Boekgegevens
Titel: Premières lectures françaises: Fransch leesboek voor de lagere klassen der hoogere burgerscholen enz.
Auteur: Herrig, Ludwig; Helderman, D.J.
Uitgave: Deventer: A. ter Gunne, 1871
Auteursrechten: Zie auteursrechten
Citeerinstructie: Bijzondere Collecties van de Universiteit van Amsterdam, UBM: NO 09-353
URL: https://schoolmuseum.uba.uva.nl/bookid/LCSM_200765
Onderwerp: Taal- en letterkunde naar afzonderlijke talen: Franse taalkunde
Trefwoord: Leesvaardigheid, Frans, Leermiddelen (vorm)
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   Premières lectures françaises: Fransch leesboek voor de lagere klassen der hoogere burgerscholen enz.
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Ce fut Vauban que Colbert chargea de ce
soin, et il s'tn acquitta d'une façon digne
de son génie.
Du port de Toulon sortirent la plupart
des expéditions qui élevèrent si haut le
renom de notre marine sous Louis XIV.
Aussi les ennemis de la France essayàrcnt-
ils de s'en emparer (1707), en l'assiégeant
par mer et par terre. Le prince Eugène et
duc de Savoie commandaient l'armée de
terre, et l'amiral Cloudesly-Showel fermait
la mer avec une flotte anglo-batave de
quarante-six vaisseaux et de vingt-neuf
galiotes à bombes et brûlots. Cette tenta-
tive échoua devant l'énergique résistance des
jPrançais, et le siège fut levé le 22 août.
La Révolution compta à Toulon des par-
tisans et des adversaires également pas-
sionnés. On sait comment la ville fut livrée
aux Anglais par ces derniers; comment, elle
retomba au pouvoir des troupes de la Con-
rention. Bonaparte assura la prise de Toulon
m s'emparant du fort de l'Éguillette, malgré
es obstacles de toutes sortes qu'il rencontra
Jans l'état-major de l'armée.
En 1817, Toulon ne comptait que .'50,000
labitants, elle en a 77,000 aujourd'hui. La
îonquête de l'Algérie a beaucoup contribué
sa prospérité. Son port marchand voit
es navires chaque jour plus nombreux en-
ombrer son enceinte. De très-beaux tra-
aux ont été ajoutés sous le règne' de
jouis-Philippe à ceux qui faisaient déjà
e son port militaire un des plus beaux du
londe.
La ville est bâtie sur un terrain légè-
ment incliné vers la mer, au pied d'un
^deau de montagnes d'une puissante ossa-
ure. Elle est entourée de fortifications
onstruites par Vauban et complétées sous
Empire par des travaux qui en font, dit-
, une place imprenable.
Si l'on veut se donner la peine de gravir
le des collines auxquelles Toulon est ados-
ie, on jouira au sommet d'un admirable
pectacle. Aux pieds de la colline se dé-
oient la ville et l'arsenal, qui est une sc-
ande ville aussi étendue que la première,
evant la cité, le port militaire et le port
archand, le premier avec ses magnifiques
lisseaux de ligne, ses frégates élancées,
s noirs steamers et ses embarcations tou-
urs en mouvement, rayant l'azur de l'onde
leurs sillages argentés; le second avec
navires de toutes formes et de tous
odèles, dont l'allure négligée contraste
■ec Ifi parure sévère et élégante des na-
res de guerre. Plus loin la rade, presque
entièrement fermée par une presqu'île mon-
tagneuse. Au delà de la rade apparaît la
mer immense, infinie.
L'importance du port de Toulon date
seulement, ainsi que nous l'avons vu , de
Louis XIV. Dès 1658 , le roi ordonna de
creuser le port »avec telles machines qu'il
conviendrait aux consuls d'employer." Un
incendie qui, en 1679, dévora les construc-
tions de l'ancien arsenal, vint en aide au
projet du souverain , et la fondation de
l'arsenal actuel sur les dessins de Vauban
eut lieu immédiatement après cet heureux
sinistre.
On pénètre dans l'intérieur de l'arsenal
paL une porte monumentale , commencée en
1738.
Dès qu'on a franchi cette porte, on jouit
d'un magnifique spectacle. Une longue allée
pavée et bordée de platanes s'allonge sous
vos yeux jusqu'au JMagasin général. A droite
s'étend la ligne de la Corderie, longue de
370 mètres. Entre l'allée et la Corderie,
se trouve l'Atelier des forges. A gauche ,
les Bureaux de la direction des travaux,
surmontés du Clocher qui sonne les heures
de repos et de travail pour les ouvriers.
Derrière ces bureaux , les mâts des navires
et les cordages dessinent leurs silhouettes
sur l'azur du ciel.
L'atelier dès grandes forges date de 1843.
Il fut commencé en 1840, à l'époque ovi
des bruits de guerre portèrent le gouver-
nement à augmenter le matériel de uotre
marine. 11 présente un admirable spectacle ,
qui fait involontairement rêver aux Cyclopes
et aux forges de Lemnos. Les Cyclopes
de Toulon sont au nombre de 200, qu'il
faut voir se démener au milieu de leurs
96 fourneaux, dont les flammes inondent
par moments de rouges clartés les noires
murailles, au bruit des marteaux retentissant
sur les enclumes sonores et des mugisse-
ments de la vapeur.
Une machine à vapeur de la force de 20
chevaux meut le ventilateur, qui alimente
96 fourneaux , quatre grands feux dans une
salle voisine, et fait fonctionner un martinet
gigantesque.
Pénétrons maintenant dans les galeries de
la corderie, si longues que leur extrémité
se perd dans les ténèbres ; vous aurez une
idée de l'étendue de cet édifice, quand vous
saurez que les piliers , qui se divisent en
quatre nefs, soutiennent 96 voûtes d'arêtes,
au-dessus desquelles sont les ateliers pour
le peignage et la filature du chanvre.
Les autres parties du port qui nous res-