Boekgegevens
Titel: Premières lectures françaises: Fransch leesboek voor de lagere klassen der hoogere burgerscholen enz.
Auteur: Herrig, Ludwig; Helderman, D.J.
Uitgave: Deventer: A. ter Gunne, 1871
Auteursrechten: Zie auteursrechten
Citeerinstructie: Bijzondere Collecties van de Universiteit van Amsterdam, UBM: NO 09-353
URL: https://schoolmuseum.uba.uva.nl/bookid/LCSM_200765
Onderwerp: Taal- en letterkunde naar afzonderlijke talen: Franse taalkunde
Trefwoord: Leesvaardigheid, Frans, Leermiddelen (vorm)
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   Premières lectures françaises: Fransch leesboek voor de lagere klassen der hoogere burgerscholen enz.
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ments, et les faisait poursuivre devant lui
par des chats.
Lorsqu'il reconnut l'inutilité de tous les
efforts de la médecine, il espéra que les
sainis lui seraient phis utiles que les hom-
mes. Aumôr.es, pélérinages, fondations,
prières, rien ne fut oublié pour fléchir le
ciel inexorable. De toutes parts il se fit
apporter des reliques, entre autres, celles
des trois Rois de Cologne, la châsse de
Notre-Dame d'Embrun, et le corporal sur
lequel, dit-on. chantait autrefois saint Pierre.
L'insensé acquit ce dernier trésor par la
cession faite au Sïiint Siège des seigneuries
de Valence et de Die. Bajazet lui offrit
les reliques que les Grecs avaient laissées
à Constantinr.ple, à condition qu'il lui livre-
rait son frère Zizime; mais il n'osa p:is
conclure ce traité avec les infidèles. Enfin
le pape lui permit de se faire oindre une
seconde fois par l'huile de la sainte am-
poule.
La superstition n'ayant pas mieux répondu
à ses voeux que là science des médecins
les plus habiles, il eut recours à la véritable
piété, et par l'entremise du souverain pon-
tife, obtint d'un personnage alors générale-
ment révéré, de saint Erançois de Paule,
qu'il sortirait de son ermitage et viendrait
apporter quelques secours à ses maux, ou
quelques consolations à son infortune.
François se rendit par obéissance auprès
du monarque expirant. Lorsqu'il parut de-
vant lui, le roi se jeta à ses genoux en
gémissant. »Saint homme, lui cria-t-il d'une
voix entrecoupée de sanglots, guérissez-moi,
au nom de Dieu, guérissez-moi. — Je n'ai,
répondit François, ni ce pouvoir, ni celte
mission. Je 'ne puis rien pour le salut de
votre corps, celui de votre âme dépend de
vous; il est t^mps de vous en occuper."
Alors il adressa au roi, non ce-langage
rude et menaçant des faux dévots, tuais ces
paroles remplies d'onction qu'inspirait la
morale la plus pure et la vraie charité.
Dès ce moment Louis, ayant perdu la der-
nière ombre d'esjioir à laquelle il s'atta-
chait, ne sentit plus que la honte de se
montrer publiquement si pusillanime. On
lutl,e contre un malheur douteux, on se ré-
signe à un malheur certain. Le désespoir
rendit au monarque son,courage; il se ré-
solut donc à mourir en homme et en roi.
Son fils fut appelé près de lui; il lui
conseilla de ne point imiter son exemple :
„Ne commencez pas, lui dit-il, votre règne,
comme j'ai commencé le mien, en destituant
les ministree et les officiers les plus fidèles
de mon père, et nui avaient le plus effica-
cement contribué a la délivrance du roy-
aume. Eclairez-vous par les lumières des
princes de votre sang. Appelez dans vos
conseils les grands de l'Etat, le seigneur
Dubouchage, le bailli de Vermandois. Con-
fiez le commandement de vos armées au
maréchal Esquerdes; respectez la justice,
soulagez le peuple, et, en écoutfut avec
respect votre mère, n'oubliez pas que la
maison de Savoie a toujours montré uue
trop vive affection pour celle de Bourgogne,
Enfin, protéirez les serviteurs qui me sont
attachés.? Ces instructions furent enregis-
trées au Parlement de Bourgogne et à la
cour des comptes de Paris.
Peu de jours après, ayant mandé en sa
présence sa fille Anne et Pierre de Bour-
bon, sive de Beaujeu, son époux, il leur
recommanda les intérêts du nouveau roi,
car déjà il donnait ce nom à son fils: »Ne
compromettez pas, leur dit-il, la tranquillité
des premiers moments de sou règne, en
attaquant prématurément Calais. Evitez
pendant cinq ou six années la guerre, même
avec Maximilien."
S'apercevant plus tard que sa dernière
heure approchait, il ordonna au chancelier
de |)orter au roi les sceaux, et lui envoya
aussi ses grands-officiers et une partie de
sa garde.
Louis expira le 30 août 1483, à l'âge de
soixante et un ans; à la fin de la vingt-
deuxième année de son règne.
On l'enterra, comme il l'avait expressé-
uient ordonné, à Notre-Dame de Cléry. Il
tenait si fortement à cette volonté, que
Sixte JV, à sa prière, lança une bulle d'ex-
comnïimicatioa contre quiconque porterait
son corps dans un autre asyle.
On avait tant de fois répandu le bruit
et démenti la nouvelle de la mort de
Louis XI, que le peu[»le douta quelque
temps de sa réalité. On n'osait ni montrer
une douleur prématurée, ni manifester une
satisfaction dangereuse: l'une et l'autre
pouvaient rendre suspect. D'ailleurs, si les
uns se réjouissaient d'être délivrés d'un
joug si pesant, beaucoup d'autres, auprès
desquels il s'était rendu populaire, s'affli-
geaient d'avoir perdu en lui un appui si
ferme contre la tyrannie des grands,
(Ségur.)