Boekgegevens
Titel: Premières lectures françaises: Fransch leesboek voor de lagere klassen der hoogere burgerscholen enz.
Auteur: Herrig, Ludwig; Helderman, D.J.
Uitgave: Deventer: A. ter Gunne, 1871
Auteursrechten: Zie auteursrechten
Citeerinstructie: Bijzondere Collecties van de Universiteit van Amsterdam, UBM: NO 09-353
URL: https://schoolmuseum.uba.uva.nl/bookid/LCSM_200765
Onderwerp: Taal- en letterkunde naar afzonderlijke talen: Franse taalkunde
Trefwoord: Leesvaardigheid, Frans, Leermiddelen (vorm)
Bekijk als:      
Scan: Afbeeldinggrootte:
   Premières lectures françaises: Fransch leesboek voor de lagere klassen der hoogere burgerscholen enz.
Vorige scan Volgende scanScanned page
- 182
des burins gravés dans un style peu con-
venable , et ceux que la république faisait
)réparer ne promettaient pas d'être meil-
eurs. Ils représentaient sur les revers
l'aigle du Mexique, posé sur un aloès.
La Mineraria, ou école des mines, est
un édifice élevé depuis peu d'années , qui,
en égard à sa destination, n'a peut-être
d'égal en" Europe ni pour l'étendue ni pour
la beauté de l'arcliitecture. il a été con-
struit à grands frais, et libéralement pourvu
de tous les accessoires nécessaires par les
propriétaires de Mexico et par d'autres
riches habitants. Mais, hélas! il semble con-
damné à n'être jamais entièrement achevé,
si même il ne doit un jour tout-à-fait dis-
paraître. Les fondations assises sur un ter-
rain marécageux, ont déjà baissé. Les élé-
gantes colonnes ne sont plus perpendiculaires;
ses architraves s'écartent et craquent dans
toutes les directions. Enfin, une partie est
en ruine.... Mexico renferme un établis-
sement analogue au Mont-de-Piété dont les
magasins, encombrés de la plus précieuse
vaisselle, de crucifix et de statues de saints
en or, de tableaux à cadres d'argent, de
parures de femmes, de diamants, de perles,
de rubis et d'émeraudes, attestent plus que
tout ce qu'on pourrait dire l'antique opu-
lence et la pauvreté actuelle du pays. Je
visitai encore l'hôpital de Jésus-de-los-Na-
turalès, que Fernand Cortez fit bâtir et
qu'il dota sur sa fortune privée, j II est
vaste, bien aéré, admirablement tenu. Une
jolie petite église, qui dépend de cette in-
stitution, renferme un monument superbe
érigé au fondateur qui, la veille de sa mort,
avait témoigné le désir exprès- que ses os
y fussent déposés. Le monument porte une
inscription pompeuse qui mentionne les
hauts faits du capitaine, et est surmonté
d'un buste en bronze. Dans un coffre de
fer que vous pouvez ouvrir, si vous êtes
curieux de reliques, est le squelette du
conquérant de la Nouvelle-Espagne,
Le palais de Chapultepec, que les étran-
gers vont toujours voir, et qui fut bâti par
le vice-roi Galvez sur les ruines d'un an-
cien château mexicain, est délicieusement
situé sur une petite montagne, à une lieue
environ de la ville. C'est un vaste et bel
édifice dont le jardin renferme plusieurs
arbres immenses, d'une espèce que les na-
turels nomment cyprès. Je fis le tour de
quelques-uns, et je suis sûr qu'ils avaient
bien soixante pieds de circonférence. Leur
hauteur était aussi prodigieuse, et de leur
épais feuillage descendait une très-grande
quantité de ce fameux lichen long de cinq
à six verges, qu'on appelle barba d'Espagna
ou barbe d'Espagne.
150. CONSTANTINOPLE.
Constantinople et surtout la côte de
l'Asie, raconta un voyageur, étaient noyées
dans ie brouillard : les cyprès et les mina-
rets que j'apercevais à travers cette vapeur,
présentaient l'aspect d'une forêt dépouillée.
Comme nous approchions de la pointe du
sérail,^ le vent du nord se leva, et balaya,
en moins de quelques minutes, la brume ré-
pandue sur ce tableau ; je me trouvai tout
à coup au milieu des palais du Comman-
deur des croyants. Devant moi le canal
de la mer Noire serpentait entre des col-
lines riantes, ainsi qu'un fleuve superbe:
j'avais à droite la terre d'Asie et la ville
de Scutari : la terre d'Europe était à ma
gauche : elle formait, en se creusant, une
large baie pleine de grands navires à l'ancre,
et traversée par d'innombrables petits ba-
teaux. Cette baie, renfermée entre deux
côteaux, présentait en regard et en amphi-
théâtre Constantinople et Galata. L'immen-
sité de ces trois vil es étagées, Galata, Con-
stantinople et Scutari; les cyprès, les mi-
narets, les mâts des vaisseaux qui s'élevaient
et se confondaient de toutes parts; ia ver-
dure des arbres, les couleurs des maisons
blanches et rouges, la mer qui étendait
sous ces objets sa nappe bleue, et le ciel
qui déroulait au-dessus un autre champ d'a-
zur : voilà ce que j'admirais ; on n'exagère
point, quand on dit que Constantinople
offre le plus beau point de vue de l'univers.
Nous abordâmes à Galata: je remarquai
sur ' le champ le mouvement des quais , et
ia foule des porteurs, des marchands et des
mariniers ; ceux-ci annonçaient par la cou-
leur diverse de leurs visages, par la dii-
férence de leurs langages, de leurs habits,
de leurs chapeaux, de leurs bonnets, de
leurs turbans, qu'ils étaient venus de toutes
les parties de l'Europe et de l'Asie habiter
cette frontière de deux mondes. L'absence
presque totale des femmes, le manque de
voitures à roues , et les meutes de chieus
sans maîtres, furent les trois caractères
distinctifs qui me frappèrent d'abord dans
l'intérieur de cette ville extraordiuaire.
Comme on ne marche guère qu'en babou
ches, qu'on n'entend point de bruit de
carosses et de charettes, qu'il n'y a point
de cloches, ni presque point de métiers à