Boekgegevens
Titel: Premières lectures françaises: Fransch leesboek voor de lagere klassen der hoogere burgerscholen enz.
Auteur: Herrig, Ludwig; Helderman, D.J.
Uitgave: Deventer: A. ter Gunne, 1871
Auteursrechten: Zie auteursrechten
Citeerinstructie: Bijzondere Collecties van de Universiteit van Amsterdam, UBM: NO 09-353
URL: https://schoolmuseum.uba.uva.nl/bookid/LCSM_200765
Onderwerp: Taal- en letterkunde naar afzonderlijke talen: Franse taalkunde
Trefwoord: Leesvaardigheid, Frans, Leermiddelen (vorm)
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   Premières lectures françaises: Fransch leesboek voor de lagere klassen der hoogere burgerscholen enz.
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Ul —
époque, on remarqua celle de l'abbé Sîeyès,
dont le titre était ainsi conçu: »Qu'est-ce
que le tiers-état? — Tout. — Qu'a-t-iléié
jusqu'à présent ? — Rien. — Que demande-t-il
à être? — Quelque chose." Ces mots furent
comme une étincelle électrique qui enflamma
la Erance sur tous les poinis du territoire;
l'Europe fut dans Taltente d'un grand évé-
nement.
Le roi et ses ministres, dominés par
l'esprit général, se décidèrent à accorder
au tiers-état une représentation égale en
nombre de députés à celle des deux autres
ordres réunis; et, dès lors, la révolution fut
en quelque sorte décrétée.
Les états-généraux furent réunis à Ver-
sailles, en 1789. Les trois ordres discu-
tèrent séparément sur la validité des pou-
voirs; le tiers demanda hautement la réunion
des trois ordres; on s'y refusa, les débats
furent violents. Le tiers harangué par un
de ses députés, le comte de Mirabeau,
homme aussi dépravé qu'éloquent, se con-
stitua en assemblée nationale, le 17 Juin,
1789.
Le roi, épouvanté d'une telle audace,
annonça pour le 23 une séance qui devait
être présidée par lui, avec défense aux trois
ordres de se réunir avant cette époque.
Ils n'en tinrent pas compte. Les députés du
tiers se rendent, le 20 , à la salle des réu-
nions, et, en ayant trouvé les portes fermées,
se transportent, conduits par Bailly, premier
député de Paris, dans un jeu de paume.
Là, entourés de plus de quatre mille spec-
tateurs , ils font serment de ne se séparer
qu'après avoir donné à la Erance une con-
stitution nouvelle. Quelques nobles et cent
quarante-huit membres du clergé se réunirent
au tiers.
La séance du 23 eut lieu dans un grand
Le roi ordonna aux états de se
séparer. La noblesse et le clergé, moins
quelques membres, obéissent; le tiers est
indécis. Mirabeau rappelle à ses collègues
leur serment, et leur communique son énergie.
La personne des députés est déclarée invio-
lable. Une grande partie de la noblesse et
du clergé vient se reunir au tiers. Le duc
d'Orléans, cousin du roi,-est du nombre.
Louis XVI ordonna alors au clergé et à
la noblesse de se réunir au tiers-état. En
même temps, il manda des troupes aux
environs de Paris. A cette nouvelle, le
peuple s'insurge, s'empare de toutes les
armes qu'il trouve chez les armuriers, et
court en masse assiépr une forteresse
appelée la Bastille, qui s'élevait au milieu
de Paris et servait de prison d'état. Elle
est prise, détruite, rasée, le 14 juillet, 1789,
La milice parisienne, au nombre de quarante-
huit mille hommes, est instituée. Louis se
rendit, sans gardes, avec ses frères à l'as-
semblée des états-généraux, et consentit au
renvoi des troupes et à la création de la
garde nationale commandée par le marquis
de Lafayette, qui s'était fait connaître dans
la guerre de l'indépendance des états-unis
d'Amérique.
La nouvelle de la prise de la Bastille fut
dans les provinces le signal de la révolution.
Le comte d'Artois, jeune frère du roi, et
qui plus tard a régné sous le nom de
Charles X, quitta là Erance pour se réfugier
à l'étranger. Une foule de gentilshommes
suivirent cet exemple, et émigrèrent. Ces
hommes qui abandonnaient imprudemment
le roi, pleins de mépris pour e peuple et
pour la nouvelle armée nationale, partirent
avec la certitude de revenir triomphants au
bout de quelques mois. Us furent cruellement
désabusés.
Tandis que ceux-ci fuyaient, quelques
membres des plus illustres familles de
Erance plaidaient la cause de l'émancipation
du peuple. Us furent les premiers à de-
mander l'abolition des titres, des armoiries
et des privilèges féodaux. Mirabeau pro-
posa la déclaration des droits de l'homme
et du citoyen; elle fut promulguée par toute
la Erance, aux acclamations générales.
Sur ces entrefaites, des gardes du corps,
dans uu festin, à Versailles, portent, en
présp-nce de la reine, des toasts imprudents.
Le bruit s'en répand dans Paris. Une po-
pulace ivre de fureur et excitée par les
agents du duc dOrléans, dont l'ambition
secrète convoitait le trône, court à Ver-
sailles, envahit les appartements, et entraîne
la famille royale à Paris (5 et 6 Octobre).
Un décret dépouilla , au profit de la na-
tion, le clergé de ses biens; uu traitement
fut assigné aux ecclésiastiques. Le roi fut
privé de ses plus importantes prérogatives,
et le pouvoir exécutif passa en réalité de
ses mains, dans celles de l'assemblée natio-
nale, devenue assemblée constituante.
La division de la Erance en anciennes
provinces féodales fut remplacée par divi-
sion en départements, actuellement existante;
une forte et belle orpnisatiou administrative
et judiciaire s'établit; c'est à cette époque
que commence réellement l'unité française.
Tant d'utiles améliorations séduisirent le
noble cœur du roi; il approuva tout , et le
14 juillet, anniversaire de la prise de la