-même
qui porte à s'en éloigner.
Mais laissons le triste tableau du trouble
répandu dans la ville entière !
Racontons plutôt, en deux mots, un fait
merveilleux! un de ces faits que l'imagina-^
tion a peine à croire, bien qu'ils soient at-
testés par la vérité de l'histoire.
En deux mots! car le récit le plus simple
apporte ici toute l'émotion qu'i doit pro-
duire , toute la leçon qu'on peut en tirer.
Poursuivie par le lion, une mère laisse
tomber son jeune enfant, qu'elle tenait dans
ses bras.