Boekgegevens
Titel: Premières lectures françaises: Fransch leesboek voor de lagere klassen der hoogere burgerscholen enz.
Auteur: Herrig, Ludwig; Helderman, D.J.
Uitgave: Deventer: A. ter Gunne, 1871
Auteursrechten: Zie auteursrechten
Citeerinstructie: Bijzondere Collecties van de Universiteit van Amsterdam, UBM: NO 09-353
URL: https://schoolmuseum.uba.uva.nl/bookid/LCSM_200765
Onderwerp: Taal- en letterkunde naar afzonderlijke talen: Franse taalkunde
Trefwoord: Leesvaardigheid, Frans, Leermiddelen (vorm)
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   Premières lectures françaises: Fransch leesboek voor de lagere klassen der hoogere burgerscholen enz.
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première dynastie, plus de Champs de mai,
comme sous Charlemagne; les barons fran-
çais ne se réunissaient plus en cours plé-
nières, comme sous les, premiers Capétiens;
la convocation des Etats généraux qui
avaient joué un rôle si important sous les
Valois, était presque entièrement tombée
en désuétude; les restes de la féodalité, si
redoutable aux rois dans les temps de
troubles, avaient été abattus par Kichelieu ,
et la puissance parlementaire s'était épuisée
dans sa lutte contre Mazarin. H n'existait
donc plus en réalité aucun des moyens de
gouvernement que nous avons vus jusqu'ici
pratiqués chez ies Français.
Eh bien, ce fut un roi beau, jeune,
aimable et spirituel, que son âge avait tenu
jusqu'alors éloigné des affaires publiques,
qui mit sa volonté à la place de tous les
anciens soutiens de la vieille monarchie :
devant lui, tous les partis se turent et se
réunirent ; sa présence devint le signal
d'une période de gloire et de grandeur
que la France n'avait encore jamais obtenu ;
et Louis put dire avec vérité , comme sans
orgueil, ces mots qui semblent résumer
toute l'histoire de son règne : l'Etat, c'est
moi.
En effet, ce jeune roi qui se présentait
ainsi à son peuple orné de tant de qua-
lités brillantes, que relevaient encore une
taille élégante et un visage imposant, an-
nonçait également un grand courage et un
caractère magnanime. Avant la conclusion
du traité des Pyrénées , Louis s'était associé
aux triomphes de ses généraux, vainqueurs
de ces vieilles bandes espagnoles qui
avaient jadis fait trembler l'Europe sous
Charles-Q^int et sous Philippe 11. Le
prince de Coudé, cousin du roi, et le ma-
réchal de Turenne, les deux plus illustres
guerriers de ce temps, avaient vu le jeune
monarque affronter les plus grands périls
sans témoigner la plus légère émotion , et
sa seule présence inspirait à ceux qui l'en-
touraient une intrépidité qui ies rendait in-
vincibles.
Mais il ne faut pas croire, qu'il suffise à
un roi de montrer du courage à la guefre;
cette qualité qui lait les héros est belle et
glorieuse, saus doute, mais elle cause trop
de malheurs aux nations, et c'est surtout
par la paix qu'un prince sage peut faire
prospérer ses sujets.
Louis XIV aimait les fêtes et la magni-
ficence; aucun monarque, autant que lui,
ne savait entourer son trône de splendeur
et d'éclat; son aspect même, toujours grave
et solennel, ajoutait encore à la pompe
dont il se plaisait à être environné ; mais
ce n'était pas seulement autour de sa per-
sonne qu'il cherchait à faire éclater la
grandeur de son règne. Il ouvrait, dans
les provinces les plus éloignées du royaume,
de larges roules et de nombreux canaux
pour la facilité du commerce et des com-
munications; il fondait l'hôtel des Invalides,
destiné à recueillir et à récompenser les
soldats blessés ou devenus infirmes au ser-
vice du pays; il ordonnait que le Louvre
devînt un des plus magnifiques palais du
monde, et multipliait dans toute la France
les établissements somptueux et utiles. En
même temps, il accordait d'utiles encou-
ragements aux savants et aux hommes in-
struits dont le nom pouvait répandre de
l'éclat sur son règne; et ses bienfaits al-
laient chercher jusque dans les pays étran-
gers, ces hommes rares et précieux pour
la science, à l'un desquels ses ministres
écrivaient par son ordre: »Quoique le roi
ne soit pas votre souverain, il n'en veut
pas moins être votre bienfaiteur."
11 y avait, à peu de distance de Paris,
un lieu sauvage où Louis Xlll avait cou-
tume autrefois de prendre le plaisir de la
chasse; un simple pavillon s'élevait daus
cet endroit, mais le jeune roi conçut la
pensée d'y créer un vaste palais et d'ad-
mirables jardins. Pour y parvenir, il n'é-
pargna ni travaux, ni dépenses: Versailles
s'éleva comme parvcnchantement au milieu
d'un site où'Ton ne voyait auparavant que
des bois et des marécages; et ce fut dans
les bosquets de ce magnifique séjour, que
Louis voulut donner des têtes tout à fait
magiques, où, pendant plusieurs jours et
plusieurs nuits, les courses de bagues, les
carrousels, les danseé, les concerts, _ les
spectacles, les banquets, les illuminations
se succédèrent sans interruption.
Cependant le soiu de ses plaisirs ne fai-
sait pas négliger à Louis XIV celui.de sa
gloire: en même temps qu'il aimait à s'en-
tourer de tous les prestiges de la royauté,
il consacrait huit heures chaque jour aux
travaux de son gouvernement, dont il vou-
lait que ses ministres lui fissent connaître
les moindres détails ; il savait se faire
craindre et respecter des nations étrangères,
enlevait en quelques jours, à l'Espagne,
les Pays-Bas et la Franche-Comté, qu'il re-
vendiquait comme l'héritage de la reine
Marie-ïhérèse, sa femme, après la moit
du roi Philippe IV, et portait ses armes
victorieuses en Hollande, où cette nation