Boekgegevens
Titel: Premières lectures françaises: Fransch leesboek voor de lagere klassen der hoogere burgerscholen enz.
Auteur: Herrig, Ludwig; Helderman, D.J.
Uitgave: Deventer: A. ter Gunne, 1871
Auteursrechten: Zie auteursrechten
Citeerinstructie: Bijzondere Collecties van de Universiteit van Amsterdam, UBM: NO 09-353
URL: https://schoolmuseum.uba.uva.nl/bookid/LCSM_200765
Onderwerp: Taal- en letterkunde naar afzonderlijke talen: Franse taalkunde
Trefwoord: Leesvaardigheid, Frans, Leermiddelen (vorm)
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   Premières lectures françaises: Fransch leesboek voor de lagere klassen der hoogere burgerscholen enz.
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ses séances dans un cimetière. A côté du
pouvoir législatif était établi le pouvoir exé-
cutif, composé du grand conseil où siégeaient
quatre-vingts bourgeois , trois docteurs en
droit et six chefs des métiers. Un podestat
annuel, choisi toujours parmi les étrangers,
et surtout parmi les Italiens, assisté d'un
viguier et de trois syndics , présidait cette
république. Au-dessous de lui se trouvaient
trois clavaires pu ,trésoriers, trois archivaires
ou conseillers d'Etat, six prud'hommes de
la guerre formant le conseil de l'amirauté,
et douze intendants chargés de la police des
six quartiers de la ville.
Avec la liberté revinrent le commerce et
l'industrie ; puis les croisades rouvrent aux
Marseillais le marché de l'Orient. Us éta-
blissent des comptoirs dans toute la terre
sainte, et les premiers ils envoient dans ces
comptoirs dQS consuls. Malheureusement
la liberté de la ville reçut de nouvelles
atteintes; en 124-2, Marseille se voit forcée
d'accorder des droits de suzeraineté à Ray-
mond Béranger, puis à Charles d'Anjou. Ce
dernier ne parvint à les conquérir qu'après
deux sièges (1252 , 1256) dans lesquels les
habitants se défendirent avec héroïsme, et
où leur adversaire déploya une cruauté
inouïe. Une fois vainqueur, il nomma les
membres du grand conseil; pourtant il laissa
au conseil municipal le droit de voter la
paix et la guerre et les impôts. Sous son
gouvernement et sous celui de ses succes-
seurs , la prospérité de Marseille alla en
décroissant. La ville, en prenant parti pour
la maison d'Anjou, s'attira la colère .d'Al-
phonse d'Aragon , qui l'assiégea et la prit
après une résistance opiniâtre (1423); elle fut
brûlée et incendiée par le vainqueur.
Néanaioins les ducs d'Anjou finirent par
récompenser les Marseillais de leur fidélité:
René fut surtout leur bienfaiteur, comme
il le fut de toutes les populations de la
Provence. 11 réiablit les libertés munici-
pales , ouvrit le port aiix navires de toutes
les nations, et créa des manufactures dont
les principales industries, les savonneries,
par exemple , subsistent encore aujourd'hui.
La réunion de Marseille à la Erance sous
Charles Vll^ fut fatale a sa liberté.
Erançois 1er fut reçu à Marseille en grande
pompe. Les habitants montrèrent un grand
dévouement à sa cause, et soutinrent contre
le connétable de Bourbon et les impériaux ,
en 1524, un siège que l'ennemi se vit forcé
d'abandonner au bout de trente-deux jours ,
devant la résistance héroïque de la popu-
lation.
Les guerres de religion furent funestes
à Marseille comme à presque toutes les
villes du royaume. Un bourgeois , Lamitte
Duriez , y exerça au nom de la Ligue une
autorité arbitraire et tyrannique, à ce point
que ses partisans eux-mêmes, se réunissant
contre lui, le firent condamner à mort et
exécuter. Néanmoins les persécutions n'en >
furent point ralenties. En 1594, le chef
des ligueurs, Charles Caraux, qui avait con-
centré dans ses mains et dans celles du vi-
guier, Louis d'Aix , un pouvoir dictatorial,
signa avec le duc de Savoie un traité inter-
disant dans la ville tout autre culte que le
culte catholique, et défendant d'y recevoir
d'autres troupes que celles du roi d'Espagne.
La trahison de Pierre Libertat rendit Mar-
seille à la Erance et au roi Henri IV , qui
le récompensa magnifiquement.
Marseille prit part aux troubles de la
Eronde. Elle en fut sévèrement punie.
Louis XIV avait décidé que les conseils et
les, officiers municipaux seraient tirés au
sort, ce qui parut justement absurde aux
habitants. 11 y eut des barricades comman-
dées par deux citoyens courap;eux , Gaspard
et son frère. Mais le roi l'emporta ; les
Mondes furent tenus d'aller à Versailles im-
plorer leur pardon et celui de la ville.
L'étiquette voulr.it qu'ils se missent à ge-
noux; on le leur cria deux fois: ils restèrent
debout. A son retour, il est vrai, Gaspard
Mondes fut forcé de se cacher pour éviter
les suites d'un mandat d'arrêt lancé contre
lui. Ce fut le dernier soupir des libertés
de Marseille.
En entrant définitivement dans la grande
unité française , Marseille vit accroître sa
prospérité , grâce au ge'nie de Colbert. Son
port devint port franc en 1G69 ; de deux
cents vaisseaux que possédaient d'abord les
armateurs et les u%ociants , ils allèrent
jusqu'à quinze cents. La ville fut assainie,
augmentée et embellie; le Cours, la Canne-
bière et les allées datent de cette époque.
Une calamité lamentable et qui ne s'efîa-
cera jamais de la mémoire des hommes vint
lout à coup fondre sur la cité; nous voulons
parler de la fameuse peste de 1720. De
90,000 hommes, la population tomba à 50,000.
Cette agonie dura treize mois (du 25 mai
1720 au mois d'août 1721)!
La Révolution trouva les Marseillais pré-
parés à l'enthousiasme. La prise de la
Bastille les enflamma surtout d'ardeur. Dans
la nuit du 17 au 20 avril 1790, ils s'empa-
rèrent des forts Saint-Jean et Nicolas, ces ba-
stilles élevées par la Monarchie de Louis XIV