Boekgegevens
Titel: Premières lectures françaises: Fransch leesboek voor de lagere klassen der hoogere burgerscholen enz.
Auteur: Herrig, Ludwig; Helderman, D.J.
Uitgave: Deventer: A. ter Gunne, 1871
Auteursrechten: Zie auteursrechten
Citeerinstructie: Bijzondere Collecties van de Universiteit van Amsterdam, UBM: NO 09-353
URL: https://schoolmuseum.uba.uva.nl/bookid/LCSM_200765
Onderwerp: Taal- en letterkunde naar afzonderlijke talen: Franse taalkunde
Trefwoord: Leesvaardigheid, Frans, Leermiddelen (vorm)
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   Premières lectures françaises: Fransch leesboek voor de lagere klassen der hoogere burgerscholen enz.
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~ 165 —
UO. ST.-CLOUD.
J'ai eu un grand plaisir hier. J'ai été
visiter ie cijâteau royai de St.-Cloud. Un
de mes amis de Paris eut la bonté de m y
conduire et de me servir de- cicérone.
St.-Cloud est à deux lieues de Paris. Le
roi n'était pas au château; nous entrâmes
dans ces magnifiques appartements , et je
ne pourrais pas t'eu décrire la somptuosité,
la grandeur, ni la belle vue dont on y jouit.
Dans le château même se trouve une galerie
de tableaux, oii l'on admire les chefs-d'œuvre
de grands maîtres;, il y a aussi une grande
chapelle. Les eaux devaient jouer ce jour-là;
en attendant nous parcourûmes le parc, il
est magnifique ; il y a un endroit d'où Ton
rperçoit très-bien Paris. A ce même endroit
se trouve un petit monument de forme par-
ticulière , appelé »la lanterne de Diogène."
Cependant les eaux allaient jouer, nous nous
rendîmes promptement devant le château,
et là je vis un spectacle dont je n'avais
nulle idée. L'eau commence à sortir en
petite quantité par une multitude de con-
duits de formes diverses. Bientôt toutes
sortes d'animaux qui sont autour des bassins,
deviennent des fontaines. L'eau s'échappe
écumante de la gueule des lions et des tigres,
et puis tout à coup elle bondit en frémis-
sant du haut de gradins très-élevés, et vient
tomber avec bruit dans le bassin ; à ce mo-
ment l'onde jaillit do toutes parts, se croise
en tous sens , en gerbes illumitiées par le
soleil. Ce coup d'œil est magnifique; mal-
heureusement ce beau spectacle finit trop vite
à mou gré. Les eaux de Versailles sont,
dit-on, beaucoup plus belles encore ; je tâ-
cherai d'aller les voir avant mon départ.
'141. NIMES.
J'ai été à Nîmes , et il faut que je vous
en entretienne. Le chemin d'ici à Nîmes
est plus diabolique mille fois, que celui des
diables à Ncvers et la rue d'Enfer, et tels
autres chemins réprouvés; mais la ville est
assurément aussi belle et aussi polie, comme
on dit ici, qu'il y en ait dans le royaume.
11 n'y a point de divertissements qui ne s'y
trouvent.
J'allai voir le feu de joie qu'un homme de
ma connaissance avait entrepris. Je trouvai
encore d'autres choses qui me plurent fort,
surtout les arènes.
C'est un grand amphithéâtre, un peu en
ovale, tout bâti de prodigieuses pierres,
longues de deux toises, qui se tiennent là
depuis plus de seize cents ans sans mortier
et par la seule pesanteur. 11 est tout ouvert
en dehors par de grandes arcades, et en
dedans ce ne sont autour que de grands
sièges , où tout le peuple s'asseyait pour
voir les combats des betes et des gladia-
teurs. Mais c'est assez vous parler de
Nîmes et de ses raretés ; peut-être même
trouverez-vous que j'en ai trop dit. Mais
de quoi voulez-vous que je vous entretienne?
De vous dire qu'il fait ici le plus beau
temps du monde ? vous ne vous en mettez
guère en peine. De vous dire qu'on doit
cette semaine créer des consuls? cela vous
touche fort peu. Cependant c'est une belle
chose de voir le compère Cardeur et le
nienuisier Gaillard, avec la robe rouge comme
un président, donner des arrêts , et aller
les premiers à l'offrande. Vous ne voyez
pas cela à Paris. (Racine.)
142, ARLES,
Le nom moderne d'Arles a deux étymo-
logies, l'une propre à satisfaire les goûts
des admirateurs exclusifs du latin, l'autre à
l'usage des savants versés dans la gram-
maire celtique. Suivant les premiers, il
vient d'Ara lata, et rappelle un vaste autel
consacré à Diane d'Ephèse ; il procède, sui-
vant les seconds, d'Ar laith (lieu humide),
parce qu'ils prétendent que le pays fut jadis
couvert par les eaux. A l'appui de cette
opinion, ils citent Pomponius Mêla. Pom-
ponius Mêla raconte en effet qu'Hercule,
revenant de l'ibérie après avoir enlevé les
vaches de Géryon , fut arrêté dans la plaine
d'Arles par deux géants fils de Neptune. 11
essaya vainement sur eux toutes ses flèches;
mais Jupiter vint au secours du héros, en
écrasant ses ennemis sous une pluie de
cailloux. De là l'origine de la plaine de la
Crau. J'en suis fâché pour la mémoire d'Her-
cule , mais , si la légende est vraie, il eût
mieux fait, dans l'intérêt du pays et de ses
habitants, de prendre une autre route.
Avant d'être romaine, Arles était grecque,
comme le prouvent encore quelques mots
restés dans l'idiome du pays , et surtout
l'admirable beauté de certains visages fémi-
nins , où les voyageurs et les artistes re-
trouvent avec Un étonnement plein rie charme
cette grâce et cette fierté de style qu'ils
ont vainement cherchées dans la Grèce
moderne.
La situation de cette ville, sur les bords