Boekgegevens
Titel: Premières lectures françaises: Fransch leesboek voor de lagere klassen der hoogere burgerscholen enz.
Auteur: Herrig, Ludwig; Helderman, D.J.
Uitgave: Deventer: A. ter Gunne, 1871
Auteursrechten: Zie auteursrechten
Citeerinstructie: Bijzondere Collecties van de Universiteit van Amsterdam, UBM: NO 09-353
URL: https://schoolmuseum.uba.uva.nl/bookid/LCSM_200765
Onderwerp: Taal- en letterkunde naar afzonderlijke talen: Franse taalkunde
Trefwoord: Leesvaardigheid, Frans, Leermiddelen (vorm)
Bekijk als:      
Scan: Afbeeldinggrootte:
   Premières lectures françaises: Fransch leesboek voor de lagere klassen der hoogere burgerscholen enz.
Vorige scan Volgende scanScanned page
189 —
lui dévorait ses bœufs l'un après l'autre, et
qu'en dépit de tous ses efforts il n'avait pu
parvenir à la tuer ; tout récemment encore
cet animal vorace lui avait enlevé uu daim
tué de ia veille ; et à ces exploits ie colon
ajouta une quantité de traits d'audace et de
férocité qui me donnèrent une haute idée
du terrible caractère de cet animal. Je
voulus lui offrir mon aide pour se débar-
rasser de ce dangereux ennemi: ma propo-
sition parut lui faire beaucoup de plaisir ;
mais il me dit que nos efforts seraient tout
à fait sans résultat, à moins que quelques-
uns de nos voisins ne consentissent à nous
accompagner dans cette chasse, et à joindre
leurs chiens aux nôtres. 11 ne me fut pas
difficile de déterminer mon hôte à monter
à cheval, à aller visiter les colons du voisi-
nage, dont quelques-uns étaient séparés de
nous par une distance de plusieurs milles,
et à convenir avec eux du jour et de l'heure
du rendez-vous.
Nos voisins furent exacts : le jour con-
venu ils se trouvèrent à la porte de notre
cabine , précisément au moment où le soleil
parut à l'horizon, ils étaient au nombre
de cinq, et dans un équipement de chasse
complet; ils étaient montés sur des chevaux
de petite taille et de peu d'apparence, mais
pleins de feu et de vigueur. Ces chevaux
doués en outre d'une vélocité extraordinaire,
sont plus propres à poursuivre un ours ou
un cougar à travers ces terrains de fon-
drières et de marécages qu'aucune autre race
de chevaux. Une meute de gros chiens,
venue avec nos chasseurs , faisait déjà con-
naissance avec la meute de mon hôte. Nous
choisîmes , lui et moi, ses deux meilleurs
chevaux , et ses fils en prirent d'autres de
race inférieure.
On se mit silencieusement en route. Q^iand
on fut arrivé aux marécnges, on convint de
se disperser et de rechercher les traces
récentes de la panthère. Le chasseur qui
les découvrirait le premier devait sonner du
cor et rester en p ace jusqu'à ce que tous
ses compagnons l'eussent rejoint. On se
dispersa donc, et au bout d'une heure en-
viron. le son du cor se fit entendre. Je
m'étais attaché aux pas de mon hôte. A
l'instant nous traversâmes ensemble d'épaisses
forêts, n'ayant pour guide que le son éloigné
du cor, qui venait de temps eu temps frapper
notre oreille. Nous arrivâmes cependant
au lieu du rendez-vous, et tous les autres
chasseurs y vinrent l'un après Tautre. On
envoya le meilleur chien traquer le cougar,
et bientôt nous vîmes toute la meute s'é-
lancer vers l'intérieur des marécages. Nos
carabines furent chargées en un instant, et
nous nous mîmes à suivre la trace des chiens,
en nous tenant à quelque distance, mais en
vue l'un de l'autre , et résolus à ne faire feu
que sur la panthère.
Les chiens commencèrent bientôt à abo-
yer , et leur course devint tout à coup plus
rapide. Mon compagnon me dit alors que
le cougar ne devait pas être loin; nous
mîmes alors nos chevaux au petit galop ,
toujours guidés par les cris des chiens ; ces
cris croissaient par degrés , quand tout à
coup les chiens aboyèrent différemment.
Le colon m'invita alors à presser le pas de
ma monture, et médit que la panthère'avait
sauté sans doute sur un arbre afin de s'y
reposer quelques instants. Si nous ne par-
venons pas, continua-t il, à tuer cet animal
dans cette position, la chasse se prolongera
bien long-temps. En approchant des chiens,
les chasseurs ne formèrent plus qu'une troupe
serrée; mais en voyant les animaux tourner
en aboyant autour d'un gros arbre , nous
nous séparâmes encore et nous environnâmes-
cet arbre sur lequel le cougar avait cherché
un asile.
Chacun de nous, laissant alors tomber la
bride sur le cou de son cheval, et sa cara-
bine prête à faire feu , s'avança avec pré-
caution. Tout à coup une détonation se fit
entendre, et nous vîmes le cougar sauter à
terre et s'enfuir rapidement, peu disposé à
demeurer plus long-temps exposé à notre
feu. Les chiens se précipitèrent à sa pour-
suite avec des cris assourdissants. Le chas-
seur qui venait de faire feu s'approcha de
nous, dit qu'il avait atteint l'animal, et que
sans doute il lui avait cassé l'une des pattes
de devant; car c'était la seule place où il
avait pu viser. Nous aperçûmes sur la terre
une légère traînée de sang; mais nos chiens
couraient avec une telle vélocité, que nous
dûmes enfoncer ■ l'éperon dans le liane de
nos chevaux et pénétrer plus avant dans
ces terrains marécageux. Nous franchîmes
uue ravine , puis une autre plus large et
plus dangereuse ; les chiens couraient tou-
jours devant nous; mais nos chevaux, inon-
dés de sueur et d'écume, étaient maintenant
hors d'haleine , et nous jugeâmes à propos
de continuer la chasse à pied. Ces chas-
seurs expérimentés n'ignoraient pas que le
cougar, se sentant blessé, ne tarderait pas
à chercher un refuge sur un autre arbre ,
où il resterait sans doute long-temps , et
qu'il était alors impossible de dévoyer. Nous
mîmes donc pied à terre , nous débarrassa-