Boekgegevens
Titel: Premières lectures françaises: Fransch leesboek voor de lagere klassen der hoogere burgerscholen enz.
Auteur: Herrig, Ludwig; Helderman, D.J.
Uitgave: Deventer: A. ter Gunne, 1871
Auteursrechten: Zie auteursrechten
Citeerinstructie: Bijzondere Collecties van de Universiteit van Amsterdam, UBM: NO 09-353
URL: https://schoolmuseum.uba.uva.nl/bookid/LCSM_200765
Onderwerp: Taal- en letterkunde naar afzonderlijke talen: Franse taalkunde
Trefwoord: Leesvaardigheid, Frans, Leermiddelen (vorm)
Bekijk als:      
Scan: Afbeeldinggrootte:
   Premières lectures françaises: Fransch leesboek voor de lagere klassen der hoogere burgerscholen enz.
Vorige scan Volgende scanScanned page
129 —
115. LE PERE DU PEUPLE.
Dans le dernier siècle auquel appar-
tiennent les événements dont je viens de vous
raconter Thistoire, quelques hommes émi-
nents par leur savoir et leur industrie,
avaient fait des découvertes importantes et
inventé des choses dont on n'avait eu jusqu'-
alors aucune idée ; telle avait été d'abord
la^ composition de la poudre à canon, que
"l'on attribue à un moine allemand, et dont
on fît usage pour la première fois dans
^ la bataille de Crécy. Cette invention, qui
' rendit inutiles les pesantes armures de fer
auxquelles les seigneurs et les chevaliers
devaient leur supériorité sur les autres
combattants, acheva aussi de ruiner la féo-
dalité, dont les châteaux, malgré leurs épais-
ses murailles et leurs larges fossés, ces-
sèrent d'être imprenables, lorsqu'au moyen
d'une certaine quantité de poudre placée
sous les fondations d'un édifice, on put,
par une explosion terrible, renverser de
fond en comble, d'un seul coup, des rem-
parts que jusqu'alors les plus puissantes
machines de guerre n'auraient pu parvenir
à ébranler.
L'introduction de l'imprimerie,que Louis XI
avait favorisée en Erance, n'avait pas pro-
duit des effets moins remarquables dans un
autre genre. Cette utile invention multiplia
les livres à l'infini, et de ce moment il ne
fut plus permis à personne de demeurer
ignorant.
Aussi vit-on dès lors un plus grand nombre
de personnes apprendre à lire et se livrer
à l'étude; et il est bon de remarquer qu à
mesure que les hommes devinrent plus"
instruits, ils se montrèrent également meil-
leurs et moins grossiers.
Enfin, au temps de Charles Vlll, un ha-
bile pilote nommé Christophe Colomb, na-
tif de Gênes en Italie , obtint du roi d'Es-
pagne, à force de prières, trois petits vais-
seaux sur l'un desquels il s'embarqua avec
quelques marins intrépides; et n'ayant
d'autre guide qu'une aiguille mobile dont
la pointe jouit de la singulière propriété
de se tourner sans cesse vers le nord, il
s'avançri sur l'immensité de l'Océan, jusqu'à
ce qu'il eût rencontré d'autres terres et
des pajs tout' à fait inconnus jusqu'alors
aux Européens. L'instrument dont il se
servit pour ce voyage aventureux, est ce
qu'on nomme aujourd'hui une Boussole, et
il y avait alors peu de temps que les ma-
rins avaient appris à en faire usage.
Ces contrées étrangères, dont la décou-
verte vous sera aussi racontée quelque
jour, reçurent d'abord le nom de Nouveau-
Monde ; mais plusieurs années après, un
autre navigateur appe'é Amérie Vespuce,
ayant suivi l'exemple de Christophe Colomb,
donna au vaste continent qu'il découvrit à
sou tour la dénomination d'Amérique, qu'il
a conservée jusqu'à nos jours.
Ces inventions et les découvertes qui en
furent la conséquence, changèrent en peu
de temps la plupart des anciens usages:
Tor et l'argent dont on trouva des mines
considérables dans le Nouveau-Monde, de-
vinrent plus communs en Europe; le com-
merce maritime enrichit un grand nombre
de villes, quijusqu'alors,, n'avaient eu au-
cune importance; et l'on vit à Paris et dans
plusieurs autres cités de Erance, s'ouvrir
des écoles et des collèges, où les jeunes
gens de toutes les provinces vinrent en
foule acquérir l'instruction dont ils com-
mençaient à comprendre la nécessité.
Cependant Charles Vlll étant mort sans
laisser de postérité, Louis, duc d'Orléans,
son plus proche parent, fut appelé à lui
succéder sous le nom de Louis Xll.
Aussitôt son avènement, quelques-uns de
ces courtisans qui ne manquent jamais d'ac-
courir auprès des princes heureux, vinrent,
entre autres flatteries, lui conseiller de se
venger de ceux qui l'avaient combattu;
mais Louis leur eut bientôt imposé silence,
en prononçant à haute voix ces paroles
remarquables: »Ce n'est pas à Louis Xll
de venger les injures du duc d'Orléans."
Cette léponse est d'autant plus honorable
dans la bouche de ce prince, mes jeunes
amis, que le roi, en parlant ainsi, témoi-
gnait qu'il n'userait jamais de son pouvoir
actuel pour punir ceux qui, en le combat-
tant, lorsqu'il n'était qu'un sujet rebelle,
n'avaient fait que remplir un devoir rigou-
reux mais nécessaire.
Anne de Bretagne, veuve de Charles Vlll,
aussitôt après la mort de soii mari, avait
retirer dans ses Etats
un autre prince occuper
pour ne
a place
voulu se
pas voir
de celui qu'elle pleurait; mais peu de tem])s
après, Louis Xll ayant fait rompre son
mariage avec la pauvre Jeanne de Erance,
cette seconde fille de Louis XI, si disgra-
cieuse et si triste, qu'il avait épousée
autrefois, ofi'rit à la duchesse de Bretagne
de partager son trône , qu'elle accepta sans
répugnance.
Par ce mariage, le duché de Bretagne'
se trouva définitivement réuni à la Erance
dont il était demeuré séparé depuis les
9