Boekgegevens
Titel: Premières lectures françaises: Fransch leesboek voor de lagere klassen der hoogere burgerscholen enz.
Auteur: Herrig, Ludwig; Helderman, D.J.
Uitgave: Deventer: A. ter Gunne, 1871
Auteursrechten: Zie auteursrechten
Citeerinstructie: Bijzondere Collecties van de Universiteit van Amsterdam, UBM: NO 09-353
URL: https://schoolmuseum.uba.uva.nl/bookid/LCSM_200765
Onderwerp: Taal- en letterkunde naar afzonderlijke talen: Franse taalkunde
Trefwoord: Leesvaardigheid, Frans, Leermiddelen (vorm)
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   Premières lectures françaises: Fransch leesboek voor de lagere klassen der hoogere burgerscholen enz.
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tantes de ce somptueux édifice , dont la
ruine remonte aux premiers temps du chris-
tianisme. En 446 , saint Hilaire fit enlever
les marbres qui le décoraient pour les em-
ployer dans les églises de la ville. 11 devint
au "Vile siècle une forteresse, comme l'am-
phithéâtre.
Comme toutes les villes romaines, Arles
avait son forum; mais les édifices qui formaient
son enceinte ont à peu près complètement
disparu. On ne peut guere citer aujourd'-
hui parmi les débris de ces édifices^que les
ruines du Palais de Constantin et celles
d'un Panthéon- Les premières se composent
de deux colonnes co ossales de granit, sur
la place des Hommes, qui ont été évidem-
ment restaurées dans es premiers temps
du christianisme; ~ d'une portion de salle
voûtée, à plein-cintre et à lunettes, formant
voûte d'arête ; — de la tour de la Trouille,
sur les bords du Ehône : cette tour commu-
niquait avec les constructions de la place
des Hommes. La tour de la Trouille n'a
conservé de sa décoration primitive que
quelques portions assez considérables de
corniches. Du reste, l'intérieur est dans un
tel état de délabrement et de saleté repous-
sante , que l'on ne doit s'y aventurer qu'en
marchant avec toutes sortes de précautions.
143. MAIISEILLE.
Eien de plus poétique que la légende de
la fondation de Marseille. Les Phocéens ,
frappés de l'admirable situation de la con-
trée , habitée par les Sigobriges députèrent
Protis, un des leurs, auprès du roi Naut ou
Nanus, pour contracter une alliance au nom
des deux peuples. Protis arriva au moment
où la fille du roi, Gyptis, était appelée à
choisir un époux. Selon la coutume des Si-
gobriges , la jeune fille devait porter un
vase plein d'eau à celui des assistants auquel
elle voulait accorder sa main. Gyptis, frappée
de l'aspect martial et de la bonne grâce de
l'étranger, s'arrêta devant lui et lui tendit
le vase en rougissant. Protis , devenu le
gendre de Naut, se fixa dans les pays avec
ses compagnons, et fonda une colonie qu'il
nomma Massalia (mas salia, demeure sa-
lieniie). Plus tard Massalia devint Massilia,
et enfin Marseille.
La nouvelle colonie fit des progrès ra-
pides. Cinq cent quarante-deux ans avant
Jésus-Christ, la conquête de l'ionie par
Harpagus accrut encore la population de
Marseille d'un grand nombre de proscrits
phocéens. ^ Dès cette époque elle prend
rang parmi les plus importantes cités com-
merciales du monde connu. Ses vaisseaux
visitèrent les ports de l'Asie Mineure, delà
Grèce et de l'Italie, pendant qu'elle intro-
duisait la culture du blé , de ia vigne et de
l'olivier dans ies campagnes voisines. Un
vaste port, le Lacydon , reçut les navires de
toutes les nations ; une enceinte fortifiée
protégea la colonie du côté des terres. Sa ma-
rine ne resta pas seulement l'insirument d'un
commerce actif et florissant f plus d'une fois
elle entra en lutte contre les flottes de Tyr,
de Rhodes, et de Carthage.
Mais les Grecs n'avaient pas seulement
apporté avec eux leur esprit commercial .
et industriel; l'Olympe d'Homère et d'Hé-
siode les avait suivis sur ces nouveaux
rivages. Les habitants de Massilia profes-
saient un culte particulier pour l'Apollon >
delphien et pour la Diane éphésienne, à qui
ils élevèrent un temple dans l'enceinte même
de la cidatelle.
Leur constitution politique paraît avoir
eu pour base une sorte d'aristocratie finan-
cière. Le peuple choisissait parmi les no-
tables citoyens , c'est-à-dire parmi les plus
riches et les plus considérés, six cents pères
de famille appelés timouques (revêtus d'hon-
neurs), pour en former un conseil souverain;
les timouques nommaient parmi eux quinze
administrateurs de la cité, et trois fonction-
naires dont les attributions se rapprochaient
de celles des consuls romains.
La civilisation de la colonie phocéenne,
et une civilisation très-avancée, fut contem-
poraine de son commerce et de son industrie.
On possède des monnaies marseillaises du
Ve sièle avant l'ère chrétienne, d'un remar-
quable travail, et des drachmes du IVe siècle
à l'effigie de Diane, où l'on trouve d'ad-
mirables beautés, même en les comparant
aux chefs-d'œuvre de Coriuthe et de Sy-
racuse.
Les navigateurs marseillais, après avoir
fondé dans les environs des colonies qui
devinrent bientôt florissantes , Nicsea (Nice),
Catharista (la Ciotat, la ville à la cithare).
Antipolis (Antibes), en établirent d'autres
sur les côtes d'Espagne et d'Italie, Dercinj
Roses, Ampuria, Elea, Monaco.
Presque toutes les rivales de Massilia
s'effacent peu à peu devant elle. Les armes
d'Alexandre, en ruinant Athènes et Tyr,
plus tard celles de Rome en détruisant Car-
thage, la rendent maîtresse sur toutes les
mers. Une étroite alliance, une amitié sin-
cère l'unit à Rome. La première de ces