Boekgegevens
Titel: Premières lectures françaises: Fransch leesboek voor de lagere klassen der hoogere burgerscholen enz.
Auteur: Herrig, Ludwig; Helderman, D.J.
Uitgave: Deventer: A. ter Gunne, 1871
Auteursrechten: Zie auteursrechten
Citeerinstructie: Bijzondere Collecties van de Universiteit van Amsterdam, UBM: NO 09-353
URL: https://schoolmuseum.uba.uva.nl/bookid/LCSM_200765
Onderwerp: Taal- en letterkunde naar afzonderlijke talen: Franse taalkunde
Trefwoord: Leesvaardigheid, Frans, Leermiddelen (vorm)
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   Premières lectures françaises: Fransch leesboek voor de lagere klassen der hoogere burgerscholen enz.
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tère. C'est que la combustion de cette lave
n'est plus assez ardente ou que le phénomène
ne devient apparent que la nuit.
Maintenant que nous nous sommes oc-
cupés de ce qui est à nos pieds, levons les
yeux vers la pyramide du cratère. Cette
pyramide ressemble à un énorme tas de
coke, seulement sa couleur est d'un gris
)lus foncé. Ce n'est pourtant pas tout-à-
ait celle du charbon de terre, ni surtout
son reflet luisant. Les détritus volcaniques
qui la composent sont entassés grossièrement
les uns au-dessus des autres , de manière à
laisser des creux où l'air pénètre. C'est à
cette disposition que la pyramide doit sa
sonorité alors que les matières lancées par
le cratère pleuvent à sa surface. Ces ma-
tières arrivaient quelquefois en roulant jus-
qu'à nous. On les évite aisément; car, ar-
rêtées en chemin à tout instant par leur
viscosité, elles laissent derrière elles une
traînée de feu qui en diminue et ralentit
la masse. Jamais elles ne sont venues
d'emblée de notre côté. Pour franchir
d'un seul bond la pyramide, il eût fallu
qu'elles décrivissent dans l'air une parabole,
que leur projection verticale rendait im-
possible.
Chaque éruption du volcan faisait vibrer
notre plancher de lave. Au moment des
plus fortes détonations, je sentais des os-
cillations véritables. Ces phénomènes étaient
produits par l'ébranlement de l'air et la
conductibilité du sol. 11 me sembla aussi
plusieurs fois même en l'absence de l'érup-
tion, entendre une sorte de mugissement
souterrain. Ayant recouvert de mon mou-
choir un endroit refroidi de la lave, j'y
appliquai l'oreille. D'abord, il me fut im-
possible de rien distinguer. J'étais comme
assourdi par le frétillement des couches
voisines en ébullition. Mais bientôt , con-
centrant toute mon attention, j'entendis par
intervalles , dans la profondeur du volcan ,
une sorte de clapotement humide, de gar-
gouillement tumultueux, qui indiquaient des
déplacements de gaz et de matières liquides.
Quel est le principe igné qui produit et
entretient ces immenses fournaises? L'opi-
nion généralement admise aujourd'hui que
le noyau de la terre est incandescent , et
que les mntérinux sont à l'état pâteux ou
liquide , permet d'envisager les volcans
comme étant en communication avec les
feux souterrains. L'orifice de leur cratère
ne serait donc qu'une fente , pour ainsi dire
qu'une fêlure du globe, 11 est probable
aussi que la vaporisation des eaux qui affluent
au sein de ces montagnes embrasées joue
un grand rôlé dans le phénomène de
l'éruption. Remarquez en eflet que les
principaux volcans, tels que l'Etna, le Vé-
suve , l'Hécla et toute la batterie volcanique
des Cordillères, sont situés sur le bord de
la mer, et que souvent celle-ci prend ma-
nifestement part à leurs cataclysmes.
Je quittai le Vésuve à neuf heures du
matin. J'étais de retour à Naples à midi.
149. LE MEXIQUE.
La ville de Mexico est située au milieu
d'un vaste marais. Nous la traversâmes
sur une mauvaise chaussée, et uotre éton-
nement s'accrut à chaque pas, car l'antique
et impériale cité dont nous approchions ne
présente à l'extérieur que l'aspect le plus
mesquin. Puis, à l'entour régnaient un si-
lence mortel et une affreuse solitude. Je
me demandais à moi-même si c'était réel-
lement la splendide capitale du Mexique
où j'allais entrer, et si elle valait la peine
que, pour la connaître, j'eusse quitté mon
pays et mes plus chères habitudes, encouru
des privations de tout genre et franchi une
moitié du monde. Bientôt nous arrivâmes
aux barrières, et passant à travers le cordon
de troupes qui entourait la ville, nous en-
trâmes dans les faubourgs qui étaient laids
et saies. On n'y voyait que des gens cou-
verts de bâillons ou enveloppés dans un
simple drap. J'étais si désappointé, que
,'hésitais de plus en plus à me croire dans
a capitale du Mexique, ce grand marché
des métaux précieux, cette source principale
d'où ils se répandent dans toutes les par-
ties du monde habité.
Cependant, quelques minutes encore, et
quand j'eus pénétré dans la ville proprement
dite, toutes les descriptions que j'avais pu
lire, tous les récits que j'avais pu entendre
de la régularité et de la largeur des rues,
de la grandeur et de l'élégance des églises
et des maisons, me semblèrent alors, je l'a-
voue, inférieurs à la réalité; alors en un
instant j'oubliai ennuis et fatigues; je m'en
crus cent fois trop payé par le magnifique
spcclacle qui s'offrait à mes regards stupé-
faits.
Les rues en effet, dont j'avais craint
qu'on ne m'eût à plaisir exagéré la beauté,
ont presque toutes deux milles de longueur.
Elles sont parfaitement droites, parfaitement
unies, et chacune de leurs extrémités laisse
apercevoir les montagnes qui entourent/la
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