Boekgegevens
Titel: Premières lectures françaises: Fransch leesboek voor de lagere klassen der hoogere burgerscholen enz.
Auteur: Herrig, Ludwig; Helderman, D.J.
Uitgave: Deventer: A. ter Gunne, 1871
Auteursrechten: Zie auteursrechten
Citeerinstructie: Bijzondere Collecties van de Universiteit van Amsterdam, UBM: NO 09-353
URL: https://schoolmuseum.uba.uva.nl/bookid/LCSM_200765
Onderwerp: Taal- en letterkunde naar afzonderlijke talen: Franse taalkunde
Trefwoord: Leesvaardigheid, Frans, Leermiddelen (vorm)
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   Premières lectures françaises: Fransch leesboek voor de lagere klassen der hoogere burgerscholen enz.
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cendre dans le cratère, 11 n'y a pas de
chemin tracé. Les parois du cratère me
rappelaient assez ces grandes falaises qui
bordent le rivage de certaines côtes , ex-
cepté qu'au lieu d'être taillées à pic , elles
représentent un plan incliné dont la surface
est inégalement onduleuse. La pente est
trop rapide pour qu'on puisse suivre nue
ligne directe. île marchais donc en biai-
sant, tantôt à droite, tantôt a gauche, re-
venant souvent sur mes pas, en un mot
obéissant à tous les caprices du terrain. Le
guide allait devant moi , sondant avec son
bâton les endroits suspects. On ne peut
pas se traîner sur les genoux, ni se cram-
ponner avec les mains, car le sol n'est formé
que de cendres et de roches brûlantes. Ces
roches sont de nature sulfureuse. Elles
offrent , suivant leur degré plus ou moins
avancé de combustion, toutes les nuances
possibles de couleur, depuis le jaune safrané
jusqu'au jaune de paille.
On rencontre à chaque pas des fumaroles.
Ce sont autant de bouches de vapeur dont
les émanations, semblables à celle du soufre
qui brûle, provoquent la toux et oppressent.
La température de ces fumaroles est d'en-
viron 60 degrés. Quand on plonge le
thermomètre dans les points d'où la fumée
s'échappe , le, mercure monte rapidement
jusqu'à 90 à 95 degrés. 11 faut retirer l'in-
strument, de peur que le tube n'éclate.
La différence de sonorité des parois du
cratère indique que leur épaisseur n'est
pas la même partout. Ayant enfoncé mon
bâton dans un endroit où le sol était le
plus retentissant, il s'échappa un jet de
vapeur avec un sifflement aigu, comme si
j'eusse ouvert une soupape. Le guide me
prévint de ne pas répéter ces expériences,
qui auraient pu déterminer un affaissement
ou un éboulement partiel. J'arrive ainsi
non sans peine jusqu'au fond du cratère.
11 est six heures. Nous avions mis près
de quarante minutes à descendre. Pour bien
comprendre l'endroit où je pose actuellement
le pied, qu'on se figure un cirque, et au
milieu de l'arênc une pyramide. Il règne
un espace libre entre la base de la pyramide
et les premiers gradins du cirque. Or ,
c'est dans cet espace que me voici parvenu.
La cheminée du cratère représente la py-
ramide de l'arênc, et le pourtour des parois
les gradins du cirque. La largeur de cet
espace est d'environ trois mètres. Son
plancher, qu'on me pardonne l'expression, est
uni et légèrement granuleux comme Tasphalle
d'un trottoir. Et, en effet, ce n'est autre
chose qu'une couche de lave refroidie. Cette
lave a la solidité de la dalle. Erappez-la i
avec ie talon de la chaussure ou l'extrémité
ferrée d'un bâton, vous ne réussirez pas à i
l'entamer.
On ne peut circuler autour de la cheminée
du cratère, que dans un tiers de sa circon-
férence , car dans les deux autres tiers la
lave est en pleine ébullition. L'épaisseur i
de la couche refroidie est très peu consi-
dérable. 11 est facile de la mesurer par
les crevasses, dont l'écorce, d'un gris plombé,
tranche sur l'éclat de la lave incandescente.
Cette épaisseur n'est pas partout la même.
Elle va en diminuant, à mesure qu'on s'ap-
proche de la lave non solidifiée qui com-
plète la ceinture de la pyramidè du volcan.
On est averti qu'on arrive sur un plancher
plus mince, par un petit craquement pareil
à celui qu'on produit en marchant sur de
la neige qui commence à fondre. L'idée
ne me vint point qu'il y avait à craindre
de disparaître englouti dans la lave, comme
dans un lac dont la glace se briserait. Les
matières volcaniques en fusion n'ont point
ici la fluidité de l'eau. Une pierre jetée
au milieu, reste à la surface. C'est même
à peine si , appuyant avec effort sur mon
baton ferré, je le faisais pénétrer au-delà
de quelques centimètres. La consistance
de cette lave se rapproche de celle de la
terre glaise.
La chaleur de l'atmosphère que je re-
spirais n'était pas aussi forte qu'on pourrait
peut-être le supposer. Mon thermomètre
tenu à la hauteur de la ceinture, ne mar-
quait que trente-sept degrés. C'est que la
lave , dans les endroits même les plus ar-
dents , est recouverte d'une pellicu e solide
qui s'oppose au rayonnement direct du ca-
lorique. On évite de se tenir sur les cre-
vasses , car il s'en échappe une vapeur brû-
lante dont l'odeur toutefois est moins sul-
fureuse que celle des fumaroles du volcan.
Notre plancher étant très-mauvais conduc-
teur de la chaleur , sa surface offrait une
température supj)ortablc. Cependant j'avais
soin de me tenir debout sur des morceaux
de lave refroidie, que la prévoyance des
guides a échelonnés de distance en distance.
Le bruit produit par la combustion de la
lave est parfaitement celui du brasier d'une
forge qu'on active avec le soufflet. C'est
uu frétillement assourdissant. 11 n'y a point
d'émission d'étincelles. Je n'ai pas i-emarqué
non plus , même au fond des crevasses, ce
dégagement de flammes que je crois avoir
vues très-distinctement à la bouche du era-