Boekgegevens
Titel: Premières lectures françaises: Fransch leesboek voor de lagere klassen der hoogere burgerscholen enz.
Auteur: Herrig, Ludwig; Helderman, D.J.
Uitgave: Deventer: A. ter Gunne, 1871
Auteursrechten: Zie auteursrechten
Citeerinstructie: Bijzondere Collecties van de Universiteit van Amsterdam, UBM: NO 09-353
URL: https://schoolmuseum.uba.uva.nl/bookid/LCSM_200765
Onderwerp: Taal- en letterkunde naar afzonderlijke talen: Franse taalkunde
Trefwoord: Leesvaardigheid, Frans, Leermiddelen (vorm)
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   Premières lectures françaises: Fransch leesboek voor de lagere klassen der hoogere burgerscholen enz.
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Ecrasés par la croix qui les condamne, et
qui est plantée sur leurs têtes ; cachés près
du Temple dont il ne reste pas pierre sur
pierre, ils demeurent dans leur déplorable
aveuglement. Les Perses , les Grecs , les
Homains ont disparu de la terre, et un
petit peuple, dont Torigine précéda celle de
ces grands peuples , existe encore sans mé-
lange dans les décombres de sa patrie. Si
quelque chose parnti les nations porte le
caractère du miracle, nous pensons que ce
caractère est ici. Et qu'y a-t-il de plus
merveilleux, même aux yeux du philosophe,
que cette rencontre de l'antique et de la
nouvelle Jérusalem au pied du Calvaire :
la première s'affligeant à l'aspect du sé-
pulcre de Jésus-Christ ressuscité, la seconde
se consolant auprès du seul tombeau qui
n'aura rien à rendre à la fin des siècles ?
(Chateaubriand.)
155. CEIASSE DE LA PANTHERE DANS
L'AMÉRIQUE DU NORD.
Dans une de mes excursions dans l'état
du Mississippi, je me trouvai en vue de la
cabine ou habitation d'un colon, située sur
les bords du courant qui a pris le nom de
Cold water river '(rivière d'eau froide).
Comme la plupart de ceux qui se sont aven-
tureusement établis dans les districts déserts
des frontières des Etats-Unis , le proprié-
taire de cette cabine connaissait parfaitement
les quadrupèdes, les oiseaux , et les reptiles
qui abondent dans cette coutrée marécageuse,
et leur donnait fréquemment la chasse. Je
ne fis pas difficulté d'entrer immédiatement
dans cette cabine ; j'entamai la conversation
avec le colon et je m'informai de tout ce
qui avait rapport au pays et à ses produc-
tions ; car je suis d'avis que celui qui est
jaloux de savoir et de connaître ne doit pas
dédaigner de prêter l'oreille aux récits de
l'homme instruit, quels que soient son rang
et sa fortune.
Le colon me dit tout ce qu'il savait re-
lativement à la contrée qu'il habitait, me
parla des animaux qu'on y rencontrait, et,
me montrant des peaux d'ours et de daims,
il ajouta que c'était là une petite partie
des bêtes sauvages qu'il avait tuées. M^n
cœur était transporté de joie aux paroles
du colon; je lui demandai s'il consentirait
à m'accompagner dans les terrains maré-
cageux de la contrée, et à me donner l'hos-
pitalité dans sa cabane. Ces propositions
furent aussitôt cordialement acceptées je
me débarrassai de mon lourd portefeuille^ je
posai ma carabine à terre , et prenant place
autour d'une vieille table, je participai à
l'humble souper du colon , de sa femme et
de ses enfants.
La paix et la tranquillité de ces lieux
étaient en parfaite harmonie avec les ma-
nières simple^ et aimables de la famille.
Je les entretins du but de mes voyages ; la
mère et les enfants attachaient sur moi des
yeux étonnés; ils ne pouvaient comprendre
comment on pouvait passer sa vie à la
recherche d'oiseaux et de plantes rares.
ll_ me faudrait trop d'espace pour consig&er
ici toutes les questions qui me furent faites
par eux, en retour des questions que je leur
adressai moi-même. Le colon, qui était
originaire de l'état de Connecticut, avait
entendu parler de voyageurs tels que moi,
et il montrait une grande satisfaction de
m'avoir accueilli dans sa cabine.
Après souper, je demandai à mon hôte
ce qui l'avait déterminé à venir s'établir
dans cette contrée sauvage et solitaire. La
population, me répondit-il, s'est tellement
accrue dans la Nouvelle Angleterre, qu'il
est impossible aujourd'hui d'y prospérer.
Alors je parlai de quelques, parties de l'an-
cien monde, où la population est autrement
considérable que dans la Nouvelle-Angle-
terre, et je m'écriai : Combien doit-il donc
être plus difficile de faire fortune dans les
populeuses contrées de l'Europe I il fut
ensuite question de chasse, de pêche ; les
enfants, l'épouse, l'époux , moi-même , tout
le monde prit part à la conversation, jus-
qu'à ce que le sommeil s'emparant de nous,
nous nous étendîmes sur des peaux d'ours,
et nous reposâmes en paix sur le plancher,
daus l'unique chambre de la cabine.
Au point du jour, je fus réveillé par la
forte voix de mou hôte qui appelait ses
cochons. Ces animaux étant dans un état
presque sauvage, sont accoutumés à trouver
dans les bois leur principale nourriture.
Je fus bientôt en état de rejoindre le colon.
Les cochons et leurs petits accouraient en
grognant à la voix bieu .connue de leur
maître, qui leur jeta quelques épis de blé,
les compta, et me dit que le nombre^ de
ses cochons avait considérablement diminué
depuis quelques semaines; car une terrible
panthère, à laquelle on donne en Amérique
le nom de cougar, avait paru dans la con-
trée , et faisait d'affreux ravages dans son
troupeau. Le colon ajouta que cette pan-
thère , non contente de la chair des cochons,