Boekgegevens
Titel: Premières lectures françaises: Fransch leesboek voor de lagere klassen der hoogere burgerscholen enz.
Auteur: Herrig, Ludwig; Helderman, D.J.
Uitgave: Deventer: A. ter Gunne, 1871
Auteursrechten: Zie auteursrechten
Citeerinstructie: Bijzondere Collecties van de Universiteit van Amsterdam, UBM: NO 09-353
URL: https://schoolmuseum.uba.uva.nl/bookid/LCSM_200765
Onderwerp: Taal- en letterkunde naar afzonderlijke talen: Franse taalkunde
Trefwoord: Leesvaardigheid, Frans, Leermiddelen (vorm)
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   Premières lectures françaises: Fransch leesboek voor de lagere klassen der hoogere burgerscholen enz.
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commerçante, rie trouvait d'autre moyen
d'échapper à sa domination, que de sub-
merger son territoire, en rompant elle-
même les digues qui le défendent des en-
vahissements de la -mer. Le roi assista en
personne à la plupart des conquêtes de ses
armées; il prit une part active a plusieurs
sièges mémorables, qUi couvrirent de gloire
les armées françaises, et força ainsi l'Eu-
rope entière, étonnée de ses exploits, à
souscrire , dans une ville appelée Nimèguc,
un traité humiliant, qui semblait placer le
roi de Erance au-dessus de tous les autres
rois de la terre.
Ce grand prince, qui régna plus long-
temps que tous ses prédécesseurs, eut le
temps de former autour de lui une réunion
d'hommes éminents, tels que jamais aucun
autre pays, ni aucune autre époque, n'a
offert un pareil assemblage de talents et
de beaux caractères. Après Turenne et le
grand Condé, il eut pour généraux -.de ses
armées , les maréchaux de Vauban, de
Luxembourg, de Çatinat, de Vendôme et
de Viltars ; pour amiraux de ses flottes,
Duquesne, Duguay-Trouin , Tourville ; pour
ministres, Colbert et Louvois ; pour ordon-
nateurs de ses'fêtes, un Corneille, un
Racine, un Molière, qui ont enrichi la
scène française d'une foule de chefs-d'œuvre;
pour prédicateurs, un Mascaron, un Bour-
daloue , un Bossuet, un Massillon , qui seuls
peut-être eurent le droit, au nom de la re-
ligion, de lui parler sans flatterie. En un
mot, il me serait impossible de vous nom-
mer ici tous les beaux génies, tous les ta-
lents supérieurs, toutes les illustrations qui
se trouvèrent réunis sous ce règne que
l'on a nommé le Siècle de Louis XIV ,
parce qu'en efiet ce grand prince fut le
contemporain et peut-être le premier auteur
des circonstances qui firent éclore à la fois
tant de mérites différents, dont la Erance
senorgueillit à juste titre, (Lamé Fieury.)
125. LOUIS XVI.
Le duc de Berri était encore dauphin
lorsqu'il devint l'époux de Marie-Antoinette
d'Autriche, l'une des plus belles et des plus
aimables princesses que Ton eût jamais vues.
Peu de temps après le roi Louis XV
mourut, et le jeune dauphin en montant
sur le trône prit le nom de Louis XVl. Ce
prince était certainement un des plus hon-
nêtes hommes de son rovaume, niais il vivait
dans un temps oîi des vertus modestes ne
suffisaient pas pour savoir régner.
11 était d'une faiblesse et d'une timidité
sans exemple dans -ses résolutions. S'il
n'ignorait pas que la justice est la première
vertu d'un roi, il n'eut pas assez de fermeté
pour la mettre eu pratique.
En 1778, un traité de commerce fut signé
entre la Erance et les insurgés d'Amérique,
et dès lors eut lieu la guerre de cinq ans
contre l'Angleterre, opposée à l'indépen-
dance de ses anciens co ons.
Le pavillon français fut respecté de toutes
les nations, mais le trésor fut épuisé. Une
assemblée de notables fut réunie pour aviser
au remède à apporter au désordre des
finances; puis bientôt les exigences de l'opi-
nion publique, plus fortes que les répug-
nances des courtisans, amenèrent la convo-
cation des états-généraux.
Us se composaient de députés de la no-
blesse, du clergé, et des communes; ces
derniers ou, comme on les appelait, le
tiers-état n'avait eu anciennement qu'une
faible part d'influence dans ces assemblées.
Mais à réi)oque où nous sommes arrivés,
tout était bien- changé en Erance. Les
membres du clergé ne songeaient guère à
l'accomplissement de leurs devoirs, et ne
donnaient plus au peuple l'exemple de
l'abnégation et des vertus chrétiennes. Les
nobles n'étaient plus que des courtisans
avides, sollicitant sans cesse de la royauté,
et à toute sorte de titre, des pensions, des
subventions, qui absorbaient le montant des
impôts publics et ne satisfaisaient pas à
leurs coupables prodigalités. Le désordre
des mœurs éîait au comble. Les nobles,
comme les gens d'église, quoiqu'ils possé-
dassent la plus grande partie des terres de
Erance, n'étaient point soumis aux contri-
butions; de sorte qu'ils profitaient et abu-
saient de tous les droits sans participer en
aucune manière aux charges publiques. Le
tiers avait acquis par le commerce et l'in-
dustrie de grandes richesses, son instruction
était égale à celle des deux autres ordres,
La noblesse et le clergé ne défendaient
leurs privilèges que par intérêt; ils ne
croyaient point eux-mêmes à leurs droits. Le
tiers attaquait avec énergie ces privilèges,
et avec haine les privilégiés, et il confondait
dans cette haine la royauté, parce que la
royauté, unie d'abord au peuple contre les
grands, s'était plus tard jetée du côté de
la noblesse affaiblie par la perte de ses
droits féodaux.
Parmi les brochures qui parurent à cette