Boekgegevens
Titel: Premières lectures françaises: Fransch leesboek voor de lagere klassen der hoogere burgerscholen enz.
Auteur: Herrig, Ludwig; Helderman, D.J.
Uitgave: Deventer: A. ter Gunne, 1871
Auteursrechten: Zie auteursrechten
Citeerinstructie: Bijzondere Collecties van de Universiteit van Amsterdam, UBM: NO 09-353
URL: https://schoolmuseum.uba.uva.nl/bookid/LCSM_200765
Onderwerp: Taal- en letterkunde naar afzonderlijke talen: Franse taalkunde
Trefwoord: Leesvaardigheid, Frans, Leermiddelen (vorm)
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   Premières lectures françaises: Fransch leesboek voor de lagere klassen der hoogere burgerscholen enz.
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à la fois le secours de leurs bras, de
leur fortune, de leurs modestes épargnes,
pour sauver la patrie de l'invasion éiangère:
d'immenses corps de volontaires courent aux
frontières.
Cependant on publie que Louis est d'accord
avec les émigrés et avec les puissances,
pour leur livrer le royaume. Les Jacobins
fomentent une vaste insurrection. Les Tui-
leries sont assiégées de nouveau. Six cents
Suisses et quelques bataillons de garde na-
tionale opposent une résistance désespérée
(10 août). Les Suisses et des volontaires
royalistes prennent l'offensive à leur tour,
mitraillent le peuple, cernent le lieu de
l'assemblée et se disposent à délivrer le roi.
Louis leur ordonne de cesser le combat.
Le surlendemain le roi fut déclaré déchu
du trône et emprisonné avec sa famille dans
les bâtiments du Temple.
Le duc de Brunswick pénètre jusque dans
la Champagne. Les révolutionnaires sont
exaspérés. Des orateurs lisent dans toutes
les rues un discours de Danton, ministre de
la justice, qui se terminait pai' ces mots:
j)ll faut une convulsion nationale pour faire
rétrograder les despotes : jusqu'ici nous
n'avons eu qu'une guerre simulée, ce n'est
pas de ce misérable jeu qu'il doit être
maintenant question; il faut que le peuple
se porte, se roule eu masse sur les enne-
mis pour les exterminer d'uu coup; il faut
en même temps enchaîner les conspirateurs
et les mettre dans l'impossibilité de nuire."
Les prisonniers, parmi lesquels .on comptait
beaucoup de prêtres, furent massacrés par
les septembriseurs; c'est le nom qui fut
donné aux assassins des prisons (septembre,
1792).
Cependant les jeunes volontaires, par
leur courage et leur amour énergique pour
la liberté, accomplissaient des merveilles:
àValmy, les troupes prussiennes, les plus re-
nommées de l'Europe, furent mises en fuite
par ces glorieux enfants, nu-pieds, sans
munitions, sans habitude des armes. ^
Le jour de cette bataille, 21 septembre,
1792, rassemblée législative fit place à la
convention nationale, composée, comme la
première, de sept cent quarante-neuf dé-
putés. 11 suffisait, pour être élu, dêtreâpé
de vingt et un aus, et de n'être pas dans
l'état de domesticité. Philippe, duc d'Or-
léans, se .fit élire député de Paris, et prit
le nom de Philippe-Egalité.
Uu membre de h convent ion, Collot d'Her-
bois, demanda l'abolition de la royauté. La
proposition fut accueillie avec transport, et
la république une et indivisible proclamée
à une grande majorité. On décréta que
tous les actes publics dateraient de l'an 1.
de la république , que les noms des mois et
des jours seraient changés, que tous les
emblèmes de la royauté et du despotisme
seraient détruits, que les noms de citoyen
et de citoyenne remplaceraient ceux de
monsieur et de madame, et qu'enfin tous les
citoyens se tutoieraient.
Les souverains coalisés sont repoussés
loin des frontières, et leurs états, à leur
tour, sont envahis par les armées françaises.
Marat, Danton, Robespierre font demander
le jugement de Louis XVl. Le décret passa
à l'unanimité. Le 7 novembre, 1792, Louis
fut conduit de la prison du Temple à la
convention nationale. Lamoignon de Males-
herbes, ancien ministre, sollicita le périlleux
honneur de servir de conseil au roi ; Desèze,
avocat de Bordeaux, fut chargé de plaider
devant lu convention: »Je cherche ici des
juj;es" dit-il, en parcourant des yeux l'as-
semblée, »et je n'y vois que des accusa-
teurs."
Les débats dans le sein de la convention,
furent orageux, entre le parti plus modéré
des Girondins et le parti plus exalté des
AJontagnards ou Jacobins, Les uns vou-
laient l'appel au peuple, les autres le re-
poussaient comme inutile, la convention
étant, par son mode d'élection, l'exacte re-
présentation du peuple. Sur 721 membres,
484 se déclarèrent contre l'appel au peuple.
L'appel nominal sur la question ,,Quelle
peine a-t-il encourue ?" commença le 16
janvier au soir, et continua l'espace de
vingt-quatre heures , sans désemparer. Les
uns votaient pour le bannissement, les autres
pour la mort. Philippe-Égalité vota en ces
termes: ,,Eidèle à mes devoirs, convaincu
que tous ceux qui ont attenté et attenteront
désormais à la souveraineté du peuple mé-
ritent la mort; je prononce la mort de
Louis." — »Ah! le monstre! le scélérat!
son parent!" s'écria-t-on, de toutes parts.
Ceux même qui avaient voté la mort se
levèrent d'un mouvement spontané et lais-
sèrent Philippe seul sur son banc.
La majorité des suffrages fut pour la
mort. Louis en reçut la notification avec
son calme ordinaire. Un prêtre non-asser-
menté, l'abbé Edgeworth de Eirmont, ori-
ginaire d'Irlande, fut mandé par le roi. Un
autel fut dressé dans la chambre de la pri-
son, et l'abbé de Eirmont y dit la messe,
le matin du 21 janvier. Louis communia.
A neuf heures environ, le roi entra dans