Boekgegevens
Titel: Premières lectures françaises: Fransch leesboek voor de lagere klassen der hoogere burgerscholen enz.
Auteur: Herrig, Ludwig; Helderman, D.J.
Uitgave: Deventer: A. ter Gunne, 1871
Auteursrechten: Zie auteursrechten
Citeerinstructie: Bijzondere Collecties van de Universiteit van Amsterdam, UBM: NO 09-353
URL: https://schoolmuseum.uba.uva.nl/bookid/LCSM_200765
Onderwerp: Taal- en letterkunde naar afzonderlijke talen: Franse taalkunde
Trefwoord: Leesvaardigheid, Frans, Leermiddelen (vorm)
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   Premières lectures françaises: Fransch leesboek voor de lagere klassen der hoogere burgerscholen enz.
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9. LA GUENON, LE SINGE ET
LA NOIX.
Une jeune guenon cueillit
Une noix dans sa coque verte;
Elle y porte la dent, fait la grimace...
»Ah! certe,
Dit-elle, ma mère mentit
Quand elle m'assura que les noix étaient
bonnes.
Puis, croyez aux discours de ces vieilles
personnes
Qui trompent la jeunesse, et maudit soit le
fruit!"
Elle jette la noix. Un singe la ramasse,
Vite entre deux cailloux la casse.
L'épluche, la mange, et lui dit:
»Votre mère eut, raison, nia mie;
Les noix ont fort bon goût; mais il faut
les ouvrir.
Souvenez-vous que dans la vie
Sans un peu de travail on n'a point de
plaisir." {riorian.)
30. LE KOUGE-GORGE.
Lorsque Dieu créa les oiseaux.
Les plus mélodieux ainsi que les plus beaux,
Chaque année, au printemps, voulurent ap-
paraître ,
Le rouge-gorge seul s'approchant; »Divin
maître,
Pour les autres, dit-il, les fleurs, les ar-
bres verts;
Pour moi, les toits de chaume et les tristes
hivers !
Laissez-moi, quand la neige aura blanchi
la terre,
En sa cabane solitaire
Visiter l'humble pauvreté.
A ma vue, à nia voix, peut-être,
Avec l'oubli des maux, elle sentira naître
, Et l'espérance et la gaieté."
L'Eternel accueillit cette offre avec bonté.
Allez, quand le semeur sème l'avoine, l'orge
Ou le froment;
Il vous racontera plus d'un récit charmant
Sur son ami le rouge-gorge.
Cet oiseau, n'est-ce pas la consolation
Eemplissant ici-bas ea sainte mission?
Aux lieux où rit uu sort prospère
Ne le cherchez jamais; partout où vous
verrez
Une âme gémissante, uu coeur qui désespère,
C'est là que vous le trouverez.
(LacHambaudie.)
11. LE ROUGE-GORGE.
Pendant la rigueur de l'hiver, un rouge-
gorge s'en vint frapper à la fenêtre d'un
bon paysan, comme s'il eût été bien con-
tent de pouvoir entrer. Le paysan ouvrit
la fenêtre et reçut avec amitié la confiante
petite bête. Le rouge-gorge becquetait les
grains et les miettes qui tombaient de la
table, et les enfants du paysan, l'aimaient
beaucoup.
Lorsque le printemps reparut et que les
arbres se couvrirent de feuilles, le paysan
ouvrit la fenêtre, et son petit hôte s'envola
dans la forêt voisine, construisit son nid et
chanta sa joyeuse chanson.
Et voyez: au retour de l'hiver, voilà que,
de nouveau, le rouge-gorge, amenant avec
lui sa petite compagne, vint dans la de-
meure du paysan. Et lui et ses enfants se
réjouirent beaucoup de voir comme les deux
oiseaux les regardaient avec confiance, et
les enfants firent cette remarque : Les oiseaux
nous regardent comme s'ils voulaient nous
dire quelque chose. #
Oui, répondit le père, et s'ils pouvaient
varier, ils vous 4iraient : La confiance éveille
'a confiance, et l'amour produit l'amour.
12. L'ENFANT ET LE MIROIR.
Un enfant élevé dans un pauvre village.
Revint chez ses parents et fut surpris d'y voir
Un miroir.
D'abord il aima son image;
Et puis, par un travers bien digne d'un enfant,
Et même d'un être plus grand.
Il veut outrager ce qu'il aime.
Lui fait une grimace, et le miroir la rend.
Alors son dépit est extrême ;
11 lui montre un poing menaçant!
Il se voit menacé de même.
Notre marmot fâché s'en vient, en frémissant,
Battre cette image insolente;
Il se fait mal aux mains. Sa colère en
augmente ;
Et furieux, au désespoir,
Le voilà devant ce miroir.
Errant, pleurant, frappant la glace.
Sa mère, qui survient, le console, l'embrasse,
Tarit ses pleurs, et doucement lui dit :
»N'as-tu pas commencé par faire une grimace
A ce méchant enfant qui cause ton dépit ?
— Oui.— Regarde à présent: tu souris, il
sourit ;
Tu tends vers lui les bras, il te les tend
de même,