Boekgegevens
Titel: Premières lectures françaises: Fransch leesboek voor de lagere klassen der hoogere burgerscholen enz.
Auteur: Herrig, Ludwig; Helderman, D.J.
Uitgave: Deventer: A. ter Gunne, 1871
Auteursrechten: Zie auteursrechten
Citeerinstructie: Bijzondere Collecties van de Universiteit van Amsterdam, UBM: NO 09-353
URL: https://schoolmuseum.uba.uva.nl/bookid/LCSM_200765
Onderwerp: Taal- en letterkunde naar afzonderlijke talen: Franse taalkunde
Trefwoord: Leesvaardigheid, Frans, Leermiddelen (vorm)
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   Premières lectures françaises: Fransch leesboek voor de lagere klassen der hoogere burgerscholen enz.
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maître de Paris, pour satisfaire les calvi-
nistes, indignés de son abjuration, leur
avait accordé la possession de plusieurs
villes fortes de France, où ils pouvaient
exercer librement leur religion. Bientôt
il leur permit, sous de certaines conditions,
de se livrer dans toute l'étendue du royaume
à rexereice de leur culte, ,par une ordon-
nance. que Ton nomma TEdit de Nantes,
parce qu'elle fut rendue dans cette ville.
Mais cette concession irrita, de nouveau,
quelques vieux ligueurs qui ne pouvaient
se consoler d'être soumis à un roi qu'ils
avaient repoussé de toutes leurs forces
pendant si longtemps, et beaucoup d'entre
eux continuèrent à nourrir secrètement des
projets de haine et de vengeance.
Depuis quelques mois, Henri paraissait
triste, rêveur, et agité de noires pensées,
ce qui ne lui était point ordinaire; quoiqu'il
fût en parfaite santé, qu'il vit croître sous
ses yeux deux fils que lui avait donnés la
reine Marie de Médicis, et que tout sem-
blât lui sourire, il ne cessait, comme malgré
lui, de parler de sa mort prochaine.
Ces funestes pressentiments no tardèrent
pas à se réaliser, et ce fut dans le moment
qu'il se préparait encore à faire la guerre
contre les Espagnols,
Le lendemain de la fête du couronnement
de la reine, le roi, après avoir dîné assez
tristement au Louvre, était monté dans son
carosse pour aller visiter Sully, avec six
Seigneurs qui raccompagnaient ordinaire-
ment ; arrivé dans la rue de la Féronnerie,
l'une des plus fréquentées de Paris à cette
époque, la voiture se trouve, tout à coup,
arrêtée par un embarras de charettes, et
un homme s'étant élancé lestement sur le
marche-pied du carrosse, frappa cet exeellent
prince, de deux coups de couteau dans le
cœur. Henri expira sur-le-champ.
Ce misérable s'appelait Ravaillac; comme
stupéfait du crime qu'il venait de commettre,
il resta immobile dans la rue, tenant encore
le couteau ensanglanté, et les gardes du
roi, l'ayant saisi, l'auraient mis en pièces,
si on ne l'eût pas arraché de leurs mains,
(Porquet.)
119. LA FRANCE.
Qui la méconnaîtrait cette terre sacrée.
Si chère à la valeur, des beaux-arts honorée,
Qu'un rayon du soleil, un seul cri des com-
bats ,
Couvre soudain de fleurs, de fruits et de
soldats ;
Qui pareille à l'épi, courbé par la tempête,
Au premier vent propice a relevé sa tête,
Riche encore, et portant dans ses vertes
prisons
Le grain, fécond espoir de nouvelles mois-
sons ?
Oh ! la connaissez-vous cette terre sacrée,
Constant amour du ciel, et par ses soin
parée, [sûr,
Où l'air est bienfaisant, le sol prodigue et
Où dans leurs lits nombreux, roulent des
flots d'azur,
Dont le fils exilé tressaille au nom de
France ,
Où jamais ne périt une noble espérance,
Où la perte d'un an se répare en un jour,
Tant la fortune absente y presse son retour.
Mou pays! . , . Étrangers, qu'il appelle à
ses fêtes,
Venez-y contempler de paisibles conquêtes.
Venez, et dites-nous quels travaux orgueil-
leux
Balancent de nos arts, les produits mer-
veilleux !
Parlez, dans vos climats, quelle active in-
dustrie
Peut surpasser, que dis-je! égaler ma patrie ?
Qui de vous ne l'admire, et quel cœur si
mal' fait [regret ?
Peut l'aborder sans joie, ou la fuir sans
120. NAMUR.
Namur, cette place si terrible, a eu ses
dehors emportés en fort peu de temps,
sans qu'il en ait coûté au roi plus de trente
hommes. Ne croyez pas pour cela qu'on
ait eu affaire à des poltrons. Tous ceux
de nos gens, qui ont été à ces attaques,
sont étonnés du courage des assiégés. Mais
vous jugerez de l'effet terrible du canon
e\. des bombes, quand je vous dirai, sur le
rapport d'un officier espagnol, qui fut pris
hier dans les dehors, que notre artillerie
leur a tué en deux jours douze cents hom-
mes. Imaginez-vous trois batteries qui se
croisent, et qui tirent continuellement sur
les pauvres gens qui sont vus d'en haut et
de revers, et qui ne peuvent pas trouver
un seul recoin, où ils soient en sûreté. On
dit qu'on a trouvé les dehors tous pleins de
corps, dont le canon a emporté les têtes,
comme si on les avait coupées avec des
sabres; cela n'empêche pas que plusieurs
de nos gens n'aient fait des actions de