Boekgegevens
Titel: Premières lectures françaises: Fransch leesboek voor de lagere klassen der hoogere burgerscholen enz.
Auteur: Herrig, Ludwig; Helderman, D.J.
Uitgave: Deventer: A. ter Gunne, 1871
Auteursrechten: Zie auteursrechten
Citeerinstructie: Bijzondere Collecties van de Universiteit van Amsterdam, UBM: NO 09-353
URL: https://schoolmuseum.uba.uva.nl/bookid/LCSM_200765
Onderwerp: Taal- en letterkunde naar afzonderlijke talen: Franse taalkunde
Trefwoord: Leesvaardigheid, Frans, Leermiddelen (vorm)
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   Premières lectures françaises: Fransch leesboek voor de lagere klassen der hoogere burgerscholen enz.
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)remier rang, à Tépoque du règne de
Oharles V, Texistence dun nombre infini
de soldats de toute nation et de toute ori-
gine qui, vendant leur épée à quiconque
pouvait la payer, dévastaient le royaume
dans tous les sens, et s'occupaient moins
de combattre les ennemis, que de dépouiller
les pauvres habitants.
Les Routiers (c'était ainsi que l'on nom-
mait ces soldats farouches et insatiables de
pillage) formaient des bandes formidables
que Ton désignait alors sous le nom de
grandes compagnies , ou compagnies d aven-
tures; plusieurs barons français et anglais
s'étaient mis à leur tête, et cette soldates-
que indisciplinée était un fléau que rien ne
pouvait contenir ni détourner. Du Gues-
clin, que sa haute renommée de courage
faisait respecter même de ces hommes ter-
ribles, fut chargé par Charles V de con-
duire plusieurs de ces compagnies en Es-
pagne, sous prétexte de guerroyer, mais en
réalité dans l'espoir qu'elles y seraient ex-
terminées. Malheureusement , cette expé-
dition , où le Connétable acquit une nou-
velle gloire, quoique la fortune des armes
ne lui fût pas toujours favorable, ne pro-
duisit pas l effet qu'on en attendait : après
une courte campagne, les Routiers rentrè-
rent par troupes dans le royaume, où, sous
différents chefs, ils continuèrent encore leurs
ravages pendant près de cinquante années.
11 me serait impossible, mes jeunes arnis,
de vous dire ici tous les services que Du
Guesclin rendit à la Erance tant qu'il vé-
cut , mais l'espace nous manque pour vous
raconter cette histoire où vous apprendriez
en même temps à honorer le nom de ce
grand homme, qui montra dans toutes les
circonstances de sa vie autant d'humanité
que de bravoure. Atteint d'une maladie
mortelle pendant qu'il assiégeait, en Au-
vergue, le château de Randan, occupé par
les Anglais, il s'aperçut bientôt qu'il allait
mourir, et faisant appeler autour de son
lit les Ciipitaines de son armée, il leur re-
commanda, en les embrassant , de Jie point
oublier, dans quelque pays qu'ils fissent la
guerre, que les gens d'Église, les femmes,
les enfants et le pauvre peuple ne devaient
jamais être traités en ennemis.
Lorsque l'illustre Connétable eut rendu
le dernier soupir, le gouverneur du château
de Randan vint déposer sur son ct-rcueil les
clefs de ses portes, pour témoigner ainsi à
la face du monde entier le respect que ses
ennemis mêmes portaient à sa mémoire.
(Lamé Fleury.)
113. LA PUCELLE D'ORLEANS.
Jeanne d'Arc avait dix-neuf ans accom-
plis à l'époque où les Anglais pressaient le
siéu'e d'Orléans, au commencement de l'année
1429: elle était belle, forte, adroite; coura-
geuse comme une jeune fille élevée dans les
champs l'Ile avait été demandée en mariage
)ar un jeune homme de Tout; mais elle
'avait relu.-é parce que, disait-elle, elle avait
voué sa virginité à Dieu et à la délivrance
de la Erance. Au mois de janvier, elle alla
passer quelques jours chez un de ses oncles
nommé Durand Laxart: c'est à lui qu'elle
parla pour la prentière fois de la mission
qu'elle ava*t reçue du ciel pour la délivrance
de la Erance, et elle l'engagea à la conduire
à un capitaine dévoué à Charles, nommé
Robert de Baudricourt, qui se trouvait à'
Vaucouleurs, petite ville peu éloignée de
Domremy. Baudricourt ne regardait pas
comnje impossible l'intervention miraculeuse
des auges et des saints en faveur de la
Erance; mais il était lout aussi disposé à
croire à celle des fées ou des mauvais esprits
qui se r^^^semblaient, disait-on, ou au bois
Chenu, à uue demi lieue de la maison de
Jefinne, ou sur l'arbre des Eées, hêtre
majestueux, qui s'élevait sur le chemin de
Domremy à Neufchâteau. Enfin une troisième
supposition se présentait encore à son esprit
avec plus de probabilité que les autres: peut-
être la jeune fille mii venait lui offrir son
bras pour délivrer la France était folle ; aussi
re[»oussa-t-ii d'abord sa prière de lui donner
quelques-uns de ses chevaliers pour l'accom-
pagner au iraversd'un pays ennemi, jusqu'au
roi,' qui était à plus de cent cinquante lieues
de distance. Il conseilla donc à André
Luxart de la bien souffleter et de la ramener
chez son père. Mais Jeanne ne se rebuta
point; elle revint deux fois à lui avec plus
d'instance encore , répétant qu'il fallait ab-
solument qu'elle allât vers le noble Dauphin,
parce que son seigneur le roi du ciel le
voulait ainsi. Deux gentilshommes, Jean
de Metz et Bertrand de Poulengy, se trou-
vèrent présents à ces conférences; ils piêtè-
rent foi à son inspiration ; ils furent échauffés
par son enthousiasme, et ils offrirent de
l'accompagner, et de fournir à la dépense
de son modeste équipement. Beaudricourt
lui donna yeulement une épée; elle fit écrire
à son père et à sa mère pour leur itemander
leur congé et ia compugnie de son troisième
frère, Pierre d'Arc. Elle coupa ses longs
cheveux, prit des habits d'hounne, er partit
de Vaucouleurs au commencement de février