Boekgegevens
Titel: Premières lectures françaises: Fransch leesboek voor de lagere klassen der hoogere burgerscholen enz.
Auteur: Herrig, Ludwig; Helderman, D.J.
Uitgave: Deventer: A. ter Gunne, 1871
Auteursrechten: Zie auteursrechten
Citeerinstructie: Bijzondere Collecties van de Universiteit van Amsterdam, UBM: NO 09-353
URL: https://schoolmuseum.uba.uva.nl/bookid/LCSM_200765
Onderwerp: Taal- en letterkunde naar afzonderlijke talen: Franse taalkunde
Trefwoord: Leesvaardigheid, Frans, Leermiddelen (vorm)
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   Premières lectures françaises: Fransch leesboek voor de lagere klassen der hoogere burgerscholen enz.
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4 —
Tu n'es plus en colère, il ne se fâche plus:
De la société tu vois ici remblême.
Le bien, le mal nous sont rendus."
(riorian.)
13. LE CORBEAU ET LE RENARD.
Maître corbeau, sur un arbre perché,
Tenait en son bec un fromage.
Maître renard, par l'odeur alléché.
Lui tint à peu près ce langage:
Hé! bonjour, monsieur du Corbeau!
Que vous êtes joli! que vous me semblez beau !
Sans mentir, si votre ramage
Se rapporte à votre plumage.
Vous êtes le phénix des hôtes de ces bois,
A ces mots le corbeau ne se sent pas de joie;
Et, pour montrer sa belle voix.
Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie.
Le renard s'en saisit et dit : Mon bon monsieur.
Apprenez que tout flatteur
Vit aux dépens de celui qui l'écoute:
Cette leçon vaut bien un fromage, sans doute.
Le corbeau, honteux et confus,
Jura, mais un peu tard, qu'on ne l'y pren-
drait plus.
(La Tontaine).
14, LA MORT.
La Mort, reine du monde, assemble, certain
jour.
Dans les enfers toute sa cour.
Elle voulait choisir nn bon premier ministre
Qui rendît ses états encor plus florissants.
Pour remplir cet emploi sinistre.
Du fond du noir Tartare avancent à pas lents
La Eièvre, la Goutte et la Guerre.
C'étaient trois sujets excellents;
Tout l'enfer et toute la terre
Rendaient justice i\ leurs talents.
La Mort leur fit accueil. La Peste vint ensuite.
On ne pouvait nier qu'elle n'eût du mérite,
Nul n'osait lui rieu disputer;
Lorsque d'un médecin arriva la visite,
Et l'on ne sut alors qui dévait l'emporter.
La Mort même était en balance:
Mais les Vices étant venus.
Des ce moment la Mort n'hésita plus.
Elle choisit l'Intempérance.
(Plorian).
i 15. LES BERGERS.
' Guillot criait au loup! un jour pour passe-
temps.
Un tel cri mit l'alarme aux champs;
Tous les bergers du voisinage
i Coururent au secours ; Guillot se moqua d'eux.
Ils s'en retournèrent honteux,
j Pestant contre son badinage;
; Mais rira bien qui rira le dernier.
I Deux jours après, un loup avide de carnage,
] Un véritable loup-cervier,
I Malgré notre berger et son chien, faisait rage
I Et se ruait sur le t^roupeau.
i Au loup! s'écria-t-il, au loup! Tout le
hameau
Rit à son tour: A d'autres, je vous prie,
Répondit-on, l'on ne nous y prend plus.
Guillot le goguenard fit des cris superflus:
On crut que c'était fourberie.
Menteur n'est jamais écouté.
Même en disant la vérité.
(Richer).
16. LE BERGER.
Un jeune berger chantait en gardant les
brebis dans une vallée fleurie. Le prince
du pays, qui chassait dans cette contrée,
l'ayant aperçu, le fit appeler, et lui dit:
»Pourquoi es-tu si joyeux, mon cher en-
fant?" Le berger, qui ne connaissait pas le
prince, répondit: »Pourquoi ne le serais-je
-pas? Notre bon prince n'est pas plus riche
que moi." —»Vraiment," reprit le prince,
»que pOÈsèdes-tu donc?" Le berger continua:
»Le soleil est aussi doux pour moi que pour
le prince; la montagne et la vallée s'embel-
lissent de verdure et de fleurs pour moi
comme pour lui, et je n'échangerais pas
mes deux yeux contre tous ses trésors.
Puis, j'ai le nécessaire, et le nécessaire me
suflit. Pouvez-vous dire que le prince soit
plus riche que moi?" — »Non, assurément,"
dit le prince en souriant. »Tu as raison,
mon brave garçon, et tu peux te vanter
que le prince lui-même t'a donné raison.
Conserve toujours tes jDons sentiments."
17. LA RECOMPENSE,
Le cslife Haraoun-al-Raschid rencontra
un jour à la chasse un vieillard, qui plantait
un noyer. »Quel fou! dit le calife ù sa
suite, il fait comme s'il était encore jeune,
et qu'il dût recueillir les fruits de cet ar-
bre." Les courtisans rirent comme lui de
ce vieillard. Le calife marcha à lui, et lui