Boekgegevens
Titel: Premières lectures françaises: Fransch leesboek voor de lagere klassen der hoogere burgerscholen enz.
Auteur: Herrig, Ludwig; Helderman, D.J.
Uitgave: Deventer: A. ter Gunne, 1871
Auteursrechten: Zie auteursrechten
Citeerinstructie: Bijzondere Collecties van de Universiteit van Amsterdam, UBM: NO 09-353
URL: https://schoolmuseum.uba.uva.nl/bookid/LCSM_200765
Onderwerp: Taal- en letterkunde naar afzonderlijke talen: Franse taalkunde
Trefwoord: Leesvaardigheid, Frans, Leermiddelen (vorm)
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villes avait reçu, il est vrai, d'éminents
services' de la seconde. Lorsque Home eut
été dévastée par Brennus, Marseille euvoya
aux Romains toiit l'argent de son trésor,
plus tard, quand Annibal traversa la Gaule,
les Marseillais avertirent les Romains de sa
marche, excitèrent la résistance des Cavares,
fournirent des vaisseaux pour la guerre," et
offrirent des secours après la bataille de
Cannes.
Rome se montra reconnaissante. A di-
verses reprises elle aida Massilia contre les
barbares, et enfin, lorsqu'elle forma dans
le midi de la Gaule conquise la province
de la Narbonnaise, elle épargna le territoire
de son alliée et lui laissa toute son indé-
pendance.
Malheureusement, cette amitié des deux
républiques reçut une fatale atteinte de la
chute de la liberté romaine. Marseille
ayant pris parti pour Pompée, César^ l'as-
siégea et parvint à s'en emparer après un
long siège où elle se défendit avec héroïsme.
11 lui laissa ses lois, mais il lui enleva, à
l'exception de Nice, toutes ses colonies, la
dépouilla de ses armes et de ses vaisseaux,
établit deux légions dans la citadelle et une
fiotte romaine dans le port deJoliette (Julii
statio), et fit porter à son tiiomphe la sta-
tue de Marseille vaincue. Ce spectacle
arrache à Cicéron une apostrophe éloquente
et indignée: »Nous avons vu, s'écrie-t-il,
comme le dernier exemple de la' décadence
de notre empire, porter dans un triomphe
l'image de Massilia, de cette cité sans le
secours de laquelle nos généraux n'auraient
jamais vaincu de l'autre côté des Alpes."
Toutefois, en perdant son indépendance,
Marseille garde le premier rang parmi les
cités commerciales. La culture des lettres
et des scienct^s la console de la ruine de sa
liberté en forçant ses vainqueurs à l'admirer.
Pille de la Grèce, elle conserve longtemps
encore dans ses écoles les grandes tradi-
tions de la mère patrie, et devient le
rendez-vous de tous les beaux esprits du
monde romain, accourant dans ses murs
pour éclairer leur intelligence aux derniers
rayonnements des arts et des lettres antiques.
Cicéron l'appelait l'Athènes des Gaules;
Pline, la maîtresse des éludes. Gallus, i'ami
de Virgile, Trogue Pompée, l'iliustre Agri-
cola, beaupère de Tacite, Pétrone, étudièrent
à Marseille. Elle vit naître des poètes, des
prosateurs, des grammairiens, des savants
célèbres et des professeurs éminents. Lucius
Plotius, qui le premier enseigna publique-
ment la rhétorique à Rome, Gniphon Valé-
rius, les médecins Démosthène, Charius et Cri-
nas, aussi recommandable par sa générosité
et par son p-itriotisme que par ses connais-
sances dans l'art d'ilippocrate et de Galien,
et qui donna dix millions de sesterces pour
réparer les murailles de la ville, étaient fils
de Marseille.
Puis vinrent la décadence du monde ro-
main , les persécutions des martyrs et l'éta-
blissement de la foi chrétienne dans les
Gaules» Victor, commandant des troupes
romaines dans la citadelle, fut le premier
qui confessa la foi nouvelle (vers 288) à
Marseille. L'empereur Maximien Hercule le
fit rfiettre à mort au milieu des plus cruels
tourments; les restes du saint et ceux de
trois de ses soldats qu'il avait convertis
furent pieusement recueillis par les fidèles
et déposés daus une grotte devenue depuis
le but de nombreux pèlerinages. Peu à
peu, néanmoins, le christianisme s'établit;
aux écoles de la lit térature et de l'art païen,
depuis longtemps déjà oubliées ou mourantes,
succèdent les ecoles chrétiennes où l'on en-
seigne la grammaire, les belles-lettres, la
théologie, la rhétorique.
Ce dernier souffle de civilisation fut étouffé
par les invasions successives des Visigoths,
des Burgondes, des Ostrogoths, des Erancs
et des Sarrassins (735). Charlemagne le
ranime un moment. Sous sa domination,
Marseille redevient une ville commerçante
et lettrée. Mais la féodalité fait de la cité
grecque, en 972, l'apanage d'un vicomte
franc. Marseille fut alors divisée en deux
parties la ville basse, cpmmerçante et in-
dustrielle, fut séparée par une muraille de
la ville haute, habitée par des pêcheurs.
La première était la ville vicomtale, la se-
conde la ville épiscopale, soumise à la juri-
diction de l'évêque. Cette misérable bour-
gade conserva seule des institutions quasi
républicaines: quatre prud'hommes, élus par
le peuple , étaient chargés de prononcer en
dernier ressort sur les différends qui pou-
vaient s'élever. Ce tribunal subsiste encore
aujourd'hui. En 1214, les Marseillais, qui
" n'avaient jamais subi qu'avec impatience le
joug féoda , dont ils tentèrent plus d'une
fois de s,e délivrer , virent leurs seigneurs
renoncer volontairement à leurs droits en
faveur de la cité.
A partir de 1214, Marseille s'administre
et se gouverne elle-même, comme au temps
de sa plus grande puissance. Les affaires
importantes de la ville étaient soumises à
■ un parlement formé de tous les citoyens
jouissant de leurs droits civils, et qui tenait