Boekgegevens
Titel: Premières lectures françaises: Fransch leesboek voor de lagere klassen der hoogere burgerscholen enz.
Auteur: Herrig, Ludwig; Helderman, D.J.
Uitgave: Deventer: A. ter Gunne, 1871
Auteursrechten: Zie auteursrechten
Citeerinstructie: Bijzondere Collecties van de Universiteit van Amsterdam, UBM: NO 09-353
URL: https://schoolmuseum.uba.uva.nl/bookid/LCSM_200765
Onderwerp: Taal- en letterkunde naar afzonderlijke talen: Franse taalkunde
Trefwoord: Leesvaardigheid, Frans, Leermiddelen (vorm)
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   Premières lectures françaises: Fransch leesboek voor de lagere klassen der hoogere burgerscholen enz.
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28. BONHEUR DE L'ENFANT AIME
DE DIEU.
Oh! bien heureux mille fois
L'enfant que le Seigneur aime,
Qui de bonne heure entend sa voix,
Et que ce Dieu daigne instruire lui-même!
Loin du monde élevé, de tous les dons des
cieux
Il est orné dès son enfance;
Et du méchant l'abord contagieux
N'altère point son innocence.
Tel en uu secret vallon.
Sur le bord d'une onde pure,
Croît à l'abri de l'aquilon
Un jeune lis, l'amour de la nature;
Heureux, heureux mille fois
L'enfant que le Seigneur rend docile à ses
lois! (J. Racine.)
29. JAQUES LAFITTE.
Lorsque M. Lafitte vint à Paris, en 1788,
toute son ambition se bornait à obtenir une
petite place dans une maison de banque.
H se présenta chez M. Perregaux, riche
banquier. Le jeune provincial, pauvre et
modeste, timide et troublé, fui introduit
dans Ip cabinet du banquier, et présenta sa
requête. »Lnpossïble de vous admettre chez
moi, du moins pour le moment, lui répond
Perregaux: mes bureaux sont au complet.
Plus tard, si j'ai besoin de quelqu'un, je
verrai; mais, en attendant, je vous conseille
de chercher ailleurs, car je ne pense pas
avoir de longtemps une place vacante.^^
Ainsi éconduit, ie jeune solliciteur salue
et se retire. En traversant la cour, Triste
et le front penché, il aperçoit à terre une
épingle, la ramasse et l'attache sur le pare-
ment de son habit. H était loin de se dou-
ter que cette action toute machinale devait
décider de son avenir.
Debout devant la fenêtre de son cabinet,
M. Perregaux avait suivi des yeux la re-
traite du jeune homme; le banquier était
de ces observateurs qui savent le prix des
petites choses, et qui jugent le caractère
des hommes sur ces détails futiles en appa-
rence et sans portée pour le vulgaire. 11
avait vu ramasser l'épingle, et ce trait-lui
fit plaisir Dans ce simple mouvement, il y
avait pour lui la révélation d'un caractère,
c'était une garantie d'ordre et d'économie.
Le soir même, le jeune Lafitte reçut un
billet de M. Perregaux, qui lui disait:
))Vous avez une place dans mes bureaux;
vous pouvez venir l'occuper dès demain."
Le banquier ne s'était pas trompé : le
jeune homme à l'épingle possédait toutes
les qualités requises, et même quelques unes
de plus. Le jeune commis devint bientôt
caissier, puis associé, et puis maître de la
première maison de banque de Paris, puis
député et homme d'état très-influent, et en-
fin président du conseil des ministres.
(1830—1831.)
Ce que M. .Perregaui n'avait pas prévu
sans doute, c'est que la main qui ramassait
line épingle était une main généreuse jus-
qu'à la prodigalité, quand il s'agissait de
faire du bieu ; une main toujours ouverte,
toujours prête à répandre l'or pour secou-
rir d'honorables infortunes. Jamais la ri-
chesse ne fut mieux placée, jamais homme
n'eu fit un plus noble usage.
30. LA PROVIDENCE.
0 sage Providence! v
Je mets ma confiance
Eu tes divins décrets.
J'admire ta puissance,
Je bénis ta clémence
Qui me comble de ses bienfaits.
En sources d'allégresse
Ta profonde sagesse
Vient convertir nos pleurs:
Quand le mal est extrême.
C'est ta force suprême
Qui nous soutient dans nos douleurs.
Oui, tout ce qui respire
Atteste ton empire.
Est l'objet de tes soins:
Dieu! ta main paternelle
Ne négligerait-elle
Que tes enfants dans leurs besoins!
O sage Provideiice! ^
Je mets ma confiance
En tes divins décrets;
J'attends de ta puissance
Les dons que ta clémence
Prépare à mes justes souhaits.
31. LOUANGES DE DIEU.
Tout l'univers est plein de sa magnificence:
Qu'on l'adore, ce Dieu, qu'on l'invoque à
jamais !
Son empire a des temps précédé lu nais-
sance,