Boekgegevens
Titel: Premières lectures françaises: Fransch leesboek voor de lagere klassen der hoogere burgerscholen enz.
Auteur: Herrig, Ludwig; Helderman, D.J.
Uitgave: Deventer: A. ter Gunne, 1871
Auteursrechten: Zie auteursrechten
Citeerinstructie: Bijzondere Collecties van de Universiteit van Amsterdam, UBM: NO 09-353
URL: https://schoolmuseum.uba.uva.nl/bookid/LCSM_200765
Onderwerp: Taal- en letterkunde naar afzonderlijke talen: Franse taalkunde
Trefwoord: Leesvaardigheid, Frans, Leermiddelen (vorm)
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   Premières lectures françaises: Fransch leesboek voor de lagere klassen der hoogere burgerscholen enz.
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Le 15 octobre, les grandes armées se
rencontrèrent pour la première fois ; mais
ce n'étaient que de simples escarmouches
et des combats sans importance, où l'on
s'observait de part et d'autre, et où l'on
cherchait à reconnaître les positions et les
forces des troupes ennemies. Le 16 octobre
fut le premier jour de bataille meurtrier.
Il se livra, au sud de Leipzig, entre la
grande armée des alliés sous les ordres
du prince de Schwarzenberg, et Napoléon
en personne, plusieurs combats dont l'issue
resta douteuse. Au nord, le générai Blü-
cher battit trois divisions de l'armée fran-
çaise, leur tua beaucoup d'hommes, prit
trente canons, fit quatre mille prisonniers,
et repoussa l'ennemi à deux milles (alle-
mands) jusque dans les faubourgs de Leipzig.
Le 17 octobre, il y eut, comme par un ac-
cord unanime, un jour de repos; de même
que, au milieu de violentes tempêtes, il se
fait une pause, pendant laquelle les vents sem-
blent reprendre haleine, pour mieux souffler.
Ce jour, le prince royal de Suède et le
général Bennigsen rangèrent leurs armées
en ordre de bataille. Le 18 octobre fut
la journée la plus sanglante et la plus dé-
cisive ; elle fut témoin d'une bataille que
déploreront longtemps encore le» veuves
et les orphelins, et dönt la postérité la
plus reculée redira encore l'histoire avec
joie. Uu demi-million d'hommes armés
exaspérés les uns contre les autres, étaient
postes dans la plaine de Leipzig, et plus
de 1500 canons répandaient à l'eniour
l'effroi et la mort. Pendant cette bataille,
on eût dit que la terre allait s'abîmer, et
que le jugement dernier était proche.
Grâce à Dieu et à la bravoure des armées
alliées, le farouche tyran fut battu à plate
couture, et dans l'après-midi du 18 octobre,
son armée fuyait dans le désordre Je plus
complet. Le lendemain matin, le 19 oc-
tobre suivant, les alliés prirent d'assaut la
ville de Leip^ig, où l'ennemi, pour couvrir
sa retraite, avait jeté une forte garuison ,
culbutèrent plusieurs milliers de fuyards
français dans la Pleiss ou d'autres rivières,
firent 35,000 prisonniers, s'emparèrent de
plus de 3Ü0 canons, et poursuivirent l'enj
nemi sur plusieurs routes.
Bonaparte perdit, dans cette bataille,
presque toute son artillerie, un matériel de
guerre immense, et plus de 100,000 hommes
blessés, morts, prisonniers ou séparés du
gros de l'armée. En outre, il laissa der-
rière lui tous ses hôpitaux remplis, par les
batailles précédentes, de plusieurs milliers
de malades et de blessés qui périrent
presque tous. Dans sa longue fuite, de
Leipzig à Mayenee, les combats, la fatigue
et la faim lui enlevèrent presque la moitié
de sou armée; et des quatre cent mille
hommes qu'il avait rassemblés depuis le
dernier hiver , où sa puissance en Russie et
en Pologne avait été anéantie, il n'en resta
que 70,000 qui passèrent le Rhin ; encore
étaient-ils dans un état si déplorable, que la
moitié d'entre eux périt dans les hôpitaux.
134. LA PRISE DE PARIS, 1814.
11 y a, disait Eontenelle , des mots qui
hurlent de surprise et d'effroi de se trouver
unis ensemble; tels sont ceux qui forment
le titre de cc discours, — La prise de
Paris! Comment, pourquoi, par qui cette
capitale a-t-elle été prise ? Montesquieu
na-t-il pas fait l'observation que, par un
bonheur admirable, elle se trouvait située
de la manière la plus avantageuse pour sa
sûreté particulière et pour celle de la
France? N'avions-nous pas deux lignes de
places fortes, des montagnes inaccessibles
et la mer pour en déféhdre les approches ?
de braves, de nombreuses légions pour la
couvrir? Quelle puissance de l'Europe a
pu lever tant d'obstacles et se frayer un
chemin jusque dans les murs de Paris?
L'Europe eutière. Quelle cause a produit
un pareil effet ? La folle ambition d'un seul
homme.
C'est à l'histoire qu'il appartient de re-
chercher les crimes, de publier les fautes
qui ont amené uu si grand désastre ; de
dérouler, pour l'instruction des peuples et
des siècles, le tableau révoltant de la ty-
rannie qui a pesé douze ans sur la France,
et dont les excès déplorables étaient peut-
être nécessaires à l'accomplissement des •
seuls vœux que pussent former les cœurs
vraiment Fraisais; le rétablissement du
trône des lis,Wa restauration de la famille
d'Henri IV, et la garantie solennelle de
voir à l'ombre des lois refleurir la liberté
publique. Ma vie est trop avancée, mes
forces sont trop affaiblies pour que j'ose
entreprendre l'esquisse d'une aussi vaste
peinture ; j'assemble au hasard quelques
matériaux, des mains plus fermes, plus
habiles élèveront l'édifice.
J'ai beaucoup vécu, et j'ai, moins qu'un
autre, peut-être à me félîciter de cette fa-
veur. L'égoïsme, ce vice odieux dans la
jeunesse et dans l'âge mûr, a son excuse