Boekgegevens
Titel: Premières lectures françaises: Fransch leesboek voor de lagere klassen der hoogere burgerscholen enz.
Auteur: Herrig, Ludwig; Helderman, D.J.
Uitgave: Deventer: A. ter Gunne, 1871
Auteursrechten: Zie auteursrechten
Citeerinstructie: Bijzondere Collecties van de Universiteit van Amsterdam, UBM: NO 09-353
URL: https://schoolmuseum.uba.uva.nl/bookid/LCSM_200765
Onderwerp: Taal- en letterkunde naar afzonderlijke talen: Franse taalkunde
Trefwoord: Leesvaardigheid, Frans, Leermiddelen (vorm)
Bekijk als:      
Scan: Afbeeldinggrootte:
   Premières lectures françaises: Fransch leesboek voor de lagere klassen der hoogere burgerscholen enz.
Vorige scan Volgende scanScanned page
— 135 ---
Bâtard, tandis que les capitaines qui l'a-
vaient accompagnée retournaient à Blois
pour y préparer un nouveau convoi.
Jeanne excita dans Orléans le plus vif
enthousiasme; indépendamment de ce qu'elle
avait amené dans la ville un convoi de vi-
vres et un renfort d'hommes ardemment dé-
siré, on avait pour elle bien plus de recon-
naissance encore pour avoir excité le pre-
mier sentiment de crainte que les Anglais
eussent manifesté depuis longtemps. L'a-
bandon de la bîistide. Saint-Jean-le-Blanc
était un signe évident de la terreur dont
ils étaient frappés. En effet, sans éprouver
les forces de la Pucelle ou celles de sa
troupe, sans essayer seulement de l'arrêter
un moment, ils avaient cru sans hésiter à
son pouvoir surnaturel. Jeanne elle-même
ne s'attribuait ni puissance miraculeuse ni
don de prophétie; elle obéissait seulement
à ces voix qu'elle croyait entendre, et qui
lui disaient qu'elle conduirait le roi à Beims
pour y être sacré, et que les Anglais seraient
chassé de France. Elle ne mangeait qu'avec
la plus extrême frugaliié; elle supportait
les plus longues fatigues sans se plaindre ,
elle couchait avec quelque femme la plus
considérée de la ville, et elle semblait sur-
tout occupée du soin d'écarter jusqu'à l'ombre
d'un soupçon sur la pureté de sa conduite,
dans un temps oîi elle était appelée au
milieu du désordre des guerriers. Sa beauté,
sa douceur, ses longues prières , son habitude
de coiSmencer tous ses discours par les mots
en nom de Dieu, comme faisaient les
héraut - d'armes, avaient confirmé les Orléa-
nais ri: ns la croyance qu'elle était une sainte,
et qu'elle avait le pouvoir de l'aire des mira-
cles en leur faveur.
Apiès plusieurs autres succès, qui furent
obtenus ou par la valeur de Jeaiuie d'Arc
ou par la seule terreur de son nom, il fut
reconnu dans le conseil de guerre lies An-
glais, qu'on ne pouvait éviter de lever le
siège, et l'ordre en fut donné poui le lende-
main. En effet le dimanche 8 mai au ma-
tin , Tarmée anglaise se dirigea en assez
bon ordre vers Meun-sur-Loire, abandon-
nant dans ses lignes beaucoup de munitions,
de barrages et de prisonniers.
Le i3 mai, la Pucelle partit d Orléans,
pour venir à Tours rendre compt i au roi
de son premier succès, lui demf ider de
prendre confiance en elle, et de , laisser
conduire par elle à Reims poui 'y faire
sacrer La cour de Charles "Vil e ait tout
enorgueilli de la levée du siège ; cde reçut
la Pucelle avec de grapds honneurs, et elle
résolut de profiter de l'ardeur nouvelle que
montraient les soldats, pour nettoyer d'An-
glais tout le cours de la Loire. Le duc
d'Alençon reçut le commandement de l'ar-
mée. La ville de Fargeau fut prise d'as-
saut , la ville de Beaugency capitula et à
Patay deux mille deux cents Anglais furent
tués , sans avoir eu un instant l'espoir de
vaincre.
Dès le moment de la délivrance d'Orléans
la Pucelle avait sollicité le roi à plusieurH
reprises de venir jouir de ses succès, et
encourager ses loyaux sujets par sa pré-
sence Enfin Charles VU y consentit. L'ar-
mée royale, après avoir passé la Loire, fut
accueillie avec joie par les paysans dans les
bourgades et les villages ; mais les villes
hésitaient davantage à se déclarer pour elle.
Auxerre, qui appartenait au duc de Bour-
gogne, n'osa point ouvrir ses portes au roi:
les bourgeois lui fournirent des vivres, et
lui promirent de le reconnaître, dès que
Troyes, Châlons et Reims se seraient soumis
à lui : le 9 juillet 1429 la ville de Troyes
lui ouvrit ses portes, de même Châlons, et
le samedi 16 juillet au soir, Charles entra
avec son armée dans Reims. Jeanne mar-
chait devant lui, parmi les guerriers ; son
étendard à la main, et tous les regards
étaient fixés sur elle.
Le roi fut sacré dès le lendemain 17 juil-
let, avec toutes les cérémonies d'usage et
autant de pon)pe qu'en pouvait permettre
la hâte avec laquelle il avait marché. La
Pucelle fut présente à l'église, proche du
roi et du maître-autel, avec son étendard
à la main. Après le sacre elle embrassa
les genoux du roi eu pleurant à chaudes
larmes. »Gentil roi," lui dit-elle, «ores est
exécuté le plaisir de Dieu, qui voulait que
vinssiez à Reims recevoir votre (iigne sacre,
en montrant que vous êtes vrai roi, et
celui auquel le royaume doit appartenir.
J'ai accompli ce que mesbire ma com-
mandé, ajouta-t-elle peu après, qui était de
lever le siège d'Oriéans et de faire sacrer
le gentil roi ; je voudrais bien qu'il voulût
me faire ramener auprès de mes père et
mère, à garder leurs brebis et bétail, et
faire ce que je voudrai faire." Son père
et son oncle étaient venus à Reims pour
partager sa gloire, et ils augmentaient son
désir de rentrer dans sa famille, Mais les
capitaines de Char! s Vil, en combattant
aux côtés de Jean.ie et en l'appelant à
leurs con&;ils, avaient reconnu qu'elle était
leur plus puissant auxiliaire, par l'effet
qu'elle produisait sur les soldats, sur le