Boekgegevens
Titel: Premières lectures françaises: Fransch leesboek voor de lagere klassen der hoogere burgerscholen enz.
Auteur: Herrig, Ludwig; Helderman, D.J.
Uitgave: Deventer: A. ter Gunne, 1871
Auteursrechten: Zie auteursrechten
Citeerinstructie: Bijzondere Collecties van de Universiteit van Amsterdam, UBM: NO 09-353
URL: https://schoolmuseum.uba.uva.nl/bookid/LCSM_200765
Onderwerp: Taal- en letterkunde naar afzonderlijke talen: Franse taalkunde
Trefwoord: Leesvaardigheid, Frans, Leermiddelen (vorm)
Bekijk als:      
Scan: Afbeeldinggrootte:
   Premières lectures françaises: Fransch leesboek voor de lagere klassen der hoogere burgerscholen enz.
Vorige scan Volgende scanScanned page
— 180 —
Vallée. L'élévation du plus grand nombre
des maisons est uniforme. Elles sont en
général hautes de deux étages, chargées
d'ornements, et garnies d'un double rang
de balcons d'un travail exquis, soit en fer
peint ou doré, soit en cuivre. Au rez-de-
chaussée, comme à chacun des deux étages,-
les appartements ont d'ordinaire de quinze
à viugt pieds de haut. Ou entre par uue
large porte cochère toute couverte de cise- '
lures et d'ornements de métal, qui ouvre
sur un portail souvent élevé de trente pieds.
Ce portail mène dans une cour que les
divers corps de bâtiments environnent, qui
est remplie d'arbres et de fleurs produisant
un délicieux effet, et qui, au niveau de
chaque étage a une galerie élégante où
l'on peut se promener sans craindre ni le
soleil ni ia pluie. Le rez-de-chaussée est
habituellement occupé par le concierge et
par les autres domestiques ; le premier se
loue quelquefois ; mais le second, qui est
l'appartement principal, est habité par les
ïropriétaires eux-mêmes , qui ont un esca-
ier séparé en pierres de taille et d'une
grande magnificence. Rien n'est plus en
harmonie que ces hôtels avec le délicieux
climat d'un pays où tout changement de
température est presque inconnu, où règne
un éternel printemps, où Ton ignore ce que
c'est qxi'uue cheminée, et où il n'est 'pas
même nécessaire d'avoir des carreaux de
vitres aux fenêtres , pour empêcher que la
fraîcheur de la nuit ne pénètre dans les
chambres' à coucher. Les deux seules cho-
ses nécessaires sont un toit assez solide
pour résister aux grosses pluies qui tombent
à certaines époques , et de hauts appar-
tements pour permettre que l'air circule en
pleine liberté. Or, rieu à coup sûr ne
pouvait mieux avoir ce double résultat que
le style d'architecture introduit au Mexique
par les Espagnols.
Les façades des hôtels sont en général
peintes à la détrempe, en blanc, en cramoisi,
en brun, ou en vert clair , et offrent un
charmant coup d'oeil. La sécheresse de l'at-
mosphère est telle que la couleur se conserve
fraîche pendant plusieurs années. Beaucoup
de ces façades portent en outre des inscrip-
tions tirées de l'Écriture sainte ou des stan-
ces adressées soit'au Sauveur des hommes,
soit à la divine mère.
Il y en a d'autres qui sont entièrement
couvertes de porcelaine 'vernie, dont les
divers carreaux sont symétriquement assem-
blés ou même représentent des scènes en-
tières, Les murs des grands escaliers sont
aussi fréquemment ornés de la même ma-
nière , et c'est une remarque qui peut en-
core s'appliquer à ceux de plusieurs églises.
Toute cette porcelaine a , sans doute été
fabriquée en Hollande et dans les Pays-
Bas, du temps que ces pays dépendaient
de l'Espagne.
Les toits de toutes les maisons ou du
moins du plus grand nombre, sont plats,
construits en briques, et généralement cou-
ronnés de fleurs. Ces terrasses, ou plutôt
ces jardins suspendus permettent aux ha-
bitants de passer d'une manière délicieuse
les belles soirées ; car tandis qu'ils ont
sous les yeux une vue magnifique, l'air
frais qu'ils respirent est d'autant plus pur
qu'aucune fumée ne le souille jamais.
Grâce à cette espèce d'ornement, Mexico,
vu d'une certaine hauteur, présente uu as-
pect beaucoup plus beau qu'aucune des
villes de l'Europe, où des toits biscornus
en tuiles rouges et d'affreux tuyaux de
cheminée dominent partout.
Mais si telle est à l'extérieur la merveil-
leuse somptuosité de la capitale du Mexique,
on ne peut dire qu'intérieurement les ameu-
blements- et^ les décors de la plupart des
maisous répondent à leur splendide appa-
rence. La fermeture des mines, l'expulsion
des riches familles espagnoles, et quinze
années de révolutions, avec tous les maux
qui accompagnent nécessairement la guerre
civile, ont amené de tristes changements
dans les fortunes des particuliers et dans
l'état général du pays. Or, toutes ces ca-
lamités, c'est la capitale qui les a le plus
affreusement senties. La vaisselle d'or, les
escaliers, les superbes .candélabres et les
autres meubles d'argent massif, les bordures
de même métal qui entouraient les glaces
et les tableaux , tout a successivement pris
ie chemin de la Monnaie, et sous la forme
de dollars circule maintenant à travers
l'Europe et l'Asie. Des familles, dont les
revenus annuels s'élevaient jadis à plusieurs
millions, peuvent à peine subsister aujourd'-
hui dans ia plus profonde misère.
La Plaza-Major ou grande place de Me-
xico est une des plus belles qu'on puisse
voir. Le côt_e oriental est occupé par la
cathédrale et par le Segragiro, c'est-à-dire
par l'église de la paroisse; celui du nord
par le splendide palais du vice-roi, devenu
l'hôtel du gouvernement; celui du sud par
une belle ligne de maisons , au centre des-
quelles on remarque le palais construit par
Coitez et mainîenant appelé Casa de
Stada ; enfin celui de l'ouest par uue rangée