Boekgegevens
Titel: Premières lectures françaises: Fransch leesboek voor de lagere klassen der hoogere burgerscholen enz.
Auteur: Herrig, Ludwig; Helderman, D.J.
Uitgave: Deventer: A. ter Gunne, 1871
Auteursrechten: Zie auteursrechten
Citeerinstructie: Bijzondere Collecties van de Universiteit van Amsterdam, UBM: NO 09-353
URL: https://schoolmuseum.uba.uva.nl/bookid/LCSM_200765
Onderwerp: Taal- en letterkunde naar afzonderlijke talen: Franse taalkunde
Trefwoord: Leesvaardigheid, Frans, Leermiddelen (vorm)
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   Premières lectures françaises: Fransch leesboek voor de lagere klassen der hoogere burgerscholen enz.
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de bâtiments dont la partie inférieure est
disposée en galerie , et qui forment de bel-
les boutiques, des magasins, et différents
bureaux administratifs. Au milieu de la
place est une belle statue équestre du roi
d'Espagne Charles V. Lors de mon arrivée
à Mexico, cette statue était enfermée dans
un vaste globe de papier peint que sur-
montait une ligure de Renommée et formait
le centre d'un immense amphithéâtre que
l'ex-empereur Iturbide avait momentanément
fait établir pour des combats de taureaux.
Cette construction n'était pas des plus gra-
cieuses; mais d'un jour a l'autre elle de-
vait disparaître. Ce qui est encore beau-
coup plus laid et qui toutefois subsistera
plus long-temps , parce que l'Etat dont les
finances sont obérées en tire bon çrofit,
c'est une méchante bâtisse, une espece de
bazar qu'on a laissé surgir sur cette place,
et dont les marchands sont principalement
espagnols.
La capitale du Mexique n'est sans doute
plus que l'ombre de ce qu'elle a été au
dix-septième siècle, car telle fut l'époque
véritable de sa splendeur , de son opulence
et de son luxe ; mais encore conserve-t-elle
des traces de gloire que ni le temps ni les
révolutions ne lui ont enlevées. Je veux
parler des édifices publics , des églises sur-
tout et des autres établissements religieux,
qui ne le cèdent à ceux d'aucune ville du
globe pour le nombre , l'étendue et la ri-
chesse des dotations. Parmi ces divers
monuments je vais dire quelques mots des
plus remarquables.
La cathédral'^ de Mexico est célèbre
dans toute l'Amérique, et à juste titre,
Elle a environ cinq cents pieds de longueur,
et est située sur la Plaza-Major, à l'endroit
même où s'élevait le grand temple ou Téo-
calli des anciens Mexicains. La plupart
de leurs idoles et de leurs dieux , qui étaient
de pierre et d'une taille, d'une pesanteur
considérables, sont ensevelis , dit-on, sous
les fondements et sous l'aire de la place.
La grande nef de l'église est presque rem-
plie par des tentures, par des groupes, par
mille décorations, qui toutes peu légères
gâtent entièrement sa beauté. Le maître-
autel est hors de proportion avec l'espace
au milieu duquel il se trouve placé. Comme
ceux de la plupart des églises du pays, il
est chargé d'une profusion d'ornements
massifs, de sculptures, de dorures et de
peintures. L'enceinte du chœur est formée
par une superbe grille couverte d'une mul-
titude de figures, ei qui a été, dit-on, fondue
en Chine, mais d'après des modèles envoyés
du Mexique. Cette dernière circonstance
explique peut-être pourquoi le dessin des
ornements en est aussi mauvais que Texé-
cution. Le métal, qui ressemble à du cuivre,
passe pour avoir une telle valeur à cause
de l'or qu'il contient qu'un orfèvre de Me-
xico offrit un jour à l'évêque de construire
une nouvelle .grille d'argent massif et de
même poids en échange de celle qui existe.
Le service divin se célèbre à Mexico,
dans toutes les églises, avec une magnifi-
cence inouïe. Nulle part les cérémonies
religieuses n'ont lieu avec plus de pompe
et de splendeur. Plusieurs processions
que je vis passer l'emportaient, pour la ré-
gularité et pour l'ordre, pour le luxe et
l'habillement des prêtres, pour la richesse
et le prix des ornements sacrés, pour la
profusion de l'argent et de l'or sur tout ce
que j'avais pu voir dans ce genre en Italie.
Rome elle-même, non plus que les autres
cités catholiques de l'Europe, ne peuvent
entrer en comparaison avec Mexico.
L'hôtel du gouvernement est une magni-
fique construction. 11 est de forme presque
carrée, et celle de ses façades qui regarde
sur la Plaza-Major a quatre ou cinq cents
pieds de long. Il renferme à l'intérieur
quatre vastes cours où sont distribués dif-
férents services de l'administration. En
outre il contient la Prison, la Monnaie, les
casernes, le jardin,botanique, la Bibliothèque,
l'imprimerie de^l'Etat. La Bibliothèque est
riche de nlusieùrs manuscrits précieux, par
exemple a'unc histoire nationale du Mexique
en quarante gros volumes in-quarto, avec
une multitude de cartes et de dessins, ré-
digée par ordre du dernier empereur. Le
jardin botanique, quoique situé au centre
jt'une ville si populeuse, est remarquable
"par la vigueur des végétaux. L'étranger
ne_ saurait nulle part trouver une plus dé-
licieuse retraite contre la chaleur du jour ,
ni le^ savant une plus belle carrière à ses
investigations. Outre tous les fruits du
Nouveau-Monde, j'y remarquai avec plaisir
beaucoup de ceux qui sont particuliers à
l'Europe, tels que la pomme, la poire , la
pêche et le coing. La Monnaie, par le
nombre de ses machines, pourrait chaque
jour livrer à la circulation 100,000 dollars.
Depuis qu'elle est fondée, elle en a déjà
répandu par le monde environ 3,000,000,
250,000 millions. Mais les pièces que nous
vîmes frapper, outre qu'elles portaient en-
core l'effigie d'iturbide, étaient fort mal
exécutées, ;La faute principale provenait