Boekgegevens
Titel: Premières lectures françaises: Fransch leesboek voor de lagere klassen der hoogere burgerscholen enz.
Auteur: Herrig, Ludwig; Helderman, D.J.
Uitgave: Deventer: A. ter Gunne, 1871
Auteursrechten: Zie auteursrechten
Citeerinstructie: Bijzondere Collecties van de Universiteit van Amsterdam, UBM: NO 09-353
URL: https://schoolmuseum.uba.uva.nl/bookid/LCSM_200765
Onderwerp: Taal- en letterkunde naar afzonderlijke talen: Franse taalkunde
Trefwoord: Leesvaardigheid, Frans, Leermiddelen (vorm)
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   Premières lectures françaises: Fransch leesboek voor de lagere klassen der hoogere burgerscholen enz.
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~ 144 —
une voiture de place avec son confesseur ;
deux gendarmes prirent place sur le devant.
L-\ marche dura près de deux lieures.
Toutes les rues étaient bordées de plusieurs
rangs de citoyens armés. Nul ne se mon-
trait aux fenêtres. La stupeur était géné-
rale. Dès que le roi fut descendu de voiture,
ii se déshabilla lui même. Les bourreaux
voulurent lui lier les mains: »Me lier! je
n'y cotisentirai jamais!" Il parut craindre
toutefois quelque outrageante violence et
regarda fixement son confesseur comme
pour lui demander conseil. »Sire," lui dit
celui-ci, »se sera un dernier trait de ressem-
blance entre votre Majesté et le dieu qui
va être sa récompense." A ces mots, Louis
leva les yeux au ciel, et, se tournant vers
les bourreaux: »Faites ce que vous voudrez,"
leur dit-il. S'avançant sur le bord de l'écha-
faud, il s'écria: »Je meurs innocent. Je
pardonne aux auteurs de ma mort......" Un
roulement de tambours l'empêcha de conti-
nuer. Sa tête roula sur l'échafaud.
Ainsi périt Louis XVi, le 21 janvier 1793,
à l'âge de 38 ans et 5 mois ; victime inno-
cente, mais chargé des fautes des générations
royales qui l'avaient précédé.
126. LA RÉPUBLIQUE,
Pendant que le jeune Louis XVll lan-
guissait dans sa triste prison, la France
aussi avait supporté bien des infortunes, et
ceux qui s'étaient emparés alors du pou-
voir public avaient décidé que la vieille
monarchie de Clovis, de Charlemagne et
de Louis XVl, formerait désormais une
République.
Vous vous souvenez sans doute d'avoir
lu dans l'Histoire romaine qu'il y eut aussi
une république dans la ville de Rome, qui
ne fut jamais plus puissante que pendant
cette période; mais alors le peuple romain
était presque tout entier renfermé daus
l'euceinte de Rome, et ne s'étendait pas,
comme la nation française, sur un immense
territoire. De grands malheurs résultèrent
de cette nouvelle forme de gouvernement.
La Convention nationale elle-iiiême , do-
minée par quelques hommes qu'égarait une
funeste ambition, se trouva bientôt la proie
de terribles divisions : une fraction de celte
assemblée, qui se désignait elle-même par
le titre de la Montagne (parce qu'elle oc-
cupait les bancs les plus élevés du lieu où
elle se réunissait), entièrement composée
d'hommes sanguinaires et affectant un pa-
triotisme farouche, substitua les mesures
les plus violentes au règne des lois, qui
avait élé le but unique des premiers amis
de la Révolution. Des milliers d'infortunés
de tout âge, de tout sexe et de toute pro-
fession, jetés dans les prisons sous les plus
légers prétextes, furent impitoyablement
égorgés par la fureur populaire, que sou-
levaient à leur gré les fougueuses décla-
mations de çiuelques orateurs de carrefour.
Un nombre infini de têtes innocentes tom-
bèrent sur les échafuuds dressés en per-
manence sur les jilaces publiques, et la
plupart de ceux même qui, dans la Con-
vention , avaient embrassé avec le plus
d'ardeur et de sincérité le parti de la Ré-
publique , dont ils étaient loin de pre'voir
les excès, devinrent les premières victimes
de ce régime affreux, que ses auteurs eux-
mêmes nommèrent le règne de la Terreur.
Cependant le récit de tant de catastrophes
avait produit une profonde impression sur
toute l'Europe ; plusieurs rois rassemblèrent
des armées considérables , et pensèrent qu'il
leur serait aisé de pénétrer en Erance et
de se partager ce malheureux pays, de'chiré
par les discordes civiles. Mais vous savez
que, dans tous les temps, les Français ont
aimé leur patrie par-dessus toute chose.
Eu présence de ce péril imminent pour
tous, la France presque entière prit les
armes ; la République présenta à la fois
quatorze armées sur les différents champs
de bataille de l'Europe ; leurs victoires in-
attendues renversèrent la plus formidable
des coalitions qui eût jamais menacé l'indé-
pendance nationale; et notre patrie, alors
si malheureuse au-dedans, fut au moins
triomphante au dehors.
A cette époque, le drapeau que suivaient
nos soldats était ie drapeau tricolore, c'est
à-dire bleu, blanc et rouge; et c'est pour
cette raison qu'il est si cher aux Français,
auxquels il rappelle une des plus brillantes
pa^es de leur histoire.
Cependant, du milieu de tant de désastres,
de combats, de triomphes et de misères
il sortit tout à coup un homme que l'on
appelait Napoléon Bonaparte, et dont l'his-
toire est certainement la plus extraordinaire
que l'on puisse vous raconter.
Bonaparte avait été ^^levé à l'Ecole mili-
taire, autrefois fondée à Paris par Louis XV ,
pour l'éducation de la jeune noblesse du
royaume. Dès son enfance, il manifesta
une intelligence supérieure et une aptitude
remarquable pour le travail ; et lorsque,