Boekgegevens
Titel: Premières lectures françaises: Fransch leesboek voor de lagere klassen der hoogere burgerscholen enz.
Auteur: Herrig, Ludwig; Helderman, D.J.
Uitgave: Deventer: A. ter Gunne, 1871
Auteursrechten: Zie auteursrechten
Citeerinstructie: Bijzondere Collecties van de Universiteit van Amsterdam, UBM: NO 09-353
URL: https://schoolmuseum.uba.uva.nl/bookid/LCSM_200765
Onderwerp: Taal- en letterkunde naar afzonderlijke talen: Franse taalkunde
Trefwoord: Leesvaardigheid, Frans, Leermiddelen (vorm)
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   Premières lectures françaises: Fransch leesboek voor de lagere klassen der hoogere burgerscholen enz.
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~ 125 —
question, et Taccusée n'est pas tenue d'y
répondre. — Vous auriez mieux fait de vous
tî^ire! s'éer.a i'évêque en fureur. — Si je
n'y suis pas, répondit-elle, Dim m'y veuille
recevoir, et si j'y suis, Dieu m'y veuille
conserver. Une autre fois on Tiulerrogeait
touchant sou étendard: »Je le portai au
lieu de lance, disait-elle, pour éviter de
tuer quelqu'un; je n'ai jamais lué personne;"
et puis quand on voulait savoir quelle vertu
elle supposait dans cette bannière, elle répon-
dait: »Je disais: Entrez hardiment parmi
les Anglais, et j'y entrais moi-même.' On
lui parla du sacre de Reims, où elle avait
tenu son étendard près de l'autel. »11 avait
été à la peine, c était bien raison, dit-elle,
qu'il fût à l'honneur."
Malgré »out cela elle fut brûlée vive le
30 mai 1431. (Sismondo de Sismondi.)
114. LOUIS XI.
Ce prince bizarre , si haut avec les grands,
affectait avec la multitude une familiarité
presque bourgeoise; néanmoins la griffe du
lion perçait toujours. 11 fut le premier roi
qui admit ses sujets à table. Mais fré-
quemment, une saillie piquante, un trait
malin et railleur déchiraient le convive cré-
! dule qu'il semblait vouloir caresser.
Un riche marchand . séduit par la faveur
que ce monarque lui avait montrée en le
recevant dans son intimité, lui demanda des
I lettres de noblesse. Elles lui furent accor-
Idées. Dès le lendemain, le roi affecta de
Ile traiter avec ui-e extrême froideur. Le
Imarchand osa s'en plaindre eî s'en étonner.
I,,Comment cela peut-il vous surprendre,
■lui dit L{>uis. Monsieur le gentilhomme,
Ije vous faisais asseoir à ma table , parce
■que je vous regardais comme le premier de
■votre condition, mais aujourd'hui vous êtes
Ile dernier de la classe où vous êtes entré,
jet je ferais tort aux autres en vous traitant
comme eux."
Au reste , la multitude est si disposée à
Icroire ce qu'elle souhaite, que ce prmce
pouvait encore un grand nombre de dupes
[[ui lui faisaient, un renom de boulé , parce
■Jiu'il dinait parfois chez des artiirans, et
foulait qu'on inscrivit son nom sur les re-
gistres de leurs communautés et confréries.
es courtisans lui représentaient quelque-
lois qu'en »'abaissant ainsi il comprotnettait
|a dignité ; mais alors il leur répondait :
^uand orgueil chemine devant, honte et
lîlommage suivent de près.
11 s'irritait contre la résistance, mais par-
donnait les réparties spirituelles. Comme
il montait un jour un cheval d'une très-
petite taille, un de ses favoris parut admi-
rer ia force de ce coursier : ,,Vous voulez
rira , dit le roi , je n'en connais pas un plus
faible. — Moi , je crois , reprit le courtisan,
qu il doit être d'une rare vigueur, parce
qu'il porte Votre Majesté et tout son con-
seil "
Ayant rencontré I'évêque de Chartres mon-
té et équipé magnifiquement, Louis dit:
,,Les évêques voyageaient plus modestement
autrefois. — Oui, sire, répondit i'évêque,
mais c'était au temps des rois pasteurs."
Quelquefois il sortit de cette bouche cru-
elle de belles [)aroles. Ayaut vu Raoul de
Lannoi s'élancer le premier sur la brèche
des remparts d'une ville, et renverser à ses
)ieds une foule de guerriers qui l'assail-
aient, il lui passa au cou une chaîne d'or
de cinq cents écus, en lui disant : „Par la
Pâque-Dieu, mon ami, vous êtes trop fu-
rieux dans un combat , et comme je désire
me servir plus d'une fois de vous, je vois
bien qu'il faut à présent vous enchaîner.
11 ne perdait pas l'occasion d'humilier les
nobles qui le servaient, dès qu'il les 8ur-
)renai( en faute. Ayant /ait un jour à
'improviste une revue des officiers de sa
maison , et les ayant trouvés mal équipés
et mal armés , il leur fit envoyer des écri-
toires, en les avertissant que, puisqu'ils
n'étaient pas en état de le défendre avec
leurs épées, il fallait que désormais ils le
servi^sent avec leurs plumes.
Les tyrans doivent naturellement mépriser
les hommes, car ils ne s'entourent guère
que des plus méprisables. Les confidents,
les amis , les agents de Louis XI étaient
presque tous des intrigants serviles , tels
qu'Olivier, Tristan, et une foule d'autres
qui lui avaient vendu leur conscience et se
montraient toujours prêts à exécuter ses
ordres sanguinaires. 11 se plaisait à rire
avec eux des convulsions dans lesquelles
tombaient les victimes soumises par sa vo-
lonté aux plus cruelles tortures , tortures
dont il se rendait souvent l'invisible témoin.
L'un de ces misérables avait gagné ses
bonnes grâces, en inventant la forme d'un
cachot construit en cône, de sorte que le
malheureux qui y était jeté, ne pouvait s'y
coucher , ui même y goûter un instant de
repos.
Etranger aux sentiments de la nature,
Louis XI, fils ingrat, frère cruel, fut, comme
il devait l'être, un époux froid , dédaigneux