Boekgegevens
Titel: Premières lectures françaises: Fransch leesboek voor de lagere klassen der hoogere burgerscholen enz.
Auteur: Herrig, Ludwig; Helderman, D.J.
Uitgave: Deventer: A. ter Gunne, 1871
Auteursrechten: Zie auteursrechten
Citeerinstructie: Bijzondere Collecties van de Universiteit van Amsterdam, UBM: NO 09-353
URL: https://schoolmuseum.uba.uva.nl/bookid/LCSM_200765
Onderwerp: Taal- en letterkunde naar afzonderlijke talen: Franse taalkunde
Trefwoord: Leesvaardigheid, Frans, Leermiddelen (vorm)
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   Premières lectures françaises: Fransch leesboek voor de lagere klassen der hoogere burgerscholen enz.
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ceaux, qu'il n'avait pris que pour elle; et
pour rattacher au souvenir de Caroline le
souvenir du premier état dans lequel elle
l'avait aimé, il reprit le marteau de for-
geron; son dernier travail fut un lustre de
fer battu, qu'il offrit à l'église d'Arschot,
en reconnaissance de l'horiorable sépulture
qui avait été donnée à Caroline dans cette
église. Ce monument a été respeclé.
11 mourut peu après, en 1529, et fut
enterré dans le couvent des Capucins d'An-
vers. Cent ans après, la ville transporta
ses cendres au pied de la tour de la Cathé-
drale. On lui érigea, à gauche du grand
portail, une tombe ornée de son buste en
relief. On j grava son nom, pour fixer les
irrésolutions vagabondes des écrivains qui
l'estropiaient de toute manière. On ne
manqua pas de le glorifier du vers célébré
qui le caractérise, dans le poeme des Pein-
tres Flamands de Dominique Lampson:
Connubialis amor de mulcibre fecit Apellera.
11 n'est pas défendu de traduire ce vers
latin par ces deux rimes françaises:
Uue ne peut sur un cœur le regard d'une belle?
L'amour, d'un forgeron, a su faire un Apelle.
(J. Colliu de Plancy.)
158. VANITE.
Que t'importe,mon cœur, ces naissancesde rois,
Ces victoires qui font éclater à la fois
Cloches et canons en volées,
Et louer le Seigneur en pompeux appareil ;
Et la nuit, dans le ciel, des villes en éveil
Monter des gerbes étoilées?
Porte ailleurs ton regard sur Dieu seul arrêté !
llien ici-bas qui n'ait en soi sa vanité;
La gloire fuit à tire d'aile, [peu;
Couronnes, mitres d'or brillent, mais durent
Elles ne valent pas le brin d'herbe que Dieu
Eait pour le nid de l'hirondelle !
Hélas! plus de grandeurcontient plus de néant!
La bombe atteint plutôt l'obélisque géant
Que la tourelle des colombes. [rois;
C'est toujours par la mort que Dieu s'unit aux
Leur couronne dorée a pour faîte sa croix ,
Son temple est pave de leurs tombes.
Quoi! hauteur de nos tours, splendeur de nos
Napoléon, César, Mahomet, Périclès, [palais,
Rien qui ne tombe et ne s'eflaCe !
Mystérieux abîme où l'esprit se confond !
A quelques pieds sous terre un silence profond,
Et tant de bruit à sa surface !
(Victor Hugo.)
159. MANIERE DE VOYAGER EN
SUÈDE.
11 n'y a pas d'autre diligence en Suède
que celle d'Helsingborg et celle d'Upsal.
Quand on veut vojrager dans les autres par-
ties du royaume, il faut avoir recours à la
charrette qu'on appelle et prendre des
chevaux de poste. Cette manière de voya-
ger n'est pas chère, mais elle peut être fort
longue et fort incommode. A des distances
de cinq à six lieues, on aperçoit sur la grande
route une maison en bois avec deux ailes de
chaque côté, servant de grange et d'écurie.
C'est la poste, ou plutôt l'auberge. Une
fois arrivé là, il faut se dire que la patience
est une grande vertu, et saisir cette occasion
de la mettre en pratique. Le maître de poste
est un personnage important, qui a des champs,
des bestiaux, et qui ne se dérai ge pas volon-
tiers. Le domestique, le hollkarl, est un
être d'une nature singulière, qui ne se soucie
ni du temps ni de l'heure, qui va tranquil-
lement son chemin et n'a jamais compris à
quoi pouvait servir de marcher plus vite une
fois qu'une autre. L'été tous les chevaux
de la poste sont à travers champs. Un petit
bonhomme, qui a pris en venant au monde
les habitudes indolentes de la maison, vales
chercher, et on attend. On attend une ou
deux heures, c'est le moins. Je suis resté
une fois trois heures dans une station; et
conjme j'avais la hardiesse extrême de mur-
murer, e maître de poste s'approcha de moi
et me dit d'un air solennel: «Comment,
monsieur, vous vous plaignez d'avoir attendu
vos chevaux trois heures! on les attend
quelquefois ici quatre heures." Je fus ter-
rassé par la pui&sance de cet argument, et
je m'en allai honteux d'avoir eu si peu de
patience. Enfin, après avoir visité dans
toutes ses parties la ferme et le jardin, après
avoir longtemps causé avec la maîtresse de
poste sur le caractère de son chat et la fé-
condité de ses poules, après être venu vingt
fois sur la grande route pour regarder, comme
sœur Anne, si l'on ne voit rien venir, on
n'aperçoit autre chose que l'herbe qui verdoie
et le soleil qui poudroie. Les chevaux ar-
rivent. On atte le la voiture avec de gran-
des précautions et de grandes lenteurs, mais
enfin on l'attelle. Le voyageur prend les
rênes, un petit garçon ou une petite fille,
servant de guide, se place derrière lui. Sa
mère lui donne une rôtie de beurre, son père
lui recommande de ménager les chevaux, et
voilà le chariot parti.
On peut, il est vrai, abréger ces délais