Boekgegevens
Titel: Premières lectures françaises: Fransch leesboek voor de lagere klassen der hoogere burgerscholen enz.
Auteur: Herrig, Ludwig; Helderman, D.J.
Uitgave: Deventer: A. ter Gunne, 1871
Auteursrechten: Zie auteursrechten
Citeerinstructie: Bijzondere Collecties van de Universiteit van Amsterdam, UBM: NO 09-353
URL: https://schoolmuseum.uba.uva.nl/bookid/LCSM_200765
Onderwerp: Taal- en letterkunde naar afzonderlijke talen: Franse taalkunde
Trefwoord: Leesvaardigheid, Frans, Leermiddelen (vorm)
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   Premières lectures françaises: Fransch leesboek voor de lagere klassen der hoogere burgerscholen enz.
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se continue insensiblement avec les parois
de rinfundibulum. Ces parois aboutissent
à une étroite enceinte, qu'elles circonscrivent.
Au centre est la bouche du cratère. Celle-
ci n'occupe pas la partie la plus déclive
de l'excavation, mais au contraire le sommet
tronqué d'un cône qui se dresse comme
une île au milieu de la lave, et dont la
formation est facile à comprendre. Sup-
posons une surface plane percée d'un trou.
Des pierres sortent de ce trou par jets
alternatifs et retombant les unes dans le
trou , les autres autour. Ces dernières,
s'entassant graduellement , finissent par
figurer un cône ou pyramide , ,dont le con-
duit central se continue avec le trou d'é-
mission. Vous diriez presque d'un tuyau
de cheminée. Telle est sur une plus grande
échelle, la manière dont se forme et s'ac-
croît la pyramide du volcan. En effet, le
sommet de cette pyramide vomit des ma-
tières incandescentes. Ces matières retombent
les unes perpendiculairement dans la bouche
du cratère, les autres sur son pourtour ,
d'autres enfin roulent jusqu'à la base ou
bondissent , en se brisânt , sur les arêtes
de la pyramide. A mesure qu'elles se
refroidissent, elles passent par diverses nuan-
ces de coloration, dont on n'apprécie bien
la teinte que pendant la nuit. Ces éruptions
se succèdent toutes les huit ou dix secondes.
Elles sont précédées d'un murmure profond,
et la bouche du volcan paraît embrasée.
Puis on entend une explosion pareille à
un coup de pistolet, à un coup de canon
ou même au roulement de la foudre. C'est
la lave qui jaillit. La hauteur du jet dé-
passe rarement trente ou quarante pieds.
Court moment de silence; puis un pétille-
ment sec , à grains nombreux et gros ,
indique que la lave retombe en pluie sur la
pyramide.
La quantité et le volume des matières
lancées ainsi par chaque éruption sont très-
variables. Tantôt il n'y a que quelques
scories de la grosseur du poing ; d'autres
fois , des fragments de roche fondue en
nombre considérable. Par quel mécanisme
s'opère le jaillissement de la lave? Voici
comment j'ai cru pouvoir l'expliquer.
Quand on fait bouillir de la poix ou toute
autre substance résineuse sur un foyer ar-
dent , de grosses cloches se forment à la
surface de la liqueur, crèvent et projettent
des éelaboussures. Même bouillonnement
dans le cratère et mêmes effets physiques.
Ln vaj)eur formée au centre du brasier
s'engouffre dans la pyramide, soulève par
sa force expansive la lave dont la viscosité
résiste , puis , par une brusque explosion,
s'élance, oalayant tout ce qui se trouve de-
vant elle. L'éruption est immédiatement
suivie d'un abaissement du niveau de la lave .
restée dans le cratère. Mais déjà un nou-
veau flot de vapeur détermine une nouvelle
ascension. C'est cette succession de flux et
de reflux dans l'intérieur du cratère par le
>assage alternatif de la vapeur qui constitue
'intermittence du jet. Sa direction verti-
cale lui est communiquée par celle du couloir
qu'il parcourt en sortant.
La bouche du cratère n'a pas plus de
deux mètres de diamètre. 11 arrive très-
rarement que la lave monte jusque près de
ses bords. Vous êtes averti par un rayon-
nement plus éclatant du foyer que le niveau
s'élève, mais presque toujours l'éruption
s'est faite avant que la lave soit à la portée
de la vue. Cependant, je l'ai aperçue
très-distinctement à trois ou quatre reprises
différentes. C'est une lame d'un rouge
cerise à surface inégale et âpre, qui répand
une lumière éblouissante. Sont-ce là de
véritables flammes? Je répondrais hardiment
par l'affirmative si je ne savais combien à
cet égard la divergence d'opinion des géo-
logues doit m'inspirer de circonspection. 11
est certain qu'au-dessus de la lave du cra-
tère on aperçoit une lueur, qui scintille
comme la flamme d'un punch prêt à s'é-
teindre. C'est le même reflet bleuâtre
nuancé de rouge. Cette lueur m'a bien
évidemment semblé être autre chose qu'une
simple irradiation des matières embrasées.
Je pense donc, avec M Pilla, qu'il y a
dégagement de flammes. Du reste ces flam-
mes de volcans avaient été signalées dès
1804 par M. Bory de St. Vincent, qui les
compare à celles de l'esprit de vin. On voit
sur le côté méridional du volcan l'orifice
encore béant de la crevasse de la dernière
éruption. Tels sont les objets que du haut
du cratère, comme d'un observatoire, je
ne pouvais me lasser de contempler. Le
vent était toujours humide et froid. Il nous
garantissait de la trop grande chaleur du
sol ; mais de temps en temps, nous nous
trouvions enveloppés dans des tourbillons de
fumée d'une odeur de soufre et de chlore.
11 nous fallait nous cacher le visage dans
nos mouchoirs, en restant le plus long-
temps possible sons respirer. Pendant ces
bourrasques, le thermomètre montait de 8
à ]0 degrés.
Je ne suis encore qu'à la moitié de mes
explorations. 11 s'agit maintenant de des-
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