Boekgegevens
Titel: Premières lectures françaises: Fransch leesboek voor de lagere klassen der hoogere burgerscholen enz.
Auteur: Herrig, Ludwig; Helderman, D.J.
Uitgave: Deventer: A. ter Gunne, 1871
Auteursrechten: Zie auteursrechten
Citeerinstructie: Bijzondere Collecties van de Universiteit van Amsterdam, UBM: NO 09-353
URL: https://schoolmuseum.uba.uva.nl/bookid/LCSM_200765
Onderwerp: Taal- en letterkunde naar afzonderlijke talen: Franse taalkunde
Trefwoord: Leesvaardigheid, Frans, Leermiddelen (vorm)
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   Premières lectures françaises: Fransch leesboek voor de lagere klassen der hoogere burgerscholen enz.
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Pendaut que Cliarles-le-Simple était re-
tenu en prison, les plus puissants seigneurs
du royaume, parmi lesquels on distinguait
Hugues-le-Blanc, comte de Paris et posses-
seur de beaucoup d'antres seigneuries , ju-
gèrent à propos d'appeler au trône l'un
d'entre eux, nommé Éaoul, duc de Bour-
gogne , qui avait épousé la fille du roi Ro-
bert 1.
Ce Raoul, comme son beau-père, n'était
loint de la famille des Carlovingiens ; ce
ut précisément pour cette raison que les
seigneurs français le portèrent au trône.
Depuis que l'on s'était aperçu que les de-
scendants de Charlemagne affectaient de con-
server leur langue barbare, la nouvelle na-
tion ne les voyait plus qu'avec défiance , et
leur reprochait de se regarder plutôt comme
les princes des Germains que comme ceux
des Français,
Raoul ne vécut que peu de temps, et la
plupart des Français pensèrent que Hugues-
e-Blanc son beau-frère voudrait être roi à
son tour; mais il s'en fallait bien que celle
dignité parût digne d'envie au comte de Paris,
et ce fut lui, au contraire, qui proposa aux
seigneurs assemblés d'offrir la royauté au jeune
Us de Charles-le-Simple, que sa mère avait
lutrefois conduit en Angleterre.
Plusieurs Seigneurs français s'embarquèrent
donc pour cette contrée, et comme le jeune
Louis était encore de l'autre côté du détroit
lui sépare les deux pays, lorsqu'il fut pro-
îlamé roi de France, on lui donna le nom
le Louis IV., ou d'Outre-=Mer, sous lequel
1 est connu dans l'histoire.
Louis IV. qui n'avait que treize ans lors-
lu'il fut ainsi appelé au t rône consentit d'a-
lord à suivre les conseils de Hugues, mais
lins tard il se brouilla avec lui, et celui-ci,
utré de son ingratitude, l'abandonna au
louvoir des Normands et des autres ennemis
e la race Carlovingienne ; il eût même passé
ans doute, comme son père, la plus grande
artie de sa vie dans une étroite prison , si
a reine Gerbergo, sa femme, qui était la
elle-sœur de Hugues, n'eût supplié ce sei-
neur de l'arracher au triste sort qui le
lenaçait.
' On ne sait pourtant pas ce qui serait ar-
ivé à la fin à ces deux princes entre les-
ùels se divisaient les seigneurs français,
arce que l'un leur représentait le rejeton
e l'illustre dynastie desCarlings, tandisque
autre était à leurs yeux le chef de la nou-
elle nation française', lorsque Louis-d'Outre-
fer, étant un jour à la chasse daus une
irêt des environs de Reims, fit une chute
de cheval, et mourut au bout de peu de
jours.
Pour cette fois encore tout le monde pensa
que }lugues-le-Blanc allait mettre sur sa
tête la couronne de France; mais il n'en
fit rien, et comme Louis IV. avait laissé
deux fils en bas âge, nommés Lothaire et
Charles, il conduisit lui-même à Reims,
L'aîné de ces princes, et le fit sacrer roides
Français.
Ce fut la dernière action que fit Hugues-
Ic-Blanc avant sa mort ; ce vaillant prince
tomba malade quelque temps après, et laissa
sa puissance à ses trois fils, dont l'aîné,
Hugues, duc de France et comte de Paris,
comme son père, fut surnommé Capiton ou
Capet, ce qui voulait dire alors un homme
de tête et de cœur.
Tant que Charles, ce jeune frère du roi
Lothaire, auquel Hugues-lc-Blanc n'avait
îoint songé dans le partage du royaume, ne
"ut qu'un enfant, il ne pensa pas à être
jaloux de ce que la royauté avait été donnée
tout entière à son aîné; mais lorsqu'il fut
devenu grand, il devint envieux de l'élévation
de son frère,
Charles s'en alla donc à la cour d'Othon,
roi de Germanie, qui était un de ses cou-
sins, et là, il fit tant par ses discours que
ce prince déclara la guerre à Lothaire, et
s'avança aux portes de Paris avec une armée
considérable; mais il s'éloigna avec précipi-
tation eu apprenant que Lothaire , et Hugues-
Capct, ayant réuni leurs troupes, s'avan-
çaient pour le combattre.
Le roi des Germains n'eut donc que le
temps de se retirw en toute hâte; mais battu
peu de jours après par les Français au pas-
sage de la rivière d'Aisne, auprès de Sois-
sons, il ne dut son salut qu'à une trêve que
lui accorda le roi Lothaire.
Cette modération de Lothaire irrita les
seigneurs français, qui lui reprochèrent,
comme on l'avait déjà reproché à son père
et à son aïeul, d'être plus Germain que
Français. Un grand nombre de Seigneurs,
qui ui avaient été fidèles jusqu'à ce jour,
se tournèrent du côté de Hugues-Capet, et
on put prévoir dès ce moment que la dynas-
tie des Carlovingiens touchait à sa fin.
Cette circonstance parut done si favorable
à Hugues-Capet jiour se faire donner le litre
de roi des Français, qu'après avoir convoqué
à Soissons une assemblée des principaux
Seigneurs de l'ancienne Neustrie, et avec
l'aide des ducs de Bourgogne et de Norman-
die, qui étaient ses parents et ses amis, il
se fit sacrer à Reims par l'évêque de cette