Boekgegevens
Titel: Premières lectures françaises: Fransch leesboek voor de lagere klassen der hoogere burgerscholen enz.
Auteur: Herrig, Ludwig; Helderman, D.J.
Uitgave: Deventer: A. ter Gunne, 1871
Auteursrechten: Zie auteursrechten
Citeerinstructie: Bijzondere Collecties van de Universiteit van Amsterdam, UBM: NO 09-353
URL: https://schoolmuseum.uba.uva.nl/bookid/LCSM_200765
Onderwerp: Taal- en letterkunde naar afzonderlijke talen: Franse taalkunde
Trefwoord: Leesvaardigheid, Frans, Leermiddelen (vorm)
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   Premières lectures françaises: Fransch leesboek voor de lagere klassen der hoogere burgerscholen enz.
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Pendant les premiers moments , on essaya
de faire durer le peu de provisions qui se
trouvaient dans la ville, eu réduisanteliaque
personne au plus strict nécessaire ; mais,
enfin, le pain venant à manquer tout à fait,
ce fut une chose horrible que l'aspect de
cette immense population mourant de faim,
et cherchant à se procurer de la nourriture
par tous les moyens possibles : on tua les
chevaux, les chiens, les chats, et les ani-
maux même les plus dégoûtants pour se
nourrir de leur chair; et lorsque cette res-
source fut épuisée, on fit bouillir les peaux
de ces bêtes, les cuirs des bottes et des
souliers, et beaucoup d'hommes parvinrent
à subsister de cette manière. Enfin la fa-
miue devint si affreuse que Ton assure que
quelques malheureux firent du pain avec des
os de morts broyés.
Le cœur de Henri lY saignait en appre-
nant taut de misères, et il ne put supporter
l'idée que son peuple endurait de si épou-
vantables souffrances; plusieurs ' fois des.
troupes de ligueurs affamés, hommes, fem-
mes et enfants, avaient essayé de sortir de
cette malheureuse ville, dont les rues étaient
déjà encombrées d'infortunés morts d'inani-
tion , et les soldats du roi ies ayant re-
poussés avec dureté, ces misérables avaient
péri sans secours dans les fossés des rem-
parts; mais Henri défendit qu'à l'avenir,
ou traitât avec autant de rigueur ceux qui
se présenteraient, disant que c'élaient eiï-
core des Français, dont il devait.être le
père; et lorsqu'il s'en présenta de nouveau,
il leur fit distribuer du pain , et leur permit
de s'éloigner.
Cependant le parti de la Ligue, poussé
au désespoir par cette suite non interrompue
de revers, imagina de choisir un autre roi
pour que tous les^ Français se détachassent
de Henri IV , et vinssent se soumettre au
monarque que l'on aurait désigné. Les
Seize surtout résolurent d'offrir la couronne
au roi d'Espagne, ))Our engager ce prince
à faire de nouveaux efforts en leur faveur;
mais le parlement de Paris, qui avait tou-
jours ha'i la ligue , déclara que la couronne
de France ne pouvait appartenir à un sou-
verain étranger. Les Seize, abandonnés du
peuple, furent obligés de s'enfuir; les Es-
pagnols vaincus sortirent du royaume, et
e duc de Mayenne lui-même se soiïmit au
roi, auquel Paris ouvrit ses portes. Mais
il faut remarquer que cette soumission n'eut
lieu que parce que, quelque temps auparavant,
Henri IV s'était fait sacrer dans la ville de
Chartres, et avait renoncé au culte protestant.
Henri, n'étant encore que roi de Navarre,
était devenu le mari de Marguerite de Va-
lois, sœur de Charles IX, peu de jours
avant les massacres de la Saint-Barthélémy;
ces deux époux , qui ne s'aimaient guère,
vécurent presque ■ toujours éloignés l'un de
l'autre.
D'un commun accord, ils sollicitèrent du
pape la dissolution de ce mariage, et le
Souverain Pontife y consentit. Alors le
roi demanda et obtint la main d'une belle
princesse Italienne, nommée Marie de Mé-
dicis.
Les rois sont ordinairement entourés de
flatteurs et de courtisans , mais il appartenait
à Henri IV, d'avoir de véritables amis :
c'étaient Biron, dont le père était mort en
combattant pour son service; Mornay,
l'homme le plus sévère et le plus irré-
prochable du royaume ; d'Aubigné, qui
n'avait jamais quitié Henri, ni dans ses re-
vers, ni dans ses victoires; et enfin Sully,
sujet fidèle, ami sincère dont l'habileté fut
employée à servir la France en servant
le roi.
De ces quatre hommes précieux qui en-
touraient le monarque de leur affection, un
seul causa à cet excellent prince le plus
vif chagrin qu'il pût éprouver; ce fut Biron,
le plus jeune de tous que Henri IV avait
vu grandir sous ses yeux , et qu'il aimait
comme un fils, malgré son caractère léger,
inquiet et ambitieux.
Le roi l'avait comblé de dignités et de
récompenses de toute espèce, et pourtant
Biron n'était pas encore satisfait ; il aurait
voulu encore de plus grands honneurs et
de plus grandes richesses ; une couronne
roya e ne lui eût point paru trop pesante,
et il eut la folie de se lier avec ies ennemis
de son bienfaiteur, qui flattèrent cette am-
bition ridicule,
Henri fut averti des liaisons criminelles
de Biron, et d'abord il n'en voulut rien
croire, tant ce jeune étourdi lui était cher:
il fallut pourtant à la fin qu'il se rendît à
l'évidence et il fut contraint de le livrer
à des juges, qui le condamnèrent à mort,
comme coupable de trahison envers le roi
et l'état.
Pendant ce temps le roi, secondé par les
talents et la probilé de Sully, s'occupait à
réparer les désastres des guerres civiles:
ce bon roi répétait souvent qu'il ne serait
content que lorsque, le dimanclie, chaque
paysan de Erance pourrait mettre la poule
au pot.
Le roi, peu de temps après s'être rendu