Boekgegevens
Titel: Premières lectures françaises: Fransch leesboek voor de lagere klassen der hoogere burgerscholen enz.
Auteur: Herrig, Ludwig; Helderman, D.J.
Uitgave: Deventer: A. ter Gunne, 1871
Auteursrechten: Zie auteursrechten
Citeerinstructie: Bijzondere Collecties van de Universiteit van Amsterdam, UBM: NO 09-353
URL: https://schoolmuseum.uba.uva.nl/bookid/LCSM_200765
Onderwerp: Taal- en letterkunde naar afzonderlijke talen: Franse taalkunde
Trefwoord: Leesvaardigheid, Frans, Leermiddelen (vorm)
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   Premières lectures françaises: Fransch leesboek voor de lagere klassen der hoogere burgerscholen enz.
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bine de moQ hôte. Nos compagnons prirent
part à rhnmble repas qui lenr fut offert ;
puis chaque chasseur s'achemina vers son
habitation , et moi je continuai à me livrer
à mes investigations favorites.
156. LES PÊCHEURS ISLANDAIS.
An mois de février, quand la terre est
couverte de glace, quand le ciel brumeux
de rislande n'annonce que des orages, quand
les rayons d'un soleil pâle percent à travers
un crépuscule obscur qui ressemble à une
nuit sans fin, le pêcheur quitte sa famille,
sa chaumière. Il laisse à sa femme le soin
de filer la laine, de préparer le beurre ; à
ses enfants, celui de garder les bestiaux.
Il s'en va avec sa ligne le long du golfe
commencer sa laborieuse existence. Là se
trouvent quelquefois réunis jusqu'à trois ou
quatre mille pêcheurs , et dans tout le pays
les habitations ne sont plus occupées que
par des femmes et des enfants. Chaque
nuit les pêcheurs consultent l'aspect du ciel;
si l'horizon leur présage une tempête, ils
restent à terre ; sinon ils se lèvent à deux
heures du matin, et s'embarquent après
avoir fait leur prière.
Toute la journée, les pêcheurs jettent à
la mer leurs lignes et leurs filets , et vers
le soir ils en reviennent avec des bateaux
remplis jusqu'aux bords ; car, si le sol is-
landais est ingrat pour eux, la mer du moins
les traite avec libéralité. Mais ces pauvres
;ens n'ont souvent pour toute fortune que
eur frêle nacelle; et, quand ils approchent
de la côte , souvent on les voit se jeter à
l'eau pour la tirer eux-mêmes à terre et
l'empêcher de se heurter trop violemment
contre les rochers. Les femmes les atten-
dent à leur retour pour recevoir le poisson
et le préparer. On coupe toutes les têtes
pour les faire sécher. C'est là ce que le
pêcheur réserve pour lui ; presque tout le
reste est destiné à être vendu. La pêche
dure jusqu'au mois d'avril, quelquefois jus-
qu'au mois de juin. Quand le pêcheur est
rentré chez lui, il compt e ses richesses, ras-
semble ses provisions, les poissons qu'il a
fait sécher, le drap que sa femme a foulé ,
la laine et le beurre que l'on a conservé.
Les marchands danois de Reykiawik et de
Hâvonefird sont là qui l'attendent, et il leur
porte les fruits de son travail. Il y a une
grande foire à Reykiawik au mois de juin.
Les paysans islandais y viennent de qua-
rante à cinquante lieues, portant avec eux
leur tente pour se reposer, le poisson pendu
à l'arçon des selles, et les autres denrées
enfei-mées dans des sacs de laine. Il n'est
pas rare alors de voir arriver, à la file l'un
de l'autre, des caravanes de cent chevaux,
tous chargés de provisions. (Z. Marmier.)
156, HISTOIREDUCAPITAINE HENRI.
Je suis né à Saint-Malo, où mon père
s'était établi à son retour de l'Inde. J'ai
été dès mes premiers jours entouré de tout
ce qui pouvait me familiariser avec les
choses de la mer. Mon père avait na-
vigué pendant les années où l'activité de
la vie maritime satisfait à l'ardeur de la
jeunesse et au besoin d'expansion qui la
tourmente. Il avait quitté la mer au mo-
ment où le besoin d'une vie plus calme se
fait sentir et met en évidence les côtés
moins brillants de cette existence perpé-
tuellement agitée. Les coups de vent ,
les calmes, les longs quarts de nuit, ce sont
les inconvénients' de la vie de marin , in-
convénients peu sensibles à la jeunesse.
Ce qu'elle a de pénible est compensé par
l'avantage de voir beaucoup, d'assister sous
tous les climats au spectacle de la nature
dans le plus magnifique développement de
sa beauté, et aussi par la jouissance qu'é-
prouve le marin à s'endormir dans son
hamac après avoir essuyé la pluie et le
vent pendant un quart pénible, où à sa-
vourer des vivres frais après une longue
traversée, jouissances que.ne sauraient ap-
précier ceux qui n'ont pas quitté la terre.
Le métier de la mer était resté pour
mon père la vie par excellence. Eixé à Saint-
Malo , et possesseur d'une fortune considé-
rable conquise en grande partie sur le com-
merce anglais , il n'eût pa^ compris que son
fils embrassât une autre profession que
celle qui l'avait enrichi; et autour de moi
tout conspirait pour me la faire regarder
comme la seule à laquelle je pusse raison-
nablement songer. Je passai au collège
les années que les jeunes gens emploient
avec plus ou moins de succès à acquérir
les connaissances qui sont la base de toute
éducation libérale, quelle que soit la pro-
fession qu'ils embrassent plus tard. A quinze
ans, ayant exprimé ma résolution de suivre
la carrière maritime, mon père décida que
je ferais d'abord un voyage assez long pour
éprouver mon aptitude et commencer mon
éducation nautique. 11 était atteint depuis
plusieurs année» d'une affection grave qui