Boekgegevens
Titel: Premières lectures françaises: Fransch leesboek voor de lagere klassen der hoogere burgerscholen enz.
Auteur: Herrig, Ludwig; Helderman, D.J.
Uitgave: Deventer: A. ter Gunne, 1871
Auteursrechten: Zie auteursrechten
Citeerinstructie: Bijzondere Collecties van de Universiteit van Amsterdam, UBM: NO 09-353
URL: https://schoolmuseum.uba.uva.nl/bookid/LCSM_200765
Onderwerp: Taal- en letterkunde naar afzonderlijke talen: Franse taalkunde
Trefwoord: Leesvaardigheid, Frans, Leermiddelen (vorm)
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   Premières lectures françaises: Fransch leesboek voor de lagere klassen der hoogere burgerscholen enz.
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— 147 —
gloire et d'ambition que la nature avait dé-
posés en lui. Quand sa fortune fut faite,
il se délassa de l'histoire par la fable, et
quitta Plutarque pour Ossian ; mais ce ne
fut qu'une simple distraction de son esprit.
Alexandre aussi se délassait de la puissance
et de la gloire par les rêveries poétiques du
divin Platon.
Bonaparte resta à Brienne jusqu'à l'âge
de quatorze ans. En 1783 , le chevalier de
Kéralio, inspecteur des douze écoles mili-
taires , qui avait conçu une affection toute
particulière pour cet élève, lui accorda une
dispense d "âge et même une faveur d'examen
pour être admis à l'école de Paris ; car
Napoléon n'avait fait des progrès que dans
l'étude de l'histoire et des mathématiques,
et les moines de Brienne voulaient le garder
encore une année pour le perfectionner dans
la langue latine, »Non," dit M. de Kéralio,
»j'aperçois dans ce jeune homme une étin-
celle qu'on ne saurait trop cultiver."
Bonaparte admis à l'école militaire de
Paris J obtint bientôt la même supériorité
originale qui l'avait fait distinguer à Brienne,
et fut aussi le premier mathématicien parmi
les élèves. Son professeur d'histoire, M. de
l'Eguille, dans le compte qu'il rendit de ses
élèves, avait ainsi noté le jeune Napoléon:
Corse de nation et de caractère, il ira loin
si les circonstances le favorisent. Domairon,
qui lui enseignait les belles-let très, appelait
énergiquement seà amplifications du granit
chauffé au volcan. Bonaparte perdit par
degrés l'éloquence verbeuse et emphatique de
l'école, pour adopter l'éloquence concise et
pleine d'images, qui est celle des conqué-
rants et des grands hommes ; cependant il y
eut toujours quelque chose d'oriental dans
sa manière d'écrire.
La carrière militaire de Bonaparte com-
mença à seize ans, âge oîi le succès de son
examen à l'Ecole militaire de Paris lui va-
lut, le Ipï* septembre 1785 , une lieutenance
en second au régiment de la Eère, qu'il quitta
bientôt pour entrer en premier dans un autre
régiment en garnison à Valence.
Napoléon avait vingt ans et résidait dans
cette dernière ville lorsque le cri de liberté
se fit entendre en 1789. Le Dauphiné donna
un grand exemple à cette cause si nouvelle^:
le premier arbre de la liberté fut planté à
Vizille. Bientôt le fatal projet de quitter
leur poste et leur pays s'empara d'un grand
nombre d'officiers français ; cette fureur se
répandit dans la garnison de Grenoble Bo-
naparte, présent, jugea l'émigration, et lui
préféra la révolution. Les armes savantes
et méditatives, le génie et l'artillerie, imi-
tèrent moins que les autres armes cette dé-
fection, qui fut aussi une fièvre révolution-
naire. Elles accueillirent généralement les
nouveaux principes , et contribuèrent puis-
samment , par a réunion de leurs forces
morales et physiques, à conquérir et à
consolider la liberté et la gloire de la patrie.
Bonaparte ne resta point étranger à la
nouvelle religion politique, qui, au contraire,
poussa eu dehors son âme ardente, jusqu'alors
renfermée en elle-même. A cette époque
de fermentation, de grands secrets furent
révélés aux esprits, et des talents inconnus
sortirent de toutes les classes de la population
française. (Norvins.)
128. L'ENEANT DU SOLDAT.
Je n'ai plus d'appui sur la terre.
Je suis errant, abandonné:
Mon seul espoir était mon père.
Et les combats l'ont moissonné!
Mais avec orgueil je m'écrie:
11 tomba fidèle et vaillant!
Ah ! secourez le pauvre enfant
Du soldat mort pour sa patxiel
Au malheur son destin me livre ,
Et j'implore en vain la pitié";
Quand le brave a cessé de vivre ,
Serait-il si tôt oublié?
Songez, vous que ma voix supplie,
.Qu'il mourut en vous défendant,
Ah 1 secourez le pauvre enfant
Du soldat mort pour sa patrie !
Voilà cette étoile éclatante
Que je vis briller sur son sein:
Eaudra-t-il d'une main tremblante
La vendre pour avoir du pain?
»Garde qu'elle ne soit flétrie!"
Me disait-il en expirant ....
Ah ! secourez le pauvre enfant
Du soldat mort pour sa patrie!
Déjà mon jeune cœur 1,ressaille,
Quand je vois flot,ter nos drapeaux,
Au seul récit d'une bataille,
Je me sens le fils d'un héros :
Je l'espère, ô Erance chérieI
Un jour je t'offrirai mon sang , , .
Ah ! secourez le pauvre enfant
Du soldat mort pour sa patrie !
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