Boekgegevens
Titel: Premières lectures françaises: Fransch leesboek voor de lagere klassen der hoogere burgerscholen enz.
Auteur: Herrig, Ludwig; Helderman, D.J.
Uitgave: Deventer: A. ter Gunne, 1871
Auteursrechten: Zie auteursrechten
Citeerinstructie: Bijzondere Collecties van de Universiteit van Amsterdam, UBM: NO 09-353
URL: https://schoolmuseum.uba.uva.nl/bookid/LCSM_200765
Onderwerp: Taal- en letterkunde naar afzonderlijke talen: Franse taalkunde
Trefwoord: Leesvaardigheid, Frans, Leermiddelen (vorm)
Bekijk als:      
Scan: Afbeeldinggrootte:
   Premières lectures françaises: Fransch leesboek voor de lagere klassen der hoogere burgerscholen enz.
Vorige scan Volgende scanScanned page
~ 151 —
de l'antique et populeuse Memphis. Le
costume magnifique, 1 éclat des armes, la
beauté des chevaux de la cavalerie des
Beys, contrastaient singulièrement avec
Tuniforme et l'armement sévère des batail-
lons français, dont le général se confond
avec eux par la simplicité. C'est Léonidas
luttant avec ses Spartiates contre la fas-
tueuse armée des Satrapes ; mais il n'y eut
pas de Thermopyles. Les J?yramides furent
heiireuses aux Français. »Soldats, s'écrie
Bonaparte, songez que, du haut de ces
monuments, quarante siècles vous contem-
plent."
Mourad-Bey appuie sa droite au Nil,
vers lequel il a construit à la hâte un camp
retranché, garni de quarante pièces de ca-
non, et défendu par une vingtaine de mille
hommes, Januissaires et Spahis; sa gauche,
qui se prolonge vers les Pyramides, com-
prend dix mi le Mamelucks servis chacun
par trois fellahs, et trois mille Arabes.
Bonaparte dispose son armée comiue à
Chébreiss, mais de manière à présflter
plus de feu aux ennemis. Desaix occupe
notre droite , Viale , notre gauche ; Dugua ,
le centre. La reconnaissance du camp re-
tranché nous apprend que son artillerie
n'est point sur affûts de campagne, et ne
pourra sortir, non plus que linfant.erie qui
n'oserait le faire sans canons. Aussitôt
Bonaparte ordonne un mouvement de toute
son armée sur sa droite, en passant hors
de la portée des pièces du camp: dès lors
l'artillerie et l'infanterie deviennent presque
inutiles à l'ennemi, et nous n'aurons affaire
qu'aux Mamelucks.
Né av.ec l'instinct de la guerre et doué
d'un coup d'œil pénétrant, Mourad sent
que le succès de la journée dépend de ce
mouvement, et qu'il faut l'empêcher à tout
prix. H part avec six à sept mille chevaux ,
et vient fondre sur la colonne du général
Desaix. Attaquée en marche, cette colonne
)arait ébranlée et même en désordre un
moment ; mais les carrés se forment et re-
loivent avec sang-froid la charge des Ma-
melucks dont la tête seule avait commencé
,e choc. Reyuier flanque notre gauche,
onaparte, qui se tenait daus le carré du
;énéral Uugua, avance aussitôt sur le gros
es Mamelucks et se place entre le Nil et
8,eynier, Les Mamelucks font des efforts
nouïs pour nous entamer ; ils périssent fou-
iroyés par le feu de nos carrés, comiïie
lous les murs d'autant de forteresses. Ces
•emparts vivants font croire à l'ennemi que
les soldats sont attachés les uns aux autres.
i;
Alors les plus braves acculent leurs che-
vaux contre les baïonnettes de nos grena-
diers , et les renversent sur eux ; ils suc-
combèrent tous. La masse tourne autour
de nos carrés en cherchant à pénétrer dans
les intervalles ; dès lors leur but est manqué :
au milieu de la mitraille et des boulets,
une partie rentre dans le camp ; Mourad ,
suivi de ses plus habiles officiers, se dirige
sur Gizeh, et se trouve ainsi séparé de sou
armée. Cependant la division Bon se porte
sur le camp retranché , tandis que le géné-
ral Rampon vole occuper une espèce de
défilé entre Gizeh et le camp où règne'la
plus horrible confusion. La cavalerie se
jette sur l'infanterie, qui, voyant la défaite
des Mamelucks, s'enfuit vers la gauche
d'Embabeh: un bon nombre parvient à se
sauver à la nage ou avec des bateaux, mais
beaucoup sont précipités dans le Nil par
le général Vial. Les autres divisions fran-
çaises gagnent du terrain; pris entre leur
feu et celui des carrés, les Mamelucks es-
saient de se faire jour, et tombent en dés-
espérés sur la pètite colonne du général
Rampon; tout leur courage échoue contre
ce nouvel obstacle : ils tournent bride, mais
un bataillon de carabiniers, devant lequel
ils sont obligés de passer à cinq pas, en
fait une effroyable boucherie; tout le reste
périt ou se noie. Mourad-Bey' n'emmène
dans sa retraite que deux mille cinq cents
Mamelucks sauvés comme lui du carnage.
Le camp des ennemis enlevé à la baïonnette,
les cinquante pièces de canon qui le défen-
daient, quatre cents chameaux, les vivres,
les trésors, les bagages de cette noble mi-
lice d'esclaves, rélite de la cavalerie de^
l'Orient, et la possession du Caire, furent
les trophées de la victoire d'Embabeh,
Bonaparte, qui connaissait toute la puis-
sance des anciens souvenirs et aspirait sans
cesse à semer sa vie de glorieuses compa-
raisons avec les grandes choses, voulut
donner à cette brillante journée le nom de
Bataille des Pyramides,
(Norvins).
132. INCENDIE DE MOSCOU,
Napoléon n'entra qu'avec la nuit dans
Moscou. Il s'arrêta daus une des premières
maisons du faubourg de Dorogomilow. Ce
fut là qu'il nomma le Maréchal Mortier
gouverneur de cette capitale. ^Surtout,"
lui dit-il, »point de pillage ! Vous m'en ré-
pondez sur votre tête. Défendez Moscou
envers et contre tous."