Boekgegevens
Titel: Premières lectures françaises: Fransch leesboek voor de lagere klassen der hoogere burgerscholen enz.
Auteur: Herrig, Ludwig; Helderman, D.J.
Uitgave: Deventer: A. ter Gunne, 1871
Auteursrechten: Zie auteursrechten
Citeerinstructie: Bijzondere Collecties van de Universiteit van Amsterdam, UBM: NO 09-353
URL: https://schoolmuseum.uba.uva.nl/bookid/LCSM_200765
Onderwerp: Taal- en letterkunde naar afzonderlijke talen: Franse taalkunde
Trefwoord: Leesvaardigheid, Frans, Leermiddelen (vorm)
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   Premières lectures françaises: Fransch leesboek voor de lagere klassen der hoogere burgerscholen enz.
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~ 114 —
chêne au pied duquel Saînt-Louis, vêtu
sans faste, donnait familièrement audience,
et, sans distinction de rang , rendait la jus-
tice à tous ses sujets.
Aussi le nom de Louis, redouté dans les
châteaux, vénéré dans les cloîtres, était
béni dans les campagnes. Le sceptre pro-
tégeait la charrue, et le glaive royal, écar-
tant de toutes les routes les brigands, qui
les avaient si longtemps infestées, ouvrait
au commerce et à l'industrie une circulation
libre et paisible.
107. LA MEH.
Rien n'est plus imposant que l'aspect de
rOcéan, vu du haut d'une côte élevée au
pied de laquelle les ondes viennent se briser
en mugissant. Rien de plus terrible et de
plus sublime que la mer, lorsque la tempête
soulève ses flots et amoncelle ses vagues
irritées ; mais en même temps rien de plus
utile que ce même élément. L'Océan, par
ses exhalaisons, qui rafraîchissent et hutnec-
tent l'air, entretient la vie végétale et four-
nit les aliments uécessaires à ces admirables
canaux d'eau courante, qui coulent txïujours
et qu'entretiennent des sources qui ne taris-
sent jamais. Sans ces vapeurs qui, à chaque
instant, s'échappent de la surface des mers,
la terre languirait déserte et inanimée. Ce
vaste amas d'eau sert également à engloutir
et à décomposer beaucoup de mauvais gaz
et de débris du règne animal et du règne
végétal. Eufin, l'Océan, en ouvrant un vaste
champ au commerce, rend voisines les nations
les p us éloignées.
Le fond du bassin de la mer semble avoir
des inégalités semblables à celles qu'offre la
surface de la terre ; mis à sec , il présenterait
des montagnes, des vallées, des plaines; il
est d'ailleurs presque partout habité par une
immense quantité d'animaux testacés, ou
couvert par des sables et des graviers.
Il y a des endroits dans la mer où l'on
n'a pas trouvé de fond, parce que les in-
struments dont on se sert ordinairement,
sont trop petits pour en sonder toute la
profondeur. La salure et l'amertume des
eaux de mer les rendent désagréables au
goût et inutiles pour l'usage de l'homme.
Aussi les marins, quoique nageant au milieu
des eaux, se voient quelquefois exposés à
mourir de soif, lorsque leur provision d'eau
douce est épuisée.
La couleur de la mer varie beaucoup :
elle est en général d'un bleu verdâtre foncé
qui, vers les côtes, devient plus clair.
108. LE VAISSEAU.
Je vois aux plaines de Neptune
Un vaisseau brillant de beauté,
Qui, dans sa superbe fortune.
Va, d'un pôle à l'autre porté.
De voiles au loin ondoyantes.
De banderoles éclatantes
Il se couronne dans les airs.
Et seul sur l'humide domaine,
Avec orgueil il se promène.
Et dit: Je suis roi des mers.
Des lieux où l'onde sarmatique
Erappe des rivages glacés,
Aux lieux où le pied de l'Afrique
Repousse les flots courroucés.
Et des magnifiques contrées
Que nos pères ont ignorées ,
Aux lointains et fertiles bords,
Où la vieille nature étale.
Avec sa pompe orientale,
Toute "sa gloire et ses trésors,
il porte sa vaste espérance.
Héritier des peuples divers,
11 recueille daus sa route immense
Les richesses de l'univers.
11 va chercher l'or au Po'ose,
Aux champs que l'Amazone arrose.
Et jusques au berceau du jour ;
Et se pare, au milieu de l'onde,
Des riches tributs de Golconde,
Du Bengale et de Visapour.
Cependant la mer azurée.
Sans vagues et sans aquilons,
Réfléchit sa poupe dorée
Et l'éclat de ses pavillons.
Ses matelots, vêtus de soie.
Sous un ciel pur boivent la joie,
Et chantent leur prospérité,
Tandis que, renversant sa coupe.
Le vieux pilote sur la poupe.
S'endort plein de sécurité.
11 n'a pas lu dans les étoiles
Les menaces de l'avenir;
Il n'aperçoit pas que ses voiles
Ne savent plus quels vents tenir;
Que le ciel est devenu sombre.
Que des vents s'est accru le uombre,