Boekgegevens
Titel: Premières lectures françaises: Fransch leesboek voor de lagere klassen der hoogere burgerscholen enz.
Auteur: Herrig, Ludwig; Helderman, D.J.
Uitgave: Deventer: A. ter Gunne, 1871
Auteursrechten: Zie auteursrechten
Citeerinstructie: Bijzondere Collecties van de Universiteit van Amsterdam, UBM: NO 09-353
URL: https://schoolmuseum.uba.uva.nl/bookid/LCSM_200765
Onderwerp: Taal- en letterkunde naar afzonderlijke talen: Franse taalkunde
Trefwoord: Leesvaardigheid, Frans, Leermiddelen (vorm)
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   Premières lectures françaises: Fransch leesboek voor de lagere klassen der hoogere burgerscholen enz.
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naître Henri IV victorieux. A peine s'émeut-
elle des troubles de la Fronde; Louis XI 11,
venant ia visiter, est accueilli avec enthou-
siasme. Les consuls le reçoivent à genoux.
Louis XIV n'a pas besoin de faire deman-
der aux Arlésiens leurs canons, qu'il trans-
porte à iVIurseille pour armer le fort Saint-
Jean , construit dans le but de maîtriser
une population -moins docile. Avec les
canons, ils envoient 75,000 livres. En retour,
Louis XIV leur octroie une académie. La
docte société ne subsista pas longtemps, et
pendant sa courte existence se conduisit tou-
jours assez modestement pour n'être jamais
une occasion de scandale.
La révolution ne paraît pas avoir amené
de scènes sanglantes dans la ville d'Arles.
L'aspect d'Arles est d'une mélancolie
pleine de charme. Les souvenirs du passé
se dressent à chaque pas qu'on fait dans la
vieille cité, dont Tenceinte ébréchée entoure
une collection de ruines. L'empreinte de
Rome s'y est conservée plus visible qu'en
aucune autre cité française. Les maisons
délabrées de la ville moderne semblent elles-
mêmes pour la plupart n'être que des ruines.
Cà et là se rencontrent des débris de co-
lonnes, de sarcophages, de tronçons mutilés
de tous les âges et de tous les styles, con-
sacrés aujourd'hui aux plus indipes usages.
11 n'est pas rare de voir un chapiteau romain
encadré dans la grossière maçonnerie d'une
échoppe. Ce banc de pierre , à l'entrée
d'une masure, est un tombeau qui renferme
peut-être les cendres de quelque patricien
orgueilleux, d'un sénateur ou d'un général
illustre en son temps.
Mais de tous ces vestiges d'un glorieux
passé, le plus justement célèbre, est-il be-
soin de le dire? est lamphithéâtre, le frère
cadet du Colysée de la ville éternelle. Nul
ne sait aujourd'nui l'époque précise de la
fondation de cet admirable monument, qu'on
a fait tour à tour remonter à Jules César,
à Auguste ou à ses successeurs; uous n'hé-
sitons pas à penser qu'il dafe du plus beau
temps de l'architecture romaine, ' et qu'il a
dû etre construit pendant le siècle d'Auguste.
Cette opinion, que nous ne prétendons jus-
tifier par aucune preuve tirée de l'histoire ,
repose uniquement sur le beau style et la
remarquable exécution de l'édifice.
11 se compose dans son ensemble de deux
rangs de portiques à arcades superposés, le
premier dorique, le second corinthien ; ces
portiques, au nombre de soixante , sont à
jour et d'ine'gale grandeur , à cause de la
forme ovale de l'édifice , dont le plus grand
diamètre mesure environ 140 mètres , et le
plus petit 104. Il pouvait contenir environ
vingt quatre ou viugt-cinq n^iHe spectateurs.
On ignore si le dernier étage a jamais été
surmonté d'un attique, et, dans le cas con-
traire, quel a pu être l'amortissement.
Quatre portes donnaient accès dans l'in-
térieur. La principale, celle du nord , est
remarquable ■ par l'imposante simplicité du
style.
Pendant le moyen-âge , on éleva quatre
toup, sur les quatre portes de l'amphi-
théâtre transformé en forteresse, comme celui
de Nîmes et comme le théâtre d'Orange. 11
n'en reste plus que deux aujourd'hui; on
aurait tort de le démolir ; elles ajoutent à
l'aspect pittoresque et racontent les vicissi-
tudes du monument.
Malgré son état de délabrement, on peut
reconnaître encore aujourd'hui que l'intérieur
de l'amphithéâtre a pu avoir quarante trois
rangs de gradins. Mais la partie la plus
ancienne se compose de trois galeries circu-
laires pratiquées sous l'édifice et qui s'avan-
cent jusqu a l'arène. Les deux premières,
voûtées en plein-cintre, sont séparées par un
mur construit en moellons smillés; les autres
constructions souterraines offrent le même
appareil. La troisième galerie est séparée
des deux autres par des loges voûtées trans-
versalement.
L'imagination des arcjiéologues et des
érudits s'est exercée pendant longtemps sur
la nature des spectacles qui se donnaient
dans les arènes, au temps de la puissance
de Rome. On a parlé de combats de bêtes
féroces comme au Colysée ; mais le peu de
hauteur du podium (mur d'enceinte qui ser-
vait de barrière entre les spectateurs et
l'arène) ne permet plus d'admettre cette
supposition. 11 est à peu près généralement
accepté aujourd'hui que les spectacles de
l'amphithéâtre d'Arles se bornaient à des
chasses au sanglier , à des courses de tau-
reaux et à des combats de gladiateur». On
ne saurait admettre non plus que l'arène ait
jamais été transformée en naumachie , parce
que les constructions souterraines pratiquées
sous les gradins , et plus bas que le sol,
eussent été infailliblement inondées. i .
Les ruines du théâtre, dont on reporte la
fondation au siècle d'Auguste, mais qui fut à
peu près entièrement reconstruit par Con-
stantin, se trouvent à peu de distance et au
midi de l'Amphithéâtre. Ce n'est plus qu'un
asseuïblage de débris imposants, et il faut
explorer les maisons voisines pour recon-
naître et retrouver les traces encore exis-