Boekgegevens
Titel: Premières lectures françaises: Fransch leesboek voor de lagere klassen der hoogere burgerscholen enz.
Auteur: Herrig, Ludwig; Helderman, D.J.
Uitgave: Deventer: A. ter Gunne, 1871
Auteursrechten: Zie auteursrechten
Citeerinstructie: Bijzondere Collecties van de Universiteit van Amsterdam, UBM: NO 09-353
URL: https://schoolmuseum.uba.uva.nl/bookid/LCSM_200765
Onderwerp: Taal- en letterkunde naar afzonderlijke talen: Franse taalkunde
Trefwoord: Leesvaardigheid, Frans, Leermiddelen (vorm)
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   Premières lectures françaises: Fransch leesboek voor de lagere klassen der hoogere burgerscholen enz.
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~ 117 —
m. LES GUERRES CONTRE LES
ANGLAIS.
Avec le dernier fils de Philippe le-Bel
s'éteint la première branche des Capétiens
(1328).
Un terrible fléau, une guerre d'un siècle
vient arrêter la France dans son progrès.
A la mort de Louis X. les états généraux
avaient écarté sa fille du trône pour y .ap-
peler son frère, établissant la loi d'Etat
qu'on a nommé loi salique. A,l'extinction
de la famille de Philippe-le-Bel, Edouard LU
roi d'Angleterre, qui descendait de ce
prince par sa mère, prétendit succéder à
Charles il; les états, confirmant la loi sa-
lique, donnèrent la couronne à Philippe de
Valois. Edouard se soumit d'abord et prêta
hommage pour la Guyenne à Philippe VI.
Mais dix ans après, à l'instigation de Ro-
bert d'Artois et des Flamands révoltés
sous le brasseur Arteveldt, il renouvela ses
prétentions, prit le titre de roi de France
et commença la guerre (1337). La Flandre
et la Bretagne en furent d'abord le théâtre.
Mais en 1346, Edouard débarqua en Nor-
mandie, ravagea le pays et poussa ses cou-
reurs jusqu'à Saint-Cloud. Philippe VI
l'alla attendre avec une brillante et immense
armée féodale en Picardie. Alors fut livrée
la bataille de Crécy. Tout fut conduit du
côté des Français avec maladresse et dés-
ordre ; ou fit, une marche de cinq lieues
par la pluie avant le combat. Les seigneurs,
au lieu d'accepter un ordre de bataille rai-
sonnable, se portèrent tous en avant pour
être des premiers à frapper. Us ét^ent si
pressés de porter des coups, qu'ils passè-
rent sur le corps des archers génois qui
formaient l'avant-garde française. C'était
assez pour perdre la bataille, et jamais dés-
astre ne fut pins complet. L'année sui-
vante Edouard s'empare de Calais; les ha-
bitants furent épargnés grâce à l'admirable
dévouement d'Eustache de Saint-Pierre,
mais la ville resta deux siècles aux mains
des Anglais, pour qui elle fut mainte fois
l'entrée de la France.
Le règne de Jean fut encore plus mal-
heureux que celui de Philippe. La race
des Valois se montra au début brillante et
courageuse, mais dépensière, frivole et sans
habileté. Jean trouva le trésor vide: il
appela les états généraux et les pria de le
remplir. Ceux-ci, interprètes des misères
du peuple, et déjà pénétrés du sentiment
de leurs droits et de leur rôle, proposèrent
des réformes tout à fait révolutionnaires et
profondément justes, comme de soumettre
à l'impôt les prélats et les nobles, et de
surveiller par une commission nationale
l'emploi des deniers publics. Jean prit
l'argent, éluda les réformes et s'en alla en
campagne du côté de Poitiersoîi il pen-
sait enlever avec ses soixante mille cheva-
liers la petite armée du prince de Galles,
Celui-ci, avec six mille fantassins et deux
mille hommes d'armes, le battit complète-
tnent et le fit prisonnier. Le roi pris, une
grande partie de la chevalerie couchée dans
la poussière, la Erance était perdue si le
peuple ne l'eût sauvée.
Ce fut à cette époque que furent convo-
qués les états généraux de 1356 et de 1357,
dont le membre le plus remarquable fut
Etienne Marcel, prévôt des marchands de
Paris. C'est alors que le tiers-état, sous
ce chef audacieux et habile, arracha au
Dauphin cette magnifique ordonnance dont
l'execulion eût fait faire à la France un
pas de quatre siècles; la réunion périodique
des états généraux tous les deux ans, l'éta-
blissement de trente-six élus du pays pour
assister et surveiller le g(mvernement daus
l'intervalle, le vote des impôts; l'armement
de tout homme en France, la défense aux
nobles de guerroyer entre eux; la réforma-
tion de la justice, etc. Voilà ce qu'établis-
sait l'ordonnance et ce qui ne fut nullement
pratiqué. Le peuple de Paris, irrité, se
souleva et massacra aux pieds du Dauphin
les maréchaux de Champagne et de Nor-
mandie Les hommes des campagnes, qui
souffraient bien plus encore de la guerre,
se répandirent par tout le pays sous le nom
de Jacques et firent d'nffreux ravages. La
misère les poussait là: mais ils savaient
faire mieux quand l'Anglais se présentait.
Deux cents laboureurs s'étaient retranchés
sur une hauteur, près de Compiègne, pour
résister; les Anglais arrivent inopinément,
s'introduisent dans la place et ttient le capi-
taine. Parmi les paysans, il s'en trouva un
d'une force prodigieuse, nommé le Grand-
Ferré. Quand il vit son capitaine mort, il fon-
dit avec fureur sur les Anglais, maniant une
lourde hache, frappant et redoublant si bien,
qu'il fit place nette; il n'en touchait pas un
qu'il ne fendît le casque ou n'abattit le bras.
Voilà tous les Anglais qui se mettent à
fuir, et phisieurs sautent dans le fossé et
s'y noient. Le Grand-Ferré tue leur porte-
enseigne et dit à un de ses camarades de por-
ter la bannière anglaise au fossé. L'autre, lui
montrant qu'il y avait encore une loule d'en-
nemis entre lui etlefosçé; »Suis-moidonCj"