Boekgegevens
Titel: Premières lectures françaises: Fransch leesboek voor de lagere klassen der hoogere burgerscholen enz.
Auteur: Herrig, Ludwig; Helderman, D.J.
Uitgave: Deventer: A. ter Gunne, 1871
Auteursrechten: Zie auteursrechten
Citeerinstructie: Bijzondere Collecties van de Universiteit van Amsterdam, UBM: NO 09-353
URL: https://schoolmuseum.uba.uva.nl/bookid/LCSM_200765
Onderwerp: Taal- en letterkunde naar afzonderlijke talen: Franse taalkunde
Trefwoord: Leesvaardigheid, Frans, Leermiddelen (vorm)
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   Premières lectures françaises: Fransch leesboek voor de lagere klassen der hoogere burgerscholen enz.
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et de François 1er contre les libertés de la
cité. La ville devint bientôt le rendez-vous
d'un grand nombre de patriotes, qui for-
mèrent une sorte d'armée avec laquelle les
Marseillais chassèrent les Suisses d'Arles et
démolirent l'enceinte d'Aix , malgré la pré-
sence du général Witgenstein. Ce fut dans
ses murs , au milieu d'un banquet qui pré-
céda le départ de Barbaroux pour Paris à
Ja tête du bataillon marseillais , que Mir-
cœur, député du club de Montpellier, fit
entendre pour la première ' fois l'hymne
célèbre qui conduisit si souvent nos armées
à la victoire. Le lendemain de ce banquet,
l'œuvre inspirée de Rouget de l'Isle parut
dans un journal, sous le titre de Chant de
guerre aux armées des frontières , sur Tair
de Sargaires.
Les conséquences de l'expéditçn d'Egypte
et les guerres de l'Empire ne furent pas
favorables au commerce de Marseille. Avec
la paix , sa prospérité renionta promptement
à son ancien niveau , et la conquête de l'Al-
gérie la fit tout à coup chasser des limites
qu'elle avait atteintes aux siècles précédents.
Le commerce marseillais , comme s'il eût
prévu les grands avantages qu'il retirerait'
de cette expédition , y contribua très-large-
ment et fournit à la marine royale des ap-
provisionnements, 357 navires de transport
et 125 bateaux armés pour le débarquement
des troupes. Marseille, qui avait 96,000
habitants en 1811, en comptait 115,000 en
1827, 146,000 en 1836, et 18S,000 en 1846.
Aujourd'hui elle en a 195,138 (300,000).
Le port de Marseille est le plus beau de
la Méditerranée, sans contredit, et le plus
fréquenté. S'il y a encore des Turcs
quelque part, portant des turbans et des
pelisses , vous les trouverez là , avec leur
physionomie honnête et douce , leur gravité
un peu nonchalante. A côté d'eu<, voici
les Grecs, leurs irréconciliables ennemis.
Après les Turcs et les Grecs vient toute
une population de Levantins et d'Africains,
dont les costumes sont plus ou moins vul-
garisés par des pièces empruntées aux vête-
ments européens; des Arméniens, de vigou-
reux matelots de Tunis , au cuir bronzé ,
aux formes nerveuses, des nègres de toutes
nuances.
Les députés des autres nations à ce grand
congrès commercial et maritime sont moins
faciles à reconnaître.
144. LA DANSE DES PROVENÇAUX.
Les Provençaux sont passionnés pour les
fêtes et les danses ; parmi ces dernières ,
la plus ancienne et celle qu'ils préfèrent est
la falandoulo, que nous appelons la faran-
dole.
La bruyante falandoulo, expression la
plus vive de la gaieté provençale , n'est
autre chose qu'une longue chaîne formée
spontanément de personnes de tout âge et
des deux sexes dans les réunions qui ont
lieu sur les places publiques à l'occasion
d'une réjouissance ou d'un événement heu-
reux. Celui qui est placé en tête de la
chaîne, la conduit en lui faisant faire beau-
coup de détcmrs. Souvent il rejoint la
queue de la chaîne , et, faisant relever les
bras aux deux derniers , il passe dessous
en entraînant toute ia bande.-
L'habileté du conducteur consiste à être
toujours en mouvement, à faire des retours
brusques et à passer dans des endroits dif-
ficiles, comme s'il cherchait à vouloir rompre
la chaîne, tandis que ceux qui la forment,
liés entre eux par des mouchoirs qui en-
vironnent leurs mains , et forcés de suivre
le conducteur, doivent faire tous leurs efforts
pour ne pas être séparés.
La falandoulo a été apporté par les
Ptiocécns à Marseille, et de cette ville elle
s'est répandue non seulement dans toute la
Provence, mais encore sur toutes les côtes
où les Marseillais avaient fondé des établis-
sements, notamment danS la Catalogne. La
même danse est encore en usage dans tou-
tes les îles de l'Archipel. Le mot falan-
doulo est tout grec : il dérive de yicAayl" ,
qui se prononce phalanx , et de , es-
clave , assujetti ; il signifie donc . phalange
ou troupe composée d'individus liés les uns
aux autres , c'est à dire formant une chaîne
indissoluble.
La falandoulo se danse au son du tam-
bourin et du galoubet, qui sont aussi des
instruments de musique d'origine grecque.
Cette danse est usitée dans toute la Pro-
vence et à toutes les époques de l'année ,
principalement les derniers jours du carna-
val , aux moissons et aux vendanges ; c'est
le divertissement obligé de toutes les fêtes
et de toutes les réjouissances publiques.
i^Malte-Bruu.)