Boekgegevens
Titel: Premières lectures françaises: Fransch leesboek voor de lagere klassen der hoogere burgerscholen enz.
Auteur: Herrig, Ludwig; Helderman, D.J.
Uitgave: Deventer: A. ter Gunne, 1871
Auteursrechten: Zie auteursrechten
Citeerinstructie: Bijzondere Collecties van de Universiteit van Amsterdam, UBM: NO 09-353
URL: https://schoolmuseum.uba.uva.nl/bookid/LCSM_200765
Onderwerp: Taal- en letterkunde naar afzonderlijke talen: Franse taalkunde
Trefwoord: Leesvaardigheid, Frans, Leermiddelen (vorm)
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   Premières lectures françaises: Fransch leesboek voor de lagere klassen der hoogere burgerscholen enz.
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à Verberie, ne dat la conservation de sa
couronne qu'à !a jalousie des vainqueurs.
Retombé entre leurs mains, il fat déposé
dans l'assemblée de Compiègne. L'indigna-
tion de la France lui rendit le sceptre ;
niais, à la nouvelle d'une troisième révolté,
il mourut de douleur près de Mayence.
Les trois fils qui restaient à Louis par-
tagèrent l'empire en autant de portions
principales, dont la première, qui échut à
Lothaire, comprenait, outre l'Italie, à la-
quelle était attachée la dignité impériale ,
une grande partie de la France , les Pays-
Bas jusqu'au Rhin, et l'Helvétie méridionale;
la seconde, qui échut à Louis le Germanique,
comprenait Mayence, Worms et Spire, et
toutes les provinces de la monarchie des
Francs, en deçà du Rhin , en Allemagne et
en Suisse; enfin le reste de cet empire, du
côté de l'Occident, qui échut à Charles II ,
dit le Chauve , embrassait à peu près la
France actuelle. C'est ainsi que se formè-
rent les royaumes particuliers d'Italie , de
Germanie et de France. Deux de ces roy-
aumes, ou même tous les trois, furent quel-
quefois réunis dans la suite ; mais la France
se sépara enfin tout à fait de l'Allemagne
et de l'Italie.
Les descendants de Charlemagne, man-
quant la plupart de capacité pour gouverner
leurs États, se firent la guerre entre eux,
et laissèrent ravager ou même conquérir leurs
provinces par les peuples étrangers: le clergé
devint très-puissant sous ces rois, parce que
tous eurent recours à lui dans leurs guerres
intestines.
Lothaire voulut dépouiller ses frères ,
ui le vainquirent à Fontenay , où le champ
ie bataille fut jonché de cent mille guer-
riers. Le traité de Verdun ramena la paix.
Charles le Chauve, en France , soumit l'A-
quitaine révoltée, consentit après plusieurs
échecs à l'érection momentanée de la Bre-
tagne en royaume, et n'arrêta qu'à force
d'argent les diverses invasions des Normands,
qui pillèrent Rouen et Paris. Lothaire
lutta plus heureusement contre les Sarra-
sins, qui s'emparèrent sur l'empire grec de
ffesque toute la Sicile , et en mourant il
aissa ses États partagés entre ses trois fils,
Louis, empereur et roi d'Italie; Charles,
roi de Bourgogne et de Provence; et Lo-,
thaire, roi de Lorraine. Louis le Germa-
nique tenta un instant d'envahir la France ,
puis il retourna contre les Slaves. A la
mort de Charles de Bourgogne, ses frères
Louis II et Lothaire se partagèrent son
héritage. A la mort de Lothaire, ce furent
ses deux oncles qui lui succédèrent. Enfin
Louis II, vainqueur des Sarrasins devant
Bari et du duc de Bénévent, étant mort à
son tour sans postérité, Charles le Chauve
s'empara seul de l'Italie et prit la couronne
impériale. Louis le Germanique et après lui
ses trois fils, Louis, Carloman et Charles le
Gros , rappelèrent en vain leurs droits ; mais
Charles le Chauve mourut empoisonné. LolÙù
II le Bègue, son fils , lui succéda deux
aus au trône de France. Le sceptre passa
ensuite à Lonis III et à Carloman, qui vain-
quirent ensemble les Normands à Saucourt,
et qui eussent sans doute empêché le dé-
membrement de la Bourgogne, s'ils eussent
plus longtemps vécu.
Des trois fils de Louis le Germanique,
Carloman mourut le premier. Louis hérita
de la Bavière, qu'il laissa bientôt à Charles
le Gros , empereur et roi d'Italie. Ce fut
encore Charles que les seigneurs français
appelèrent au trône comme tuteur de Charles
le Simple, dernier fils de Louis le Bègue.
Ce fut le dernier prince qui réunit tous les
États de l'empire des Francs. Trop faible
pour porter un si pesant fardeau, il ne sut
pas' arracher Paris et la France aux Nor-
mands , et fut déposé. L'on mit sur le
trône de France Eudes , duc de France et
comte de Paris, fils de Robert le Fort, et
chef de la maison des Capétiens. Eudes fut
un grand roi : il chassa les Normands, et
maintint pour quelques années l'intégrité du
pays.
Apès Eudes, Charles le Simple monta
sur le trône: mais cession qu'il fit aux
Normauds de ia Neustrie lui aliéna les peu-
)les, et il fut chassé par Raoul, duc de
/Bourgogne, soutenu par son beau-frère Hu-
gues le Grand, duc de France. Charles le
Simple, ayant été fait prisonnier, mourut
dans sa prison, à Péronne. Raoul continua
à régner sans être reconnu par les provinces
méridionales.
101. LES CHATEAUX FORTS.
Charles le Chauve régnait en France, et
la mort de son frère Lothaire lui avait
même permis de prendre le titre d'empe-
reur d'Occident, qui lui conférait la souve-
raineté de l'Italie et de la Lorraine, lors-
qu'il arriva que des peuples sauvages , dont
le nom même était à peine connu à cette
époque , se présentèrent sur des vaisseaux
à l'embouchure de plusieurs fleuves, tels
que le Rhin et la Seine, et ayant débarqué
en grand nombre sur les côtes voisines, y