Boekgegevens
Titel: Premières lectures françaises: Fransch leesboek voor de lagere klassen der hoogere burgerscholen enz.
Auteur: Herrig, Ludwig; Helderman, D.J.
Uitgave: Deventer: A. ter Gunne, 1871
Auteursrechten: Zie auteursrechten
Citeerinstructie: Bijzondere Collecties van de Universiteit van Amsterdam, UBM: NO 09-353
URL: https://schoolmuseum.uba.uva.nl/bookid/LCSM_200765
Onderwerp: Taal- en letterkunde naar afzonderlijke talen: Franse taalkunde
Trefwoord: Leesvaardigheid, Frans, Leermiddelen (vorm)
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   Premières lectures françaises: Fransch leesboek voor de lagere klassen der hoogere burgerscholen enz.
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Bastille, il jura, au Champ-de-Mars, sur un
autel que, dans leur enthousiasme gréco-
romain , les hommes de cette génération
appelèrent l'autel de la patrie, il jura de
maintenir la constitution et de faire exé-
cuter les lois.
Cependant à la réforme politique l'assem-
blée voulut joindre une réforme religieuse;
elle décréta la constitution civile du clergé.
Louis XVI refusa constamment de sanc-
tionner celte constitution, que les évêques
de France condamnèrent. L'assemblée dé-
clara déchus de leurs fonctions tous les
évêques et curés qui ne prêteraient pas le
serment à la constitution civile du clergé.
Cent trente-deux évêques et la plupart des
curés refusèrent le serment. Quatre évêques
seulement le prêtèrent ; parmi eux était M.
de Talleyrand, alors évêque d'Autun.
Mirabeau, dont la puissante éloquence
avait tant contribué à abaisser la royauté,
acheté depuis par la cour, s'efforçait alors
de défendre la monarchie. Mais accablé de
débauches et de travail, il mourut à l'âge
de quarante-deux ans, le 21 avril 1791'.
Louis XVi, effrayé de la fureur toujours
croissante de la révolution, prend alors la
funeste résolution de fuir à l'étranger. Un
maître de poste reconnaît le roi qui est
arrêté dans sa fuite à Vareunes. Des dé-
putés de l'assemblée le ramenèrent à Pans,
au milieu des populations émues ou indi-
gnées de cette tentative. Le roi fut trans-
féré au palais des Tuileries et commis à la
garde de Lafayette.
Les esprits étaient de plus en ydus exas-
pérés ; cependant malgré l'emportement des
Jacobins, (on nommait ainsi le parti des
révolutionnaires les plus fougueux) , le côté
droit de l'assemblée décréta l'inviolabilité
de la personne du roi. Robespierre, Dan-
ton , et Marat, avec les Jacobins, organisent
une insurrection pour obliger l'assemblée à
prononcer la déchéance du roi; mais celle-ci
fît le contraire, elle réclama l'assistance de
la garde nationale qui, commandée par La-
fayette, fit feu sur les factieux. Le roi, le
30 septembre 1791, présida l'assemblée et
renouvela la promesse d'être fidèle à la
constitution. Ce fut le jour de la clôture
de l'assemblée constituante qui fut remplacée
par l'assemblée législative,
Robespierre, Danton, Marat, les révolu-
tionnaires les plus éiLergiques sont à la tête
de la nouvelle assemblée. Tous les décrets
discutés par la foule réuni au club des
Jacobins, sont sanctionnés par l'assemblée
et appuyés au besoin par l'armée. L'em-
pereur d'Allemagne, le roi de Prusse, les
rois de l'Europe enfin, s'alarment et se liguent
contre le principe révolutionnaire, leur en-
nemi commun.
Cependant le frère puîné du roi, monsieur,
qui depuis fut le roi Louis XVlll, avait
émigré D'accord avec les puissances étran-
gères liguées contre la France, il engagea
la noblesse française, par ses agents secrets,
à venir le joindre, flattant les nobles et se
flattant lui-même d'une restauration de l'an-
cien régime. Une foule de gentilshommes
se réunirent, à l'étranger, sous les drapeaux
du prince de Condé, cousin du roi.
L'assemblée législative lança un décret
qui ordonnait à monsieur et aux émigrés
de rentrer en France, dans le plus court
délai, sous peine de confiscation de leurs
biens. Le roi refusa de signer ce décret.
L'assemblée prend l'initiative de la dé-
claration de guerre à l'Allemagne. Les
hostilite's commencent sur la frontière du
nord; les trois corps d'armée sont battus
par l'ennemi. L'assemble'e licencie la garde
du roi composée d'hommes qui lui étaient
tout dévoués, et ordonne la formation sous
les murs de Paris d'un corps de vingt mille
fédérés. Louis refuse de sauctionner ce
décret et destitue trois ministres. Les sans-
culottes exaspérés fondent sur le château
des Tuileries (20 juin), malgré les gardes
nationaux armés d'un canon chargé à mi-
traille, et pénètrent dans les appartements
en criant; »La reine! la reine!" Madame
Elisabeth, sœur du roi, se présente: »C'est
moi," dit-elle; j^que voulez-vous î"'—)>Cette
femme nest pas celle que vous cherchez,"
s'écrie un serviteur fidèle. — »Pourquoi les
détromper?" réplique cette princesse hé-
roïque. ]jes sauh-culottes , étonnés de cette'
fermeté, s'éloignent et vont assiéger la porte
du roi. Louis leur ouvre lui-même avec
calme et sérénité. On le coiffe du bonnet
rouge, coiffure adoptée par les sans-culottes.
La reine, contre qui surtout la foule est
irrilée, court les plus grands dangers. La
garde nationale parvient enfin à faire évacuer
le châVeau.
Des protestations contre les scènes de
désordre arrivent de toutes les provinces ;
mais l'effet de ces protestations s'évanouit
devant celui produit par la contre-déclara-
tion de guerre des puissances coalisées. Le
duc de Brunswick a l'orgueil de faire, en
leur nom, aux troupes, aux magistrats, à la
France entière les plus grandes menaces.' La
France indignée se lève en masse aux cris
de: »La patrie est endanger." Tous prêtent