Boekgegevens
Titel: Premières lectures françaises: Fransch leesboek voor de lagere klassen der hoogere burgerscholen enz.
Auteur: Herrig, Ludwig; Helderman, D.J.
Uitgave: Deventer: A. ter Gunne, 1871
Auteursrechten: Zie auteursrechten
Citeerinstructie: Bijzondere Collecties van de Universiteit van Amsterdam, UBM: NO 09-353
URL: https://schoolmuseum.uba.uva.nl/bookid/LCSM_200765
Onderwerp: Taal- en letterkunde naar afzonderlijke talen: Franse taalkunde
Trefwoord: Leesvaardigheid, Frans, Leermiddelen (vorm)
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   Premières lectures françaises: Fransch leesboek voor de lagere klassen der hoogere burgerscholen enz.
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découragés à l'arrivée des "Français. Le car-
dinal de Fleury avait mis, dans une première
expédition, sa parcimonie accoutumée. Le
comte de Boissieux, qui la commandait,
engagea imprudenimeni dans les défilés, le
peu de soldats qu'il avait sous ses ordres, il
eut la douleut de voir attaquer et massacrer
un corps de quatre cents hommes qu'il ne
)ut secourir. Enfin, le maréchal de Maille-
)ois vint avec une véritable armée, et en
moins de trois semaines la Corse fut ou parut
soumise.
L'intime alliance des Génois avec les Fran-
çais ne tarda point à devenir funeste aux
premiers. L'occupation momentanée de Gênes
par les Autrichiens fut un nouveau signal de
révolte pour les Corses. Jiafferi d'abord,
et ensuite Pascal Paoli, dirigèrent leurs
mouvements avec sagesse. Les combats qu'ils
soutenaient contre les Génois affaiblis et
découragés, duraient depuis plus de vingt
ans, lorsque ceux-ci eurent de nouveau re-
cours à la Erance. Les intérêts politiques de
ce royaume avaient beaucoup changé de-
puis l expédition du maréchal de Maillebois.
On craignait de donner des ombrages à
l'Autriche par des liaisons trop étroites avec
les Etats d'Italie. Le duc de Choiseul reçut
avec froideur les Génois, qui offraient des
sommes considérables pour employer nos
soldats à la soumission de la Corse. Mais
bientôt il leur offrit à eux-mêmes des sommes
beaucoup plus fortes., s'ils voulaient céder à
la Erance une possession trop onéreuse et
trop incertaine pour leur république. Cette
négociation fut conduite avec un mystère
que prescrivait la jalousie des Anglais. Le
roi de Erance s'annonçait aux Corses comme
un médiateur qui iitciinait à faire reconnaître
leur indépendance. Ijeur chef Paoli ajoutait
foi à ces promesses. Au mois de'mai 1768,
l'Europe apprit avec surprise que, par un
traité , les Génois avaient cédé l'île de Corse
à la Erance. A la vérité, cette cession n'était
pas présentée comme irrévocable. JiCS Gé-
nois se réservaient de reprendre la souve-
raineté de l'île, en remboursant les frais
qu'aurait coûté cette conquête. Cette res-
triction illusoire n'avait été imaginée que
pour modérer le ressentiment des Anglais.
Le roi de Erance la démentait en se hâtant
de prendre le titre de roi de Corse. Ces insu-
laires montrèrent l'indignation d'un peuple
abusé par de vaines promesses. Les Anglais
animaient leur résistance par des promesses
également trompeuses. Le marquis de Chau-
velin, en débarquant dans l'île avec quinze
mille hommes, ne releva pas l'honneur des
armes françaises. Paoli fondit plusieurs
fois sur cette armée avec des montagnards
indisciplinés, ou l'attira dans des embus-
cades. Le marquis de Chauvelin, humilié
de ses défaites, présentait au roi, dont il était
le favori , la conq\iête de la Corse comme
une entreprise aussi folle que dispendieuse.
Elle avait déjà coûté trente millions. L'Angle-
terre pouvait la faire expier à la Erance par
une guerre maritime. Le due de Choiseul
opposa aux craintes qui s'emparaient du
roi, la honte de déposer sitôt un nouveau titre.
11 fit sentir au conseil Timportance d'un tel
établissement dans la Méditerranée, les avan-
tages et la' sécurité que la Corse offrirait à
notre commerce du Levant, la nécessité de
prévenir les. Anglais qui, en s'assurant de
cette possession, ajouteraient un nouveau
prix à celle de Gibraltar; les ressoarces
de la Corse en bois de construction pour
la marine, et la facilité de réparer par ce
moyen l'inconvénient le plus grave de la
perte du Canada. Son assurance confondit
des ennemis qui avaient tout préparé pour
sa chute. On n'apercevait aucun mouvement
dans les ports de l'Angleterre, et l'on était
forcé de prendre une haute idée des talents
d'un ministre qui trompait ou intimidait un
gouvernement si jaloux et si superbe. Le
marquis de Chauvelin avait été rappelé. Le
lieutenant général Marbeuf avait, par de
meilleures manœuvres, forcé les Corses à
se retirer sut les montagnes. Un nouveau
général, le comte de Vaux, amena un puis-
sant renfort. Les Corses, indignés de l'inac-
tion des Anglais, perdirent leur audace.
Paoli, qui leur avait fait espérer ce secours,
partageait le découragement communr Après
avoir fui de poste en poste, il se trouva
heureux de gagner un port et de s'embar-
quer pour l'Angleterre. La Corse fut sou-
mise, et le duc de Choiseul eut la cloire
d'avoir donné une province à son maître,
d'avoir fait une conquête à l'aide de sa seule
politique, et enfin d'avoir porté à l'Angleterre,
enorgueillie de tant de triomphes, un défi
qu'elle ne relevait pas,
(Lacretelle.)
134. LE SIÈCLE DE LOUIS XIV.
Lorsque Louis XIV commença à régner
par lui-même, le gouvernement du royaume
offrait un aspect qu'il n'avait jamais pré-
senté à aucune autre époque de notre
histoire. Il n'y avait, plus d'assemblées
générales comme sous les rois francs de la