Boekgegevens
Titel: Premières lectures françaises: Fransch leesboek voor de lagere klassen der hoogere burgerscholen enz.
Auteur: Herrig, Ludwig; Helderman, D.J.
Uitgave: Deventer: A. ter Gunne, 1871
Auteursrechten: Zie auteursrechten
Citeerinstructie: Bijzondere Collecties van de Universiteit van Amsterdam, UBM: NO 09-353
URL: https://schoolmuseum.uba.uva.nl/bookid/LCSM_200765
Onderwerp: Taal- en letterkunde naar afzonderlijke talen: Franse taalkunde
Trefwoord: Leesvaardigheid, Frans, Leermiddelen (vorm)
Bekijk als:      
Scan: Afbeeldinggrootte:
   Premières lectures françaises: Fransch leesboek voor de lagere klassen der hoogere burgerscholen enz.
Vorige scan Volgende scanScanned page
— 2 --
voir la persistance de cet homme à garder
son habit boutonué, cessa de souffler. La
nature redevint tranquille; la tempête était
passée; le ciel gris tout-a-Fheure était main-
tenant d'un beau bleu azuré ; le soleil re-
parut et se mit à darder ses rayons sur
notre homme. Celui-ci, ne comprenant
rien à ce changement subit s'écria: »Mon
Dieu! quelle chaleur étouffante! il paraît
que l'orage ne sera pas encore pour aujour-
d'hui; mais je n'y puis plus tenir dans ce
gros habit de drap." Et le voilà qui ouvre
son habit, le pend au bout de son bâton
et le porte sur son dos.
.l'espère, dit le soleil au vent, que vous
avez la preuve évidente de mon pouvoir.
Le vent se retira et pour ce jour il. s'avoua
vaincu.
5. LE PAPILLON ET LA LAMPE.
Beau papillon cherchait fortune un soir.
Voyant dans une chambre une lampe allumée,
Rapide, il vole; ô désespoir!
Un carreau le retient, la fenêtre est fermée.
Il va, vient ; de la tête et de l'aile et des pieds
11 frappe à coups multipliés;
Contre la barrière maudite
Le pauvre insecte se dépite;
Tourments superflus, vains efforts:
Le lutin restera dehors.
Comme il pleure, comme il enrage.
Près de la flamme il aperçoit
Un moucheron qui, plus adroit,
A sn se frayer un passage.
Mais qui, plus malheureux, dans les rayons
ardents
Périt. Le papillon, que ce trépas éclaire.
En s'envolant bénit Tobstacle salutaire
Qui vient de s'opposer à ses vœux imprudents.
(Lachambeaudie.)
6. LE GRILLON.
Un pauvre petit grillon
Caché dans Therbe fleurie,
Regardait un papillon
Voltigeant dans la prairie.
L'insecte ailé brillait des plus vives couleurs ;
L'azur, le pourpre et Tor éclataient sur ses
ailes;
Jeune, beau, petit-maître, il court de fleurs
en fleurs.
Prenant et quittant les plus belles.
Ah! disait le grillon, que sou sort et le
mieu
Sont différents! Dame nature
Pour lui fit tout, et pour moi rien.
Je n'ai point de talent, encor moins de
figure ;
Nul ne prend garde à moi, l'on m'ignore
ici-bas;
Autant vaudrait n'exister pas.
Comme il parlait, dans la prairie
Arrive une troupe d'enfants:
Aussitôt les voilà courants
Après ce papillon dont ils ont tous envie.
Chapeaux, mouchoirs, bonnets, servent à
l'attraper.
L'insecte vainement cherche à leur échapper,
11 devient bientôt leur conquête.
L'un le saisit par l'aile, un autre par le corps ;
Un troisième survient, et le prend par la tête:
11 ne fallait pas taut d'efforts
Pour déchirer la pauvre bête.
Oh! oh! dit le grillon, je ne suis plus fâché;
11 en coûte trop cher pour briller dans le
monde.
Combien je vais aimer ma retraite profonde!
Pour vivre heureux vivons caché.
(Florian.)
7. LE SOLEIL ET LA VAPEUR.
Vers le soir d'uu jour d'été, le soleil vit
une vapeur épaisse et malsaîne, qui se ré-
pandait sur les plus belles fleurs des jardins
et des prés. Tu as choisi le temps de mon
départ, dit le soleil, pour ternir les beautés
de la nature: jouis pendant quelques heures
du triomphe de ta maliguité: je reviendrai
demain matiu ré|)arer les maux que tu auras
faits, et mettre flu à ton existence.
Le soleil est l'emblème de la vérité, qui
dissipe, tôt ou tard, les vapeurs de la mé-
disance.
8. L'ANE ET SON MAITRE.
Un âne trouva par hasard une peau de
lion, et s'en revêtit. Ainsi déguisé, il s'en
alla dans les forêts, et répandit partout la
terreur et la consternation ; tous les animaux
fuyaient devant lui. Enfin il rencontra son
maître, qu'il voulut épouvanter aussi; ma\s
le bonhomme apercevant quelque chose de
long aux deux côtés de la tête de l'animal,
lui dit: Maître baudet, quoique vous soyez
vêtu comme un lion, vos oreilles vous tra-
hissent, et montrent que vous n'êtes réel-
lement qu'un âne.
Un sot a toujours un endroit qui le dé-
couvre et le rend ridicule.