Boekgegevens
Titel: Premières lectures françaises: Fransch leesboek voor de lagere klassen der hoogere burgerscholen enz.
Auteur: Herrig, Ludwig; Helderman, D.J.
Uitgave: Deventer: A. ter Gunne, 1871
Auteursrechten: Zie auteursrechten
Citeerinstructie: Bijzondere Collecties van de Universiteit van Amsterdam, UBM: NO 09-353
URL: https://schoolmuseum.uba.uva.nl/bookid/LCSM_200765
Onderwerp: Taal- en letterkunde naar afzonderlijke talen: Franse taalkunde
Trefwoord: Leesvaardigheid, Frans, Leermiddelen (vorm)
Bekijk als:      
Scan: Afbeeldinggrootte:
   Premières lectures françaises: Fransch leesboek voor de lagere klassen der hoogere burgerscholen enz.
Vorige scan Volgende scanScanned page
— 11 --
Bientôt, pour comble de détresse.
Le reste fut mangé par les frais d'un procès
A ses associés intenté sans succès.
Déjà l'infortuné touchait à la vieillesse:
Vainement au travail il aurait eu recours.
Fernand, grâce à son ignorance.
Ne lui pouvait être d'aucun secours.
Ils avaient tout perdu, tout, jusqu'à l'espé-
rance ,
Et mangeaient chaque jour un dur morceau
de pain.
Qui pouvait leur manquef, hélas ! le lendemain.
Lorsque Emile vint mettre un terme à leur
souffrance.
Il leur prodigua tous ses soins;
Son travail suffisait à leurs communs besoin?;
11 leur rendit presque l'aisance.
C'était une dette de cœur
Qu'il acquittait envers son bienfaiteur.
Sans lui Fernand peut-être eût vu son père
Dans ses bras impuissants expirer de misère. —
Riche ou pauvre, on ne sait ce qui peut
arriver.
Voulez-vous du malheur toujours vous pré-
serverp
Dès votre enfance, de l'étude
Sachez contracter l'habitude;
Car la science est un trésor
Plus précieux et bien plus sûr que l'or.
(Emile Pages.)
27. LA DÉSOBÉISSANCE PUNIE.
Madame V., veuve d'un riche négociant,
habitait avec ses deux fils une maison de
campagne. Gustave et Henri étaient frères;
mais Henri, l'aîné ne ressemblait en rien
au plus jeune. 11 était vif et colère; il vou-
lait que tout cédât à ses caprices, et quand
sa mere lui refusait quelque chose, il se
fâchait tellement que souvent il oubliait le
respect qu'il lui devait. Comme il était
fort entêté, il agissait souvent à sa têie ce
qui n'était pas toujours bien. Ce méchant
garçon, le tourment de sa mère, avait été
mis dans un collège, et Mme V .. espérait
çiu'au milieu de tant d'enfants de son âge,
il se corrigerait de ses mauvais défauts,
Gustave, le plus jeune, enfant doux et
obéissant, avait aussi quitté sa mère; il com-
mençait ses études dans une autre pension,
car Mme V... ne voulait pas que Gustave
eût sans cesse sous les yeux le mauvais
exemple de son frère.
Le mois a'août était arrivé; ce mois le
plus beau de l'année pour les écoliers, puis-
que c'est alors que commencent leurs va-
cances. Henri et Gustave vinrent passer
auprès de leur mère quelques semaines.
Madame V.„, heureuse d'avoir ses enfants,
tâcha de leur procurer tout le plaisir pos-
sible. Elle redevint jeuue et vive pour
parcourir avetf eux les bois et les champs,
et sa plus grande joie était de les voir
s'ébattre devant elle.
Le mois d'août est le temps de la mois-
son. Henri et Gustave allaient souvent aux
champs et s'entretenaient avec les bons
moissonneurs ; ils leur apportaient quelques
rafraîchissements dont ces paysans, expo-
sés tout le jour à l'ardeur du soleil, ont
tant besoin. Aussi étaient-ils bien vus de
tous les travailleurs.
Un soir, on venait de charger une voiture
de gerbes de blé.
»Je veux monter là-dessu^, dit Henri;
j'entrerai en triomphe dans notre cour." —
»Mon frère, tu tais que maman nous a ex-
pressément défendu de jamais monter sur
un chariot de blé, et il ne faut pas lui
faire de la peine, surtout maintenant q^e
nous ne sommes ici que pour quelques se-
maines; je t'en prie ne monte pas, car j'ai
peur que Uicune te punisse si tu désobéis." —
»Laisse-moi tranquille, peureux que tu es,
dit Henri en repoussant son frère; je ne
tomberai pas, et maman ne me verra pas."
Et sans rien écouter il grimpa sur la voi-
ture.
Le paysan qui conduisait le chariot se
mit à fouetter les chevaux et l'on partit;
Henri était heureux , mais Gustave suivait
la voiture d'un air triste. A quelque dis-
tance de la cour, le chemin tournait ; la voi-
ture heurta contre une pierre et fut ren-
versée. Henri tomba et ee cassa le bras,
Gustave accourut, releva son malheureux
frère, le soutint dans ses bras, jusqu'à ce
que Mme V qu'on avait cherchée en toute
liâte arrivât aussi. Elle fit transporter son
fils à la maison , et fit appeler un chirur-
gien Celui-ci vint bientôt: Henri eut
beaucoup à souffrir, mais enfin le bras fut
remis. nOh! disait-il souvent à sa mère,
lorsqu'il la voyait si patiente auprès de son
lit: Combien j'ai eu tort, et combien je
regrette tout le chagrin q^ue je te cause " —
»Mon enfant, lui répondait Mme V.': il pou-
vait t'arriver un plus grand malheur encore;
mais Dieu a eu pitié de toi; tu es assez
puni comme cela. Souviens-toi cependant
toujours que Dieu nous a fait un comman-
dement de respecter nos parents et qu'il
punit tôt ou tard, en cette vie ou en l'autre,
lea enfants qui leur désobéissent et ne les
respectent pas.