Boekgegevens
Titel: Premières lectures françaises: Fransch leesboek voor de lagere klassen der hoogere burgerscholen enz.
Auteur: Herrig, Ludwig; Helderman, D.J.
Uitgave: Deventer: A. ter Gunne, 1871
Auteursrechten: Zie auteursrechten
Citeerinstructie: Bijzondere Collecties van de Universiteit van Amsterdam, UBM: NO 09-353
URL: https://schoolmuseum.uba.uva.nl/bookid/LCSM_200765
Onderwerp: Taal- en letterkunde naar afzonderlijke talen: Franse taalkunde
Trefwoord: Leesvaardigheid, Frans, Leermiddelen (vorm)
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   Premières lectures françaises: Fransch leesboek voor de lagere klassen der hoogere burgerscholen enz.
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derniers démembrements de Tempire de
Charlemagne, et je dois vous faire remar-
quer que presque toutes les provinces de
l'ancienne Gaule vinrent ainsi successive-
ment s'ajouter à ce royaume, auquel depuis
cette époque, elles n'ont jamais cessé d'ap-
partenir."
A peine parvenu au trône, Louis Xll,
que son affabilité avait déjà fait surnom-
mer le Père du peuple, eut, à l'exemple
du roi Charles, l'idée de passer en Italie
pour faire valoir ses droits sur une'pro-
vince de ce pays nommée ie Milanais, qui
avait appartenu autrefois à la famille de
sa grand'mère, Valentine de Milan, et que
le roi d'Espagne, ainsi que plusieurs princes
d'Italie, prétendaient lui disputer. 11 se
mit donc en marche avec une armée nom-
breuse, mais formidable surtout par le
courage des chevaliers qui l'accompagnaient,
laissant le soin de gouverner ses États,
pendant son absence à un sage et habile
ministre, nommé le cardinal d'Amboise,
dans lequel il avait placé toute sa confiance.
Parmi ces nobles guerriers, il y avait un
capitaine nommé Bayard, qui, non seulement
était le plus brave des officiers de son
temps, mais encore à qui ses vertus avaient
fait donner le surnom de Chevalier sans
peur et sans reproche.
Cependant liayard n'étaitr pas le seul
chevalier français qui montrât tant de vail-
lance et de vertu: Louis Xll lui-même se
distinguait par son courage au milieu de
tant d'hommes intrépides. Un jour, dans
un combat sanglant, quelques-uns de ses
oÊ&ciers murmuraient de voir le roi ex-
poser; avec une sorte de témérité, sa vie
et la leur aux coups des ennemis. j)Que
ceux qui ont peur," s'écria Louis en riant,,
»se mettent derrière moi." Ce mot fit rou-
gir de honte les mécontents; et personne
ne songea plus à sou pi'opre salut, en
voyant le sang-froid du monarque.
L'un des guerriers les plus brillants de
cette époque fut Gaston deEoix, comte
d'Armagnac et duc de Nemours, propre
neveu du roi, et ]^arent du malheureux
prince de ce uom a qui Louis XI avait
fait trancher la lête. Ce jeune chevalier,
que Louis Xll aimait comme s'il eût été
son propre fils, joignait aux qualités les
plus aimables la valeur la plus iutiépide;
mais comme si cette fan)ille d'Armaguae
eût été réservée à une infortune iierpétuelle,
il périt à la fieur de l'âge , â Ravenne. en
Italie, dans une bataille où il venait de
remporter une victoire signalée sur les Es-
pagnols ;. et sa mort devint le signal des
revers qui depuis ce moment ne cessèrent
pas d'assaillir les Erançais dans cette con-
trée dont le sol fut arrosé de leur sang
pendant plus d'un demi-siècle.
Les désastres de ces guerres d'Italie,
presque ausa funestes à la Erance que les
invasions des Anglais, obligèrent enfin
Louis Xll à rentrer dans son royaume, où
le rappelait d'ailleurs la mort récente de son
fidèle ministre le cardinal d'Amboise. Ce
prince ne pensa plus dès lors qu'à faire le
bien de son peuple, dont il était adoré :
monté sur uue mule blanche, on le voyait
chaque jour parcourir sans aucune suite les
rues de Paris, écoutant avec douceur
quiconque avait quelque grâce à solliciter,
et donnant tous ses soins à ce que bonne et
prompte justice fût faite à tout le monde.
Quelquefois aussi, déguisé sous des vê-
tements obscurs, il prenait plaisir à se mê-
ler à ia foule du peuple pour connaîlre ce
que chacun pensait de son gouvernement:
il recueillait attentiveuient les plaintes que
les plus pauvres gens faisaient entendre;
et lorsqu'ils réclamaient une chose juste,
c'était en voyant leurs vœux exaucés qu'ils
apprenaient que le roi les avait écoutés.
Un grand seigneur de la cour ayant un
jour, par accident sans doute, cassé le bras
à uu pauvre ouvrier qui n'avait point osé
se plaindre, le roi, informé de cet événe-
ment dans une de ses promenades secrètes,
mit aussitôt son bras eu écharpe, comme
s'il eût été blessé lui-même,, et se présen-
tant devant les juges, déclara qu'il ne se
regarderait comme guéri, que lorsque l'au-
teur de cette blessure aurait été puni. Les
juges, ayant pris désinformations, condam-
nèrent l'homme riche à payer une somme
d'argent au pauvre malade qu'il dut aussi
faire guérir à ses frais, et le roi eut la
satisfaction d'entendre les bénédictions de
son peuple^ qui lui &ouhaitait une longue vie.
La reine Anne, dont la bienfaisance éga-
lait celle de son royal époux , s'associait à
ses bonnes œuvres; aussi sa mort fut-elle
uue grande affliction pour les pauvres et
les malheureux. Vainement Louis s'était
flatté de trouver des consolations dans uue
autre union en épousant une jeune princesse
nommée Mûrie Tudor, fille de Henri Vlll,
roi d'Angleterre, le vieux roi n'eut pas ie
temps de jouir du bonheur qu'il avait es-
péré de ce nouveau mariage, car il mourut
peu de mois après. (Lumé Pleury.)