Boekgegevens
Titel: Premières lectures françaises: Fransch leesboek voor de lagere klassen der hoogere burgerscholen enz.
Auteur: Herrig, Ludwig; Helderman, D.J.
Uitgave: Deventer: A. ter Gunne, 1871
Auteursrechten: Zie auteursrechten
Citeerinstructie: Bijzondere Collecties van de Universiteit van Amsterdam, UBM: NO 09-353
URL: https://schoolmuseum.uba.uva.nl/bookid/LCSM_200765
Onderwerp: Taal- en letterkunde naar afzonderlijke talen: Franse taalkunde
Trefwoord: Leesvaardigheid, Frans, Leermiddelen (vorm)
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   Premières lectures françaises: Fransch leesboek voor de lagere klassen der hoogere burgerscholen enz.
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sieurs millions d'hommes et des trésors im-
menses: beaucoup de familles illustres et
généreuses s'appauvrirent, se ruinèrent ou
s'éteignirent meme; la longue absence des
princes hors de leurs états y fit naître des
désordres de toute espèce, dont l'Allemagne,
l'Angleterre et la France se ressentirent le
plus. D'un autre côté, les papes obtinrent
une très-grande influence: c'étaient propre-
ment leurs armées qui allaient en Palestine
par leurs ordres , et recevaient d'eux, pour
principale récompense de leur zèle, la ré-
mission de leurs péchés En envoyant ainsi
les princes hors de l'Europe, ils se débar-
rassaient de redoutables adversaires, et
pouvaient dominer plus à leur aise dans
cette >artie du monde. Les ecclésiastiques
s'enric lirent aussi par les croisades ; car
beaucoup de seigneurs et de particuliers,
)our y prendre part, leur vendaient ou leur
lypothéquaient leurs terres, quelques-uns
mêmes les leur donnaient, dans l'espérance
d'acquérir un bien plus précieux, le salut
de leur âme.
D'un autre côté, c'est aux croisades que
l'on doit la chuie de la féodalité , les affran-
chissements, l'établissement des communes,
l'introduction du tiers état ou peuple dans
les affaires publiques; la culture des langues
vulgaires , les progrès de la navigation , qui,
en ouvrant une carrière plus vaste aux spé-
lulations, et en facilitant les échanges, fit
participer le commerce aux avantages qu'elle
relirail elle-même des expéditions d'outre-
mer. Les villes maritimes apprirent le
hemin de l'Orient, d'où elles rapportèrent
es riches tissus et autres produits du luxe,
[ja science fit aussi de pacifiques conquêtes,
t rapporta, soit des Grecs , soit des Arabes,
es trésors oubliés de l'antiquité grecque et
romaine. Ainsi furent développés en Euro|)e
es germes de la civilisation.
La noblesse, ruinée par ces expéditions
ventureuses, perdit en puissance et en ri-
lesses ce qu'elle gagna eu illustration et
n distinctions honorifiques; les princes, si
on en excepte les empereurs, s'agrandirent
ses dépens, et furent obligés d'appeler le
il euple au partage de leur puissance nou-
eile.
Un autre résultat immédiat des croisades
it rétablissement des ordres religieux et
lilitaires des Templiers, des Hospitaliers
t )rdre de Malte) , des chevaliers Teutoni-
ues, qui jouèrent un grand rôle dans This-
►ire de l'Europe; mais leurs résultats éloi-
lés furent immenses. Les Hospitaliers
rent créés, l'an 1110, par Gérard de Mar-
tigues; chassés de la Palestine par Bondo-
char, ils s'illustrèrent à Rhodes, puis à
Malle. Les Templiers, fondés en 1118 par
Hugues Payens , furent dissous par le pape
Clément VU sous Philippe le Bel. Enfin
les Teutoniques, établis par Henri Walpot
en 1190, se concentrèrent dans la Courlande,
où ils luttèrent longtemps avec gloire con-
tre les peuples du Nord.
106. LOUIS IX.
Louis se montra toujours charitable pour
les pauvres, clément pour ses ennemis, in-
dulgent pour les faiblesses d'autrui, sévère
)our les siennes, ami de la justice, scrupu-
eux jusqu'à l'excès dans ses promesses et
dans ses traités; en un mot , tellement in-
tègre et impartial, que tous les peuples et
tous les rois se soumettaient volontairement
à son arbitrage.
Doux jusqu'à la faiblesse dans sa vie do-
mestique, il bravait les périls avec l'audace
d'un lion ; compatissant aux maux de ses
soldats, il était avare de leur sang, pro-
digue du sien ; et, chrétien sous la tente
comme daus les temples , il soignait avec
un courage évangélique , dans les hôpitaux,
les pestiférés. Ces infortunés, abandonnés
par tous leurs compagnons n'étaient visités
et consolés que par leur roi.
Saint-Louis, dans sa vie privée, aimait
la simplicité; mais, dans les fêtes, il dé-
ployait un luxe convenable à sa dignité:
au reste, ce luxe paraîtrait bien mesquin,
en le comparant à la magnificence moderne,
puisqu'au mariîige de ce prince ou admirait,
comme une grande rareté, deux cuillères
d'or qui ornaient sa table.
Ce prince ne croyait pas que l'oisiveté
fût jamais permise à un roi: occupé sans
relâclie à remplir ses devoirs, lorsque la
paix lui laissait quelques loisirs, il ne se
reposait de ses travaux guerriers qu'en se
livrant avec assiduité à ceux de la piété,
de la justice et de l'administration.
Sûr de l'affection qu'il inspirait, ce roi
vertueux marchait partout sans défense
comme sans crainte; accessible à tous ses
sujets, écoutant leurs plaintes, il daignait
juger lui-même leurs contestations et con-
cilier leurs différends.
L'imagination peut être éblouie par -l'é-
clat d'un monarque puissant, entouré sur
son trône d'une cour pompeuse et d'une
garde imposante; mais le cœur est profon-
dément ému au souvenir de ce vénérable
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