Boekgegevens
Titel: Premières lectures françaises: Fransch leesboek voor de lagere klassen der hoogere burgerscholen enz.
Auteur: Herrig, Ludwig; Helderman, D.J.
Uitgave: Deventer: A. ter Gunne, 1871
Auteursrechten: Zie auteursrechten
Citeerinstructie: Bijzondere Collecties van de Universiteit van Amsterdam, UBM: NO 09-353
URL: https://schoolmuseum.uba.uva.nl/bookid/LCSM_200765
Onderwerp: Taal- en letterkunde naar afzonderlijke talen: Franse taalkunde
Trefwoord: Leesvaardigheid, Frans, Leermiddelen (vorm)
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   Premières lectures françaises: Fransch leesboek voor de lagere klassen der hoogere burgerscholen enz.
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pour la première fois, il parut dans les
guerres que la France eut a soutenir pour
sa défense, il s'y distingua par son sang-
froid daus les périls, et des talents' mili-
taires qu'il est bien rare de rencontrer dans
un jeune officier.
Mais si Bonaparte était doué d'un mérite
éminent, il avait en même temps une am-
bition qui ne connaissait point de bornes.
En peu de temps il devint général eu chef
des armées de la République, à la tête
desquelles il remporta d'éclatantes victoires
sur presque toutes ies nations de l'Europe ;
il les conduisit même en Egypte , où nos
soldats acquirent une -gloire immortelle ;
bientôt après il se fît nommer Consul, pour
imiter les magistrats de l'ancienne Rome ;
et lorsqu'il vit que le peuple et l'armée,
enivrés de sa gloire et témoins de ses gran-
des actions, s'étaient accoutumés à lui obéir,
il conçut la pensée de relever le trône de
Charlemagne, et de placer sur son propre
front la couronne impériale qu'avait portée
ce puissant monarque.
A cette époque , à la vérité , il n'y avait
pas un Français qui ne regardât Bonaparte
comme le sauveur de la patrie; sa présence
seule avait fait cesser tous les maux qui
avaient désolé la_ France depuis tant d'an-
nées ; la prospérité publique semblait son
ouvrage , et sa gloire rejaillissait sur toute
la nation.
Cependant ceux qui avaient proscrit la
famille de Louis XVI pour ne plus obéir
à un roi, ne pouvaient voir sans indignation
un homme sorti des rangs de l'armée de-
venir leur maître, et rétablir la monarchie ,
dont les ruines avaient été arrosées de tant
de sang ; ils craignirent même qu'il ne rap-
pelât les princes de l'ancienne famille royale,
qui cherchaient alors dans les diverses con-
trées de l'Europe un pays où nos victoires
leur laissassent le temps de se reposer.
D'un autre côté , les nombreux partisans
qui demeuraient secrètement attachés au
iouver.ir de la royauté des Bourbons, et les
émigrés à qui les portes de la Fiance con-
tinuèrent d'être fermées, ne se dissimulèrent
pas que l'élévation de Bouaparte ne dût
renverser' à jamais toutes leurs espérances.
Quelques-uns d'entre eux tramèrent un
complot qui devait faire périr le Premier
Consul, mais qui pouvait en même temps
causer des malheurs incalculables. Un
onneau de porteur d'eau, rempli de poudre
à canon , fut placé par eux dans une rue
poisine du palais des Tuileries , où ils sa-
vaient que le Premier Consul devait passer
un soir dans sa voiture, pour se rendre au
théâtre de l'Opéra. L'efiroyable explosion
de cette machine vraiment infernale, aux
effets de laquelle le Consul n'échappa que
par une' sorte de miracle, donna la mort à
un grand nombre de personnes inoffensives
qui se trouvaient par hasard sur le lieu de
ce désastre ; mais la plupart des auteurs
de cet odieux attentat furent bientôt dé-
couverts et livrés à la justice, qui les con-
damna au dernier supplice, et cette cata-
strophe ne fit que hâter l'élévation au trône
de l'homme prodigieux à qui la Providence
réservait la plus glorieuse destinée des temps
modernes.
En effet, quelques mois à peine après
ce terrible événement qui avait épouvanté
l'Europe entière, Bonaparte décida le Sou-
verain Pontife à se rendre de Rome à Paris,
pour lui poser sur la tête la couronne impé-
riale; il prit le titre d'Empereur des Français,
et ne se fit plus nommer que Napoléon 1er.
(Lamé Fleury.)
127. JEUNESSE DE NAPOLÉON.
Le premier âge de Napoléon ne se marqua
point par ces prodiges dont on se plaît à
entourer le berceau des grands hommes.
Lui-même a dit ; »Je n'étais qu'un enfant
obstiné et curieux". 11 faut ajouter à ces
deux" traits caractéristiques beaucoup de
vivacité dans l'esprit, une sensibilité précoce,
mais en même temps l'impatience du joug,
une activité sans mesure, et cette humeur
querelleuse qui affligeait tant la. mère de
Bertrand Duguesclin quand il était jeune
encore. Alors, comme depuis, soit que Na-
poléon fût assailli par les autres, soit qu'il
les attaquât lui-même, il s'élançait sur ses
ennemis sans jamais compter leur nombre ;
aucun obstacle ne pouvait l'arrêter. Per-
sonne ne lui imposait, excepté sa mère,
femme d'un esprit viril, qui savait se faire
aimer , craindre et respecter. Napoléon,
tout indomptable qu'il paraissait être, apprit
d'elle la vertu de l'obéissance, l'une des
causes de ses succès dans les écoles ; il dut
aussi probablement aux exemples maternels
cet amour deJ'ordre, cette économie qui
l'a tant aidé à soutenir ses vastes entre-
prises. Sous ces deux rapports, son oncle,
l'archidiacre Lucien , qui avait du savoir et
des lumières, lui donna lui-même de pré-
cieuses leçous, eu administrant avec sagesse
les biens de sa famille, dont il devint le
second père. Le bon archidiacre avait ob-
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