Boekgegevens
Titel: Premières lectures françaises: Fransch leesboek voor de lagere klassen der hoogere burgerscholen enz.
Auteur: Herrig, Ludwig; Helderman, D.J.
Uitgave: Deventer: A. ter Gunne, 1871
Auteursrechten: Zie auteursrechten
Citeerinstructie: Bijzondere Collecties van de Universiteit van Amsterdam, UBM: NO 09-353
URL: https://schoolmuseum.uba.uva.nl/bookid/LCSM_200765
Onderwerp: Taal- en letterkunde naar afzonderlijke talen: Franse taalkunde
Trefwoord: Leesvaardigheid, Frans, Leermiddelen (vorm)
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   Premières lectures françaises: Fransch leesboek voor de lagere klassen der hoogere burgerscholen enz.
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Que la,mer gronde sourdement;
E^t que, messager de tempête,
L'alcyon passe sur sa tête
Avec'un long gémissement.
Du milieu des plaines profondes
On cri soudain s'est élancé.
Qu'est devenu le roi des ondes ?
C^'en est fait: l'orage a passé.
Les flots qui tremblaient sous un maître,
Aux lieux qui l'ont vu disparaître
Venant sans bruit se réunir,
Roulent avec indifférence,
Et de sa superbe existence
N'ont plus même le souvenir,
(Le Brun.)
109. LES VÊPRES SICILIENNES.
C'est sous le règne de Philîppe-le-Hardi,
fils de Saint-Louis, que se passa dans l'île
, de Sicile , un événement mémorable.
Charles d'Anjou, frère de Saint-Louis,
avait autrefois conduit dans cette île une
armée française, à l'aide de laquelle il avait
fait la conquête du royaume de Naples,
dont la Sicile faisait partie. Ce prince ac-
corda de si grandes récompenses aux sol-
dats français qui l'avaient suivi, que beau-
coup d'entre eux, renonçant à leur patrie,
résolurent de s'établir dans un pays où ils
avaient été si bien traités.
La plupart de ces soldats étaient des
hommes grossiers, fiers et insolents, qui
crurent avoir le droit de mépriser les Sici-
liens, parce qu'ils les avaient vaincus; mais
ceux-ci supportaient avec peine que ia pré-
sence de ces étrangers leur rappelât sans
cesse leur défaite. Plusieurs des principaux
seigneurs du pays , parmi lesquels se faisait
remarquer Jean Procida , de l'une des plus
illustres familles de Sicile, ne cessaient
d'ailleurs de susciter de tous côtés des en-
nemis aux Erançais, et d'entretenir parmi
la populace l'espoir d'une prochaine déli-
vrance.
Un jour de Pâques, dans le moment
même que sonnaient les cloches des vêpres ,
ou office du soir, un soldat français, pris
de boisson, maltraita dans une rue de Pa-
lerme une jeune fille qui appela les passants
à sou secours; et le peuple ameuté, se je-
tant sur cet homme, le mit en pièces. Ce
fut le commencement d'un massacre général.
Tous les Erançais établis dans cette ville
furent égorgés, sans distinction d'âge ni de
sexe; et la multitude en furie ne s'arrêta
que lorsqu'elle ne trouva plus de victimes.
Dès que ce massacre fut connu dans les
autres villes de Sicile, le même sort devint
le partage de tous les Erançais, contre les-
quels Procida excita la fureur du peuple.
Cette épouvantable boucherie reçut le nom
de Vêpres siciliennes, et le nombre des
malheureux qui périrent dans ce massacre
s'éleva, dit-on, à plus de huit mille.
Philippe-le-Hardi ne fut pas maître de
sa dou eur et de son ressentiment lorsqu'il
vit son oncle Charles d'Anjou dépouillé de
cette couronne qui venait de coûter la vie
à un si grand nombre de Erançais; il se
disposait même à conduire une armée for-
midable iiontre le roi d'Espagne, qui s'était
déclaré pour Jean Procida et les égorgeurs
de Palerme, lorsqu'il mourut de maladie
dans un âge encore peu avancé.
Philippe son fils aîné, âgé de dix-sept
ans, monta sur le trône à sa place, et on
le nomma Philippe IV, ou Philippe-Ie-Bel,
à cause de la beauté de son visage et de
la noblesse de sa taille. (Porquet.)
110. LES TEMPLIERS.
Quoique Philippe-le-Bel sortit à peine
de l'enfance, lorsque la couronne lui échut
en partage, il annonçait déjà un caractère
si énergique et des qualités tellement re-
marquables, que son avènement fit conce-
voir l'espérance d'un règne comparable aux
plus beaux temps de la monarchie; et en
effet , cet espoir se fût réalisé, s'il n'en eût
terni l'éclat par une action aussi injuste
que barbare.
Dans le cours des croisades, tous les
guerriers qui se rendaient en Palestine
étaient certainement doués d'une grande
bravoure, que relevait encore l'éclat d'une
foi vive et ardente ; mais parmi les plus
illustres, on distinguait les religieux soldats,
qui portaient le titre de Templiers ou de
chevaliers du Temple, parce qu'ils s'étaient
voués à la garde et à la défense du temple
de Jérusalem.
Le chef des Templiers était investi du
titre de grand-maître, et c'était ordinûre-
ment un vieillard aussi renommé par ses
vertus que par son courage. Du temps de
Philippe le-Bel, le grand maître des Tem-
pliers se nommait Jacques Molay.
Pendant les guerres des croisades, et
longtemps encore après, les chevaliers du
Temple ^vajent vaillamment combattu les
Sarrasins, et l'histoire de cet ordre est
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